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Thomas Grondin : retour à la Réunion d’un globe trotter

Publié le 22 février 2021
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A 28 ans, ce juriste de formation s’est posé, déterminé à décrocher un emploi sur son île d’origine. Fraîchement arrivé avec sa femme colombienne, il nous raconte ses motivations et son parcours.


Quel a été votre parcours de mobilité ?

A 23 ans, j’ai démissionné d’un emploi à la Réunion pour vivre mon rêve : faire le tour du monde. Je me suis dans un premier temps installé à Leeds (Angleterre) afin d’être bilingue. Sur place, j’ai pu travailler pour une école française dans un domaine que j’affectionne : le théâtre. J’ai par la suite pris le chemin du voyage en traversant l’Europe du Nord, de l’Est avant de m’établir à Dubrovnik (Croatie). Là, j’ai fait une saison d’été en étant responsable de la réception d’une auberge de jeunesse et d’appartements dans la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial.

Et ensuite ?

La saison d’été terminée, j’ai pris mes valises pour l’Asie du Sud-Est que j’ai parcourue durant six mois. Ce périple terminé, je suis rentré un temps à la Réunion où j’ai participé aux élections régionales… J’ai repris très vite la route du voyage pour m’établir en Nouvelle-Zélande en (Working Holiday Visa). J’ai travaillé en tant que manager assistant et mon visa terminé, j’ai pris la route de l’Australie, plus précisément Melbourne dans l’état de Victoria où j’ai pu être responsable de la clientèle francophone pour la plus grande compagnie de motorhome d’Océanie. Après un an, je me suis établi à Cairns sur la grande barrière de corail où j’ai exercé en tant que responsable d’activité et instructeur de plongée.


Mon Working holiday visa terminé en Australie, j’ai pris mon sac pour l’Amérique centrale que j’ai traversée pendant trois mois avant de m’établir en Amérique du Sud, en Colombie où j’ai enseigné le français. Je suis devenu dans le même temps... résident colombien. J’ai vécu dans pas mal d’endroits, et j’y ai souvent retrouvé des choses qui me rappelaient la Réunion : des paysages, des odeurs, des cultures… l’île avait toujours un reflet pour moi. C’est peut-être le fruit de mon imagination, de souvenirs d’enfance ou de réelles ressemblances : j’ai trouvé bien souvent un bout de la Réunion dans mes périples.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à La Réunion ?

Sur les routes du monde, j’ai rencontré ma femme colombienne. On souhaitait pouvoir vivre dans un cadre plus serein et plus sécurisé que la capitale colombienne, Bogota. La qualité de vie qu’offre notre île est unique au monde : aucun conflit de religion, une nature exceptionnelle et un accueil hors du commun. Ma femme s’y épanouit depuis quelques semaines et cela fait mon bonheur.


Dans quelles conditions votre retour s’est-il déroulé ?

Ce serai mentir de dire que le retour a été facile, étant donné la situation pandémique actuelle dans le monde. Il fallait être patient, d’un part pour que ma femme puisse avoir un visa de long séjour ; d’autre part pour que les frontières colombiennes s’ouvrent. On a fait preuve de patience et au final on a pu poser les pieds sur l’île.

Décrivez-nous votre état d’esprit à atterrissage à Gillot.

C’est une sensation difficile à décrire : à la fois content de retrouver les miens et la terre qui a bercé mon enfance, et soucieux que ma femme s’y plaise. Cela fait seulement dix jours que je suis de retour sur l’île. Je suis déterminé à trouver un emploi qui correspond à mes attentes rapidement. J’ai la chance d’avoir ma famille qui est présente et qui nous aide ; ma femme a déjà trouvé un travail dans le domaine de la restauration !


Dans quel état avez-vous trouvé le marché du travail en rentrant ?

Je pense que le marché du travail à la Réunion est très variable selon les secteurs et les professions, toutefois je vois beaucoup d’offres d’emplois. Paradoxalement, je ressens plus un « avantage concurrentiel » par rapport à mon parcours dans les pays anglo-saxons. En France c’est moins certain. Mais je pense que si les recruteurs ont une ouverture d’esprit, ils peuvent voir en moi un atout non négligeable pour leur entreprise ou leurs collectivité...

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

La Réunion est égale à elle même : rayonnante et accueillante. On peut toutefois regretter que l’île n’aie toujours pas réussi à mettre en avant ses atouts à l’international. Au titre des déceptions, j’ai pu voir que l’île est toujours polluée par certain d’entre nous, qu’il y a toujours autant d’animaux errants et que des maladies comme la dingue sont toujours présentes.

J’ai pris un "car courant" d’air aux îles Fidji !

Avec le recul, tirez vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Le bilan est plus que positif : j’ai appris sur moi-même et sur le monde qui m’entoure. Je suis désormais quadrilingue et j’ai trouvé l’amour de l’autre côté du globe. J’ai pu ainsi développer une belle confiance en moi, mon humanité et ma compréhension. Mes valeurs n’ont pas changé, ce sont déjà celles qui m’ont permis de prendre la route du voyage. Aujourd’hui mon projet est de m’installer à la Réunion pour un temps indéterminé, faire carrière et apporter ma modeste contribution à mon île qui m’a tellement apporté.

Quels conseils donneriez vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

De toujours suivre leurs ambitions et de rentrer sans trop se poser de questions.

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