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Sandrine Dijoux, gendarme à la Brigade de Bailleul dans le Nord

Publié le 14 septembre 2007 France Nord
Sandrine Dijoux
"Mon chéri et moi savourant les premiers letchis de 2006. J’ai quitté l’île pour la Gendarmerie, alors que je n’avais jamais mis les pieds en métropole. La première fois que j’ai pris le train, je suis montée en 1ère classe sans le savoir et surtout sans ticket. Je pensais que comme pour le bus chez nous, il fallait régler une fois à bord. J’ai eu droit à mon premier PV... J’ai mis des années avant de me faire à l’idée que ma vie pour l’instant était ici".

D’où êtes vous à la Réunion ?

"Je suis originaire de Saint François, où j’ai vécu jusque mes 18 ans, avant mon départ pour la métropole. Je suis issue d’un milieu familial plutôt modeste, où je n’ai jamais manqué de rien car le souci principal de mes parents était d’assurer l’avenir de leurs enfants".

Dans quelles conditions avez-vous été amené à quitter l’île ?

"J’ai quitté l’île pour la Gendarmerie dès l’obtention de mon baccalauréat en 2002. Mais c’était aussi un départ à l’aventure, pour découvrir d’autres horizons et me nourrir des richesses extérieures. Il est vrai que pour un jeune ultra marin, un passage en métropole est très formateur, et extrêmement enrichissant".

Racontez-nous votre arrivée.

"Je n’étais jamais venue en métropole auparavant, et je n’ai pas de liens familiaux ici. Alors mon arrivée a été très difficile. Je ne connaissais pas le froid et j’ai posé mes valises en décembre. Rien que de me rendre à la gare et prendre le TGV était pour moi une étape difficile à passer. Le froid, le visage fermé des passants… Une fois dans le train, je suis montée dans la première voiture (1ère classe) sans le savoir et surtout sans ticket. Je pensais que comme pour les bus chez nous, il fallait régler une fois à bord. J’ai eu droit à mon premier PV. J’ai mis des années avant de me faire à l’idée que ma vie pour l’instant était ici".


Qu’avez-vous fait ?

"J’ai incorporé sur concours l’école de sous officiers de gendarmerie à Montluçon. N’ayant pas pu finir ma formation, car j’ai malheureusement eu un accident en service, j’ai eu la chance de pouvoir réincorporer une école en 2004 après ma période de convalescence. J’ai passé 10 mois à l’ESOG de Libourne avant d’être affecté en tant que Gendarme à la Brigade de Bailleul dans le Nord".

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"Elle m’a beaucoup appris. J’ai beaucoup plus d’assurance en moi et d’ouverture d’esprit sur le monde. Mais elle m’a surtout fait comprendre que pour moi La Réunion, c’est ce qu’il y’a de plus beau, de plus vrai. Les plages, les sites naturels (notamment les cirques), la chaleur humaine, la culture, la gastronomie, la musique et la mentalité réunionnaise est ce qui me correspond le mieux. Ici beaucoup trop de choses me manquent. La mobilité nous permet d’avancer, d’évoluer, de nous former et d’élargir nos connaissances mais pour ma part, un retour dans mon île me rendra plus heureuse".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"Tout’... le carry, la montagne, la mer, la chaleur, les ti pique nique dans lé haut, mange un bon massalé dans feuille bananes, sinon un bo cary feu de bois, l’ambiance créole, l’odeur poulet grillé quand leur midi i vien chatouille out nez su bor la route, les fruits, alé baign la rivière, faire un tour mafate, passe un week end cilaos, craz un sommeil su la page.. Tou ca i mank a moin".

Quels sont vos projets ?

"Je passe des examens en interne, mais il est certain que mon souhait le plus cher est d’avoir au plus tôt ma mutation pour la Réunion".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"Oui, grâce à réunionnaisdumonde.com, j’ai pu rencontrer quelques Réunionnais qui vivent également dans le Nord. J’ai aussi retrouvé quelques amis du lycée qui vivent dans d’autres régions. Ce site est vraiment bien car il permet de connaître du monde et de faciliter la prise de contact entre nous. Et puis, je me rends souvent au restaurant "Le piton de la fournaise » à Lille où il m’arrive de faire des rencontres".

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"Je vis dans les Flandres, ça devrait répondre à la question... La Réunion n’a aucune image ici. Sinon, les gens retiennent les mauvaises choses : chikungunya, chiens qui servent d’appâts aux requins, cyclones dévastateurs et voilà on a fait le tour. Bah, il y en a quand même qui s’intéressent, mais les métropolitains en général ont une image peu évolutive des DOM".

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

"Je pense que cela dépend de sa volonté, de son ambition et de sa motivation. Il est vrai que la Réunion c’est petit, et ce n’est pas toujours évident de trouver du boulot. Mais je pense qu’il faut se donner les moyens. Bouger, s’il y a l’envie et l’ambition, ou rester à la Réunion si il y a de quoi combler sa vie. Pour moi le plus important est d’assurer son avenir".

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