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Loïc Carpaye : mutation retour pour la Réunion

Publié le 1er avril 2021

Après des affectations en tant que gendarme puis surveillant pénitentiaire, sa demande de mutation pour la Réunion a été approuvée. De la réussite aux concours administratifs à l’installation retour sur l’île, Loïc partage son expérience.


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Pouvez-vous vous présenter ?

Loïc Carpaye, 30 ans. Originaire de Saint André, je suis issu d’un milieu très modeste mais en même temps très riche de l’amour de ma mère. Je suis aujourd’hui chargé de la partie logistique dans une administration mais aussi en phase de création d’entreprise.

Racontez-nous votre parcours.

Après mon BEP en 2009, j’ai tenté une première fois l’expérience de la métropole, dans la restauration, mais ce fut un échec. Je n’étais pas préparé à quitter ma famille et je suis rentré au bout de deux mois. Deuxième départ en 2010 : après avoir réussi les tests d’entrée à la Gendarmerie, je suis parti faire mes classes à l’école de Tulle. Et j’ai eu la chance d’avoir une première affectation en Martinique où je suis resté trois ans. Ces années passées là-bas furent très enrichissantes sur le plan professionnel et personnel.


Et ensuite ?

En avril 2013, j’ai pu obtenir une mutation pour revenir à La Réunion, et finir les deux ans de contrat qui me restaient. Entre temps, j’ai passé plusieurs concours pour pouvoir prétendre à une situation professionnelle plus stable, car jusqu’à maintenant j’étais contractuel. Début 2015, après l’obtention du concours de surveillant pénitentiaire, je suis reparti en école dans le Sud-Ouest de la France pendant huit mois de formation. Puis j’ai été affecté dans un centre pénitentiaire dans le Val de Marne. Je salue au passage le courage de mes anciens collègues, car c’est un métier très difficile et très peu connu de la population.

Dans quelles conditions avez-vous été affecté à la Réunion ?

Apres quelques années passées dans cet emploi, j’ai décidé de postuler à une annonce sur un poste à La Réunion, en tant que titulaire dans une autre administration. A ma grande surprise, ma candidature a été retenue. J’ai eu une réponse en avril 2017 pour commencer au 1er septembre de la même année. Je ne souhaitais pas rentrer à tout prix car j’étais bien installé là-bas en métropole. J’ai postulé à cet emploi à la Réunion sans pression, mais j’avoue que ça m’a fait très plaisir de rentrer.

Décrivez nous votre état d’esprit à l’atterrissage à Gillot.

Dès la sortie de la sortie de l’avion, on retrouve cette bouffée de chaleur et ce soleil qui nous a tant manqué. Content de rentrer, mais à ce moment là, je ne réalise pas encore que je suis ici définitivement, titulaire de mon poste.


Avez-vous eu des difficultés à vous réinstaller ?

La plus grande difficulté pour moi a été de trouver un logement à distance depuis la métropole. J’ai dû fournir des justificatifs aux agences immobilières et un collègue sur place a fait les visites pour moi. Par visio j’essayais de me projeter pour faire le bon choix...

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis bien sur mon île et je n’ai pas la pression de repartir. Je souhaite évoluer dans mon administration, mais je me lance aussi dans la création d’une entreprise.

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Oui très positif, car notre esprit s’ouvre davantage et évolue. Mon regard a changé sans même que je me rende compte. J’ai pris de la maturité et de l’expérience rapidement. Etre loin des siens nous change beaucoup.

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

Le professionnalisme dans le privé comme dans le public doit encore être amélioré dans l’accueil et la prise en charge des gens, mais je trouve que la Réunion avance quand même vite comparé aux autres Dom. La difficulté, c’est qu’il faut qu’on s’adapte tout en gardant notre âme réunionnaise… Les politiques avec des aides encouragent les jeunes à partir pour des formations et des emplois. A mon sens, il faut faire de même dans l’autre sens, pour que ces même jeunes puissent revenir chez eux et partager leurs expériences au profit de la Réunion. Mais attention, l’expérience acquise en métropole ou ailleurs est une force qui est parfois mal comprise dans les entreprises et les institutions ici.


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