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Laëtitia Grondin, chef de projet énergie solaire – spécial retour

Publié le 4 juin 2020
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« La Réunion évolue et les entreprises apprécient d’embaucher des jeunes qui ont pris de l’expérience hors département ». Après une prépa au lycée Leconte de Lisle, un cursus à l’école d’ingénieur Polytech Montpellier et quelques années d’expérience à Paris, Laëtitia a été embauchée comme chef de projet photovoltaïque chez Albioma Solaire Réunion. Récit d’un retour réussi à la Réunion.


Pouvez-vous vous présenter ?

Laëtitia Grondin, 29 ans. Mes parents sont réunionnais mais j’ai vécu avec eux jusqu’à l’âge de 10 ans dans le Nord de la France. Toute la famille est rentrée à la Réunion, à Saint Benoît, en juillet 2001. Ma mère est parent au foyer ; elle s’est toujours occupée de mon frère, ma soeur et moi depuis que nous sommes nés. Mon père travaille dans la même boîte depuis que nous habitons ici.

Quel a été votre parcours de mobilité ?

Après trois années de prépa Scientifique au Lycée Leconte de Lisle, j’ai réussi le concours de l’école d’ingénieur Polytech Montpellier - section Energies Renouvelables, dont le pôle se trouve à Perpignan. J’ai réalisé un premier stage de trois mois à La Réunion et mon dernier stage de fin d’étude dans le deuxième arrondissement de Paris, dans une entreprise qui m’a embauchée à la suite de ce stage. J’y ai travaillé pendant trois ans, jusqu’à la liquidation de la société. J’ai profité du redressement judiciaire pour chercher un travail à La Réunion car cela faisait un moment que je souhaitais rentrer sur l’île... C’est là que j’ai été recrutée par Albioma Solaire Réunion et j’ai quitté la métropole fin décembre 2018.

Avec mes amies pour fêter la fin des cours en école d’ingénieur !

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

Beaucoup de choses à vrai dire. Depuis mon mariage à La Réunion en décembre 2016, le fait de revoir ma famille, les paysages et le soleil me touchait de plus en plus. C’était à chaque voyage de plus en plus compliqué de rentrer en Métropole... Et puis j’ai eu mon fils il y a deux ans. Je voulais absolument qu’il grandisse à La Réunion pour voir plus souvent ses grand-parents, profiter des beaux paysages de La Réunion, et qu’il connaisse cette diversité des cultures qu’on ne voit nulle part ailleurs.

Comment s’est passé votre retour à la Réunion ?

J’étais déjà au chômage au moment où j’ai signé mon contrat ; j’ai juste demandé à Albioma de me laisser un mois pour toutes les formalités et le déménagement familial. A l’atterrissage à Gillot, je me sentais extrêmement bien. Il y avait le soleil, la montagne, la mer... je me sentais enfin chez moi !

Avez-vous eu des difficultés à vous réinstaller ?

Heureusement j’ai pu habiter chez mes parents. J’avais une voiture à disposition pour me rendre au travail et ma mère était là pour garder mon fils la journée. Elle se partageait la tâche avec ma belle-mère... une inquiétude en moins pour moi ! Au travail, j’ai été extrêmement bien intégrée par l’équipe d’Albioma : une équipe jeune et dynamique, où on s’entraide beaucoup. Il y a peu, les tarifs de rachat d’EDF ont changé et cela a permis à beaucoup d’entreprises réunionnaises dans le photovoltaïque d’avoir un regain d’activité. C’était bon aussi pour moi.

Installation photovoltaïque sur le Stade de l’Est à Saint-Denis

En tant que Réunionnais expatrié de retour sur son île, avez-vous ressenti un « avantage concurrentiel » ?

Selon moi il y a un « avantage concurrentiel » d’être un Réunionnais de retour. Nous sommes motivés pour rentrer, nos familles sont sur place, il est plus simple d’avoir un logement provisoire le temps de se fixer... On coûte bien moins cher à une entreprise que de débaucher quelqu’un en métropole ayant le même cursus que nous. En tout cas, j’étais prête à tout pour rentrer, cela fait un certain nombre d’années que je cherchais un travail à La Réunion.

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

Les infrastructures et de nouvelles constructions que je n’avais pas vu auparavant. Mais à part cela, je n’ai pas vu de grandes différences au niveau de la culture réunionnaise. Elle est restée elle-même !

Qu’est ce qui vous surprend le plus par rapport à l’endroit où vous viviez en mobilité ?

La vie sur Paris est très rapide. Il faut être speed pour aller au travail, ne pas être en retard. On prend énormément de transports, c’est vraiment "métro, boulot, dodo" car il reste peu de temps après le travail et les transports. Le prix des loyers est élevé : pour un T2 de 45 m² en proche banlieue, on payait 1100 euros de loyer. Les avantages, c’est la proximité d’un grand nombre de petits commerces, restaurants et un large choix de sorties les weekend.

Mon mari et moi, lorsque nous venions d’arriver à Paris - et en lune de miel à Londres

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Oui car j’ai pu rencontrer de nouvelles personnes, avec qui j’ai toujours contact. En métropole on a eu la possibilité de visiter des pays comme l’Espagne et l’Angleterre. Et bien sûr j’ai décroché mon diplôme dans les énergies renouvelables, ce qui me tient énormément à coeur.

Quels sont les points de satisfaction / déception de votre retour ?

Nous attendons encore avec mon mari d’avoir une situation professionnelle bien stable. Sinon je suis satisfaite de mon retour. Mon fils peut grandir avec sa famille, connaître ses cousins et pour nous, ça fait toujours du bien d’avoir sa famille proche.

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

Mes projets sont de gagner en expérience dans mon entreprise, profiter de l’environnement et des paysages de La Réunion car avant mon départ en métropole, je connaissais finalement peu mon île. Enfin, j’aimerais continuer à voyager même si nous sommes un peu plus loin des autres pays.

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

Je leur dirais de persévérer s’ils souhaitent vraiment rentrer et de rester à l’affût des offres d’emploi. Car la Réunion évolue et les entreprises apprécient d’embaucher des Réunionnais qui ont pris de l’expérience hors département. N’oubliez pas de prévoir un budget pour le déménagement de vos meubles car cela coûte très cher !


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Photos : albioma.com/implantation/la-reunion

Installation photovoltaïque sur Le Port Ouest
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