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Sébastien Folin : « Ziskakan, une révolution créole »

Publié le 9 mars 2023

De passage sur l’île pour l’avant-première mondiale de son documentaire « Ziskakan, une révolution créole » le 9 mars à 19h au Ciné Cambaie, Sébastien Folin livre les raisons de ce film, l’occasion pour lui de raconter l’identité plurielle de son île à la croisée de 3 continents.

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Photo : Marina Viguier

Sébastien Folin : « Qui suis-je ? Cette question n’est pas que philosophique. Elle est hautement politique. Je ne me la suis jamais posée tant que je vivais à La Réunion. Puis arrivé à Paris, il a fallu que je me définisse. Français d’ailleurs. D’ici et de là-bas, avec une injonction à m’intégrer dans mon propre pays en effaçant la complexité de mon identité, asiatique, africaine, européenne.

Pourquoi choisir ? Je suis une addition, je suis français, je suis réunionnais, je suis créole.

Mais loin de mon île, je me suis aussi rendu compte que des pans entiers de mon Histoire m’avaient échappé. Une désinformation et une aliénation culturelle institutionnalisée ont nourri mes préjugés sur ma propre identité.

Grâce à mes lectures, mes rencontres, mes recherches, en marge des circuits officiels, j’ai redessiné un autoportrait plus fidèle à ma réalité multiculturelle.

En réalisant et produisant Ziskakan, une révolution créole, j’ai poursuivi cette exploration intime et découvert des aspects méconnus de l’Histoire de mon île. La violence sociale et politique de La Réunion post coloniale mais aussi le courage, la créativité et l’exigence intellectuelle de ces jeunes artistes et militants à peine sortis de l’adolescence.

Que le film soit en créole sur une chaîne nationale est un puissant symbole pour la reconnaissance de cette culture longtemps étouffée. C’est évidemment une fierté de participer à la valorisation de la beauté de ma langue.

L’héritage de Ziskakan est certes culturel mais j’y vois aussi un encouragement à lever la tête et à éteindre la honte qui étouffe malheureusement trop souvent les envies d’émancipation et d’élévation sociale de la jeunesse. »


Sur une idée originale de Maya Kamaty, « Ziskakan, une révolution créole » est écrit et réalisé par Sébastien Folin. Le documentaire sera diffusé en avant-première le 20 mars 2023 au Forum des Images – Les Halles à Paris, puis le 22 mars à la Réunion à 19h45 dans Archipel, et à suivre en national dans la case outremers le doc sur France 3 ...

+ d’infos sur : ZISKAKAN, UNE RÉVOLUTION CRÉOLE / S’abonner : www.facebook.com/ziskakanofficiel / www.facebook.com/Sebastien.Folin.Officiel


Sébastien Folin, la biographie (2023)

Auteur, réalisateur et producteur. Ziskakan, une révolution créole est son premier documentaire en tant que réalisateur. Longtemps animateur, il se consacre désormais pleinement à la création.

Sur Instagram il se définit comme Slasheur Kiffeur. Un terme qui renvoie à l’enfance. Celle où il butinait de disciplines en disciplines tout en cherchant constamment à s’amuser. Trois décennies plus tard, il n’a pas beaucoup changé. Depuis ses débuts à la radio en 1985 à La Réunion, Sébastien Folin n’a eu de cesse de rechercher le plaisir, guidé par la curiosité : animateur radio, télé, directeur d’antenne, DJ, producteur, réalisateur, auteur, en se concentrant principalement sur la culture. Et tout cela a donné du sens à son existence et à ses prises de paroles. Après 15 ans à faire ses armes dans l’Océan Indien, c’est fort d’un bagage professionnel dense qu’il débarque à Paris en 2000, une bande démo de réalisateur sous le bras et une envie féroce de trouver sa place dans ce monde qui, dans son adolescence, lui a ouvert les bras. Ses 8 ans à la Météo sur Antenne Réunion le rattraperont vite, et 1 an après son arrivée dans l’hexagone il accepte, après quelques hésitations, l’invitation à rejoindre Evelyne Dhéliat et Catherine Laborde à TF1. Durant les années 2000, il se multiplie, réalisant des pubs, des clips, des magazines musicaux tout en développant sa carrière d’animateur.


Dès 2004 il renoue avec la radio qui est l’une de ses grandes passions. Il anime une quotidienne médias et les étés sur RTL, puis les matinales d’RTL2. En 2005, alors qu’il présente Vidéo Gag sur TF1, il réalise un rêve de gosse en décrochant une émission musicale : Acoustic sur TV5MONDE, enregistrée live au mythique Studio Guillaume Tell. Il y a reçu chaque semaine tous ceux qui ont fait l’actualité musicale de 2005 à 2018. Au total plus de 500 rencontres.

En 2009 il rejoint France 2 pour y présenter des émissions scientifiques. Il met son talent au service du magazine ADN pour rendre accessible les dernières innovations en matière de science et d’environnement. C’est dans ce cadre qu’il rencontre Jérôme Julienne et John Jackson avec qui il co-écrit Vacarme en Haute Mer en 2012. Une enquête avant-gardiste sur l’impact de la pollution sonore sur les mammifères marins. Alors qu’il avait une trouille bleue de la mer, il a appris l’apnée et la plongée pour pouvoir nager avec Baleines à Bosse, Cachalots et Dauphins au cours d’un tournage éprouvant autour du monde. C’est à cette époque que son envie de s’engager prend forme. En 2010 déjà il avait publié La Part Verte des Choses (ed. Florent Massot) sur la véracité écologique de l’économie verte, et en 2011 avait rejoint Pascal Signolet créateur du Festival Atmosphères à Courbevoie (Cinéma et Développement Durable). Il en est encore aujourd’hui le président d’honneur. Dès lors, comme un puzzle qui se reconstitue, peu à peu, le citoyen et le professionnel vont se rejoindre, et le sens guidera tous ses choix, sans tourner le dos à la dimension populaire de son travail. Il chasse l’élitisme pour créer des ponts, et tente d’éclairer les faits de société par la culture.

C’est ce qu’il fera durant 6 ans sur France Ô : quatre saisons du Labô (rencontre des cultures popus et pointus), deux du Folin Hebdo (peut-on qualifier ce magazine de Woke ?), et deux de Clair Obscur (entretiens chez Harcourt en noir et blanc). N’oublions pas 5 saisons de Harry, jeu quotidien dans la grande tradition des après-midi de France 3 et quatre cérémonies en live des Victoires du Jazz.

Et puis en l’espace d’un an tout cela s’est arrêté. Début 2018, sa quotidienne et ses deux hebdos avaient disparu des écrans … et lui avec. Après 33 ans d’antenne non stop, la pilule fut difficile à avaler. On lui avait cassé son jouet, et lui a fallu quelques mois pour y voir un signe positif, une invitation à se réinventer à l’aube de la cinquantaine dans la réalisation et l’écriture. La Belle Télé, boite de prod fondée avec son pote Olivier Drouot, lui offrait déjà la possibilité de s’épanouir depuis 2009. On doit notamment au duo de producteurs : L’histoire de Manon (Les adieux d’Aurélie Dupont à l’Opéra de Paris) réalisé par Cédric Klapisch, Bootyful de Rokhaya Diallo, Cosmic Trip de Christophe Conte et Gaëtan Chataigner, Les Serge (Comédie Française) de Julien Condemine … 700 heures de programmes au compteur à ce jour. Diana Boss (de Marion Seclin & Niels Rahou), leur première série, est en ligne depuis début 22 sur FTV Slash. La saison 2 est en cours de développement. Il co-écrit une autre série, Sindni Saint Denis, une comédie fantastique pour FTV.

Production, écriture, réalisation, sont désormais les terrains de jeu de Sébastien. Toujours en mouvement, le slasheur passe un nouveau cap : il écrit actuellement son premier long métrage.


+ d’infos sur : ZISKAKAN, UNE RÉVOLUTION CRÉOLE / www.facebook.com/Sebastien.Folin.Officiel
Lire l’interview de Sébastien Folin sur Réunionnais du monde en 2007

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