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Maëva Rouxel accompagnatrice web dans le sud de la France

Publié le 13 octobre 2020

A 29 ans, elle s’apprête à rentrer à la Réunion après un parcours de mobilité débuté juste après le bac. «  Diplômée ingénieure ISIMA et cheffe d’entreprise depuis trois ans, je suis créatrice de sites internet et depuis peu d’un festival en ligne. J’ai décidé de rentrer à la Réunion le mois prochain. »


Pouvez-vous vous présenter ?

Maëva Rouxel, 29 ans. Je suis née à Saint Denis mais j’ai grandi à Petite-Ile, calée entre Saint-Pierre et Saint Joseph, au calme. Ma mère était médecin généraliste et mon père prof de math puis politicien. J’ai fait un Bac S spé Maths au Lycée de Vincendo. Le bac en poche, j’ai décidé d’explorer le monde, d’explorer le continent européen (j’étais déjà tombée amoureuse de Montpellier...). Parce qu’à l’époque je savais juste que j’aimais bien les maths, je me suis dirigée vers une licence de mathématiques appliquées pour finalement m’orienter vers le développement informatique.

Racontez-nous vos débuts en métropole ?

Ce qui m’a le plus émoustillée, c’est le nombre d’activités et de possibilités qui s’ouvraient à moi : c’était facile de se déplacer, de découvrir des choses, de découvrir des gens, de trouver (enfin) l’amour, de faire la fiesta, de changer de ville, de changer de pays… La li-ber-té ! Ce qui m’a le plus "choquée", c’est d’avoir ressenti le racisme. Aller vers des inconnus pour leur parler n’était pas toujours bien accueilli. J’ai senti que j’étais dévisagée (une métisse avec une boule à zéro ça ne passe pas inaperçu).


Et ensuite ?

J’ai vécu dans trois régions : la Provence, région très ensoleillée avec de beaux marchés mais un mistral qui décoiffe ! L’Auvergne : la nature à l’état pur avec un campus étudiant qui bouge. Le Languedoc Roussillon, avec Montpellier, ville cosmopolite de taille moyenne, des plages sympas, une cascade, des petites montagnes… C’est ma région préférée !

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

Partir de mon île m’a appris à être indépendante. Seule face à mes problèmes et mes responsabilités, je suis devenue adulte. On m’a parfois exclue ou critiquée parce que je n’avais pas la même culture que les autres. Ça m’a souvent blessée. Mais en même temps, j’aimais ça, être différente.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Quand j’explique que je viens de la Réunion, il y a trois réactions possibles : 1- Ah oui, la Réunion, c’est vers les Etats-Unis (ou le nord de l’Afrique), c’est ça ? 2- Mais vous avez l’électricité là-bas ? A bon vous avez des cinémas ? 3- Ah mais je connais Franck, tu le connais ? Il est de là-bas.


Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

J’ai gardé contact avec mes amis d’enfance : ceux qui sont restés et ceux qui sont venus s’installer en métropole. La distance physique met de la distance dans nos relations, mais je prends plaisir à renouer quand je suis de passage.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

En mars 2020, j’ai lancé Newsphere, une plateforme de bien-être en ligne sur laquelle je co-crée avec des thérapeutes et accompagnants des formats en ligne pour se rapprocher de son bien-être. Cela va de la sophrologie à la naturopathie en passant par la danse. J’anime aussi un festival multi-danse en ligne du 19 au 26 octobre : des conférences, des démos, des cours, un concours et une battle. Je fais appel là aussi à d’autres professionnels : des profs de danse de style différents, dont une de la Réunion ! J’ai aussi comme ambition générale d’accompagner les entrepreneurs à créer un business qui leur ressemble. Je les aide à se reconnecter à leurs envies et ambition via la danse et des ateliers de groupe.


Quels sont vos projets ?

J’ai décidé de rentrer à la Réunion le mois prochain. L’île me manque : la chaleur, la mer, les plages, les caris, les fruits... Je suis en train de m’organiser et je cherche un logement du côté de Saint Pierre. Si vous avez un bon plan, n’hésitez pas à me contacter !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

L’isolement géographique fait qu’on a plus de problèmes économiques. La vie est plus chère et les emplois (en tout cas en informatique) sont concentrés à Saint Denis. Et en même temps cet isolement fait que notre culture est authentique, le racisme est moins présent et peut-être que c’est plus facile de créer ?


+ d’infos : https://maeva-rouxel.newsphere.fr/


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