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Olivier Koue-Chon-Lim : 2512 regards sur la Réunion

Publié le 23 juin 2020
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Une Réunion authentique, aux prises avec la modernité… Le photographe se promène sur les routes de l’île, prend son temps et capte ce qui fait qu’elle est unique. Interview d’Olivier Koue-Chon-Lim, porteur du projet « 2512 ».

Pikachu sur un marché où il vend ses toiles

Pouvez-vous vous présenter ?

Olivier Koue-Chon-Lim alias Pikachu, 43 ans. Je suis originaire des hauts de Saint Paul. Je suis la quatrième génération de commerçants dans la famille et la deuxième de photographes. J’ai eu la chance très tôt de baigner dans le milieu de la photographie grâce à mon père et dans celui du commerce de proximité grâce à mon grand-père qui possédait une boutique chinoise parallèlement à son métier de taxi. Aujourd’hui je suis photographe, forrain et imprimeur au sein de ma société Laboutik 2512.


Racontez-nous votre parcours.

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais aimé l’école. J’ai réussi à me hisser jusqu’en classe de terminale mais J’ai passé mon bac sept ans après avoir quitté le lycée (pour l’avoir). Je me suis orienté vers un CAP photo où là réellement j’ai commencé à être plus à l’aise avec les études. J’y ai découvert que l’on pouvait réussir sans forcément être bon en orthographe ou en math. Après quelques années passées dans l’entreprise familiale, j’ai décidé de créer ma petite entreprise, Alliance Photo, principalement orientée vers la photographie événementielle. Une belle aventure faite de milliers de rencontres dans les mariages, les communions ou encore dans les soirées d’entreprises. Il y a quatre ans, je me suis lancé dans un projet photographique qui c’est matérialisé en début d’année par une société. Laboutik 2512 imprime et diffuse sa production sur les marchés de Saint Paul, Saint Pierre et l’Étang Salé.


Parlez-nous de votre travail.

L’ambition du projet 2512 est de réaliser autant de photos que la Réunion compte de kilomètres carrés à raison d’une création par jour. Aujourd’hui j’en suis à 1670 photos, soit quatre ans et demi de création quotidienne sur sept années au total. La particularité de mes photos se situe dans l’association d’une légende sous forme de hashtag. Le hashtag donne une deuxième lecture, parfois un peu décalée, un double sens qui peut parfois dérouter. L’idée c’est de montrer La Réunion sous ses toutes ses formes, de parler de ce qui va bien, de ce qui va moins bien aussi, mais toujours avec bienveillance.


Comment choisissez vous les modèles et les clichés ?

Je travaille de manière assez simple ; je sors de chez moi, je me balade en voiture, à pieds et le hasard fait le reste. Pour trouver les sujets les plus authentiques, et sortir de l’ordinaire, il n’y a pas de secret. Il faut prendre les petites routes, aller vers les gens. Et prendre son temps. Aujourd’hui, on se lève, on va travailler, on va faire les courses et on rentre chez soi. Tout ça en prenant la quatre-voies. On rate toutes ces choses qui sont pourtant encore bien là !


Parlez-nous de votre technique.

Même dans la manière de photographier, la méthode reste sobre : un petit appareil photo, une focale fixe, un Polaroid et la magie de La Réunion fait le reste. L’avantage que j’ai par rapport à la nouvelle génération de collègues photographes, c’est que je n’ai pas besoin de beaucoup de photos par sujet. Une ou deux en général suffisent, le temps de traitement est relativement rapide. De plus, je n’ai quasiment pas de retouches à faire si ce n’est les basiques contraste, luminosité, etc. Personnellement, je n’ai rien contre Photoshop mais ça m’ennuie de passer du temps devant un ordi ; je préfère rencontrer des gens.


Quelle est votre vision de la Réunion et de son évolution au cours des dernières décennies ?

L’île est en train de muer, de s’uniformiser avec la mondialisation... J’essaye de figer ses particularités La Réunion a beaucoup changé et trop rapidement, mais c’est le monde dans lequel on vit. Du coup on s’est formidablement adapté, même si tout n’est pas parfait. C’est même la raison pour laquelle 2512 existe, pour montrer comment on a pu garder notre créolité tout en évoluant dans cette nouvelle forme de modernité. C’est vraiment notre singularité que j’aime partager, parce que je pense qu’on a su trouver de bonnes réponses aux défis qui nous étaient imposés.


Comment peut-on acheter vos créations ?

Mes photos existent en plusieurs formats. Pour les acheter il y a deux solutions. La première, c’est de venir me voir sur les marchés : Saint Paul le vendredi, Saint Pierre le samedi, L’Etang Salé le dimanche. La deuxième, c’est de suivre le lien vers la boutique en ligne pour une livraison à La Réunion ou en Métropole !


Commander des tirages sur www.2512.re – Voir aussi www.facebook.com/2512.re / www.instagram.com/kclpikachu_


Entre le battant des lames et les sels d’argent
Entre le sommet des montagnes et les pixels
Entre Colbe et Waze
Entre Roussin et Tom Tom
Entre 4 voies et savates 2 doigts
Entre sentiers et soulier la messe
Entre le futur et le paraître
Entre le passé et l’être
Je suis 2512,
2512 km2...



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