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Rose Nicolini, 24 ans, partie pour un tour du monde avec son appareil photo

Publié le 17 janvier 2007

Originaire de St Paul, Rose a décidé de concilier sa passion du voyage et son objectif professionnel (devenir photographe indépendant) en se lançant dans un tour du monde. Actuellement au Sri Lanka pour quelques semaines, elle nous fait partager ses aventures et quelques photos de voyages.

Rose Nicolini

Racontez-nous votre périple.

"Passionnée de voyages, j’ai décidé en janvier 2006 de partir pour un tour du monde avec mon sac à dos et mon appareil photo. Je suis arrivée en Inde le 18 août 2006. Depuis, j’ai également visité le Népal et le Sri Lanka. Mes prochaines étapes seront le Bangladesh, la Birmanie et le Triangle d or : Thaïlande, Vietnam, Laos, Cambodge… "

Avez-vous un plan de route ?

"J’ai prévu une « date limite » à ce périple. Mon programme est le suivant : voyager un an en Asie du Sud Est, puis travailler en Australie afin d’économiser assez pour repartir vers l’Amérique du Sud".

Avec qui voyagez-vous ?

"Il y a Peep, mon copain, et Hendrik son meilleur ami. Ils sont Estoniens. Je les ai rencontré l’année dernière en Malaisie. Ils sont également passionnés de voyages, revenaient tout juste d’un périple de six mois en Asie quand nous avons décidé d’un commun accord, et à distance, de voyager ensemble".

Rose Nicolini

Où êtes-vous actuellement ?

"Je suis au Sri Lanka, un pays dont les habitants ont été traumatisés par le tsunami il y a deux ans. Par ailleurs ils vivent une guerre civile depuis de nombreuses années. Les tigres tamouls revendiquent une partie du territoire contre le gouvernement. Un cessez-le-feu a été déclaré en 2002, mais les attaques reprennent de plus belle, le conflit est sans fin. Rien de tout ça n’est apparent dans les villes que j’ai visitées. L’île est un petit paradis où les gens vivent heureux. La religion bouddhiste doit y être pour quelque chose".

Parlez-nous de vous.

"Je suis née à Madagascar, d’une mère malgache et d’un père français. J’y ai vécu mes cinq premières années, après quoi nous avons déménagé en Métropole, dans le Doubs. Mes deux parents sont enseignants et mon père a pu ainsi organiser sa mutation vers la Réunion. J’y suis arrivée à l’âge de 11 ans. J’ai été élève au collège Antoine Soubou, puis au lycée Louis Payen dans l’Ouest".

Dans quelles conditions avez-vous quitté l’île ?

"Comme beaucoup de jeunes Réunionnais, j’ai quitté la Réunion après l’obtention du bac. Quand bien même l’enseignement y est de qualité, la France propose une palette de formations plus large. Mais c’est avant tout le désir de me construire, hors du cadre familial et dans un environnement différent qui a oriente mon choix. Faire de nouvelles rencontres, devenir autonome et indépendante, c’est excitant et parfois fatiguant, mais avant tout extrêmement formateur pour un jeune de 18 ans".

Quel a été votre parcours ?

"J’ai étudié une année à l’Insa de Lyon, un école d’ingénieurs de bon niveau. Malheureusement (ou pas), j’ai échoué et remis en question mon orientation. J’ai rencontré des professionnels de l’audiovisuel et des étudiants, je me suis documentée... et j’ai recommencé à zéro, en BTS Audiovisuel option Image, à Toulouse, sans trop savoir ou cela me mènerait".

Rose Nicolini

Et ensuite ?

"Je suis allé jusqu’à la Maîtrise en Arts du Spectacle. J’ai fait des stages à France 2, Radio Réunion, Antenne Réunion, Capa Presse, au studio Rouchon. Photographe amateur avertie, j’ai commencé mon activité professionnelle dans ce domaine à Paris, en réalisant des reportages et des photos de mariage. J’ai aussi été photographe d’art pour l’atelier Shoevaert à Vincennes".

Quel bilan tirez-vous ?

"Avec le recul, je sais maintenant que j’ai fait le bon choix d’orientation. J’ai appris des choses passionnantes et rencontré des gens investis à 100% dans ce qui leur tient à cœur. C’est motivant. Petit a petit, je me suis construit un parcours personnel fait d’expériences plus ou moins productives mais toujours enrichissantes. Mon dernier stage dans un studio photo a concrétisé mes espérances et m’a donné des idées pour l’avenir. Le chemin est encore long avant que je puisse vivre de ma passion, mais les étapes sont prometteuses et exaltantes".

Quels sont vos projets ?

"En ce moment, je suis en quelque sorte SDF. Avec quelques économies en poche et le soutien de mes parents, je trace ma route, de ville en ville, ‘shootant’ paysages, portraits et autres scènes. Bien sûr je pense que par le suite je m’installerai quelque part, comme on dit, peut-être à la Réunion, peut-être ailleurs. J’ai encore un peu de temps devant moi pour me décider".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"L’ananas Victoria (que ce soit en Inde ou au Sri Lanka, je n’en ai pas encore goûté de si bon), les letchis, le pain bouchon gratiné ketchup-siave (endémique et non exporté), le granite goyavier à toute heure à Boucan… Bref, une foule de détails, quoi d autre ? Le climat, bien sûr, le soleil, les alertes rouges, les pluies torrentielles, mais aussi le Cap La Houssaye, la baie de St Paul, le cimetière marin…"

Rose Nicolini

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"La mobilité c’est du self management, dans le sens où on ne se laisse plus vivre au petit bonheur la chance, on se prend en main. D’abord on se détache d’un environnement, on rompt avec un style de vie, on quitte des personnes que l’on aime… ce n’est pas très drôle. Ensuite on se découvre, on ouvre des portes, on fait des rencontres… c’est déjà mieux. C’est dans cet entre-deux qu’on trouve la force d’aller vers ce qui nous tient vraiment à cœur. Cette aventure recèle bien des surprises, des joies et des douleurs. L’important c’est d’aller de l’avant. Ca donne le vertige, mais une fois le pas franchi, on ne regrette jamais".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"Notre bande de copains de la Réunion a un nom ridicule dont on est très fier : les Benous. La majorité d’entre nous est en métropole maintenant. On se paie une visite de temps en temps, ou on se croise entre un train et un avion. Les relations évoluent, on ne va pas toujours dans la même direction, mais l’amitié que l’on partage est solide, parce qu’on a des références et de fortes expériences en commun. Une de mes amies s’est installée en Inde, je l’y ai retrouvée. Et bien sûr on a parlé de pains bouchons et de granites…"

Quelle est l’image de la Réunion là où vous passez ?

"Ceux qui ont voyagé en Inde savent que les questions favorites des locaux sont : ‘What’s your name ?’ et ‘Where are you from ?’. Ici personne ne connaît l’existence de notre petit territoire français au milieu de l’océan indien. En plusieurs mois de voyage et trois pays, j’ai rencontré une poignée de personnes qui avaient entendu parler de la Réunion. Mais les gens sont curieux, du coup j’ai plein de choses à raconter".

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

"Choisissez bien votre ville, c’est important. Vivez en collocation, plus on est de fous plus on rit. N’ayez pas peur de faire des choix originaux, on peut toujours revenir en arrière ou changer d’avis. L’échec n’est pas si grave, seul les imbéciles vous jugeront".

Suivez Rose lors de son tour du monde sur son blog : http://indianarose.free.fr/

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