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Valérie Landry, 25 ans, chargée de mobilité chez Executive Relocations

Publié le 9 janvier 2006 France Paris

Après une prépa HEC au lycée de Bellepierre à Saint-Denis, Valérie intègre une grande école de commerce : l’ICN (sup’ de Co Nancy). Depuis octobre 2005, elle occupe le poste de chargée de mobilité dans une entreprise de "relocation" (Executive Relocations). "Je suis spécialisée en immigration, explique-t-elle. Je m’occupe de toutes les procédures d’immigration pour les cadres étrangers que des grands groupes souhaitent faire travailler en France. J’accompagne également ces étrangers dans leurs démarches administratives en France (carte de séjour, immatriculation à la sécurité sociale, échange de permis de conduire, etc.). Je travaille avec des expatriés de diverses nationalités et leurs parcours me donnent à moi aussi l’envie de voyager".

Valérie Landry
"Partir m’a permis d’être plus ouverte et d’oser poursuivre mes rêves".

Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter la Réunion ?

"Originaire de Plateau Caillou, je ne savais pas réellement quoi faire après le bac, juste que je ne voulais pas aller à la fac. Avant moi, mes frères sont venus faire leurs études en Métropole. Je voulais aussi partir, mais pas tout de suite. Je me sentais trop jeune pour prendre mon envol. J’ai donc fait une prépa en me disant que j’avais deux ans pour me préparer à partir".

Quel a été votre parcours ?

"A l’issue des concours, j’ai eu le choix entre plusieurs écoles, mais toutes situées dans le Nord de la France. Nancy m’a plu parce que c’était une petite ville et parce qu’il y avait déjà dans l’école des Réunionnais. Finalement on s’est retrouvé à 7 dans ma promotion, ce qui n’est pas trop mal sur une promo de 180. Pendant mes études, j’ai fait un stage de 6 mois à Lille. J’ai beaucoup aimé cette ville aussi, car malgré le froid les gens sont chaleureux. Après l’école, j’ai atterri à Paris, en tant que chef de caisse dans la grande distribution. J’ai démissionné au bout de 4 mois... La grande distribution a été mon plus grand choc en Métropole : les gens sont froids et s’arrêtent aux apparences, surtout dans le milieu des caisses. Un peu plus et je plaquais tout pour rentrer à la Réunion. Heureusement mon poste actuel me convient. J’essaye d’apprendre l’espagnol avec des cadres dont je m’occupe, pour un jour partir en Amérique du Sud !"

Qu’est-ce qui est le plus dur loin de son île ?

"Depuis que je vis à Paris, je comprends le dicton "métro - boulot - dodo". Prendre le temps de vivre comme on le fait à la Réunion, ça me manque. Heureusement la solidarité qu’on trouve sur l’île entre les gens est encore plus forte ici. J’ai la chance d’avoir de la famille sur place. Lorsqu’on se voit, on essaie de créer une ambiance réunionnaise autour d’un bon rougail saucisse".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"Comme tout Réunionnais expatrié, je m’intéresse à l’emploi à la Réunion. Les jeunes qui partent comme moi apportent une valeur ajoutée à leur CV, et les entreprises réunionnaises n’hésitent plus à privilégier un Réunionnais qui a de l’expérience en Métropole, par rapport à un Métropolitain. Je pense que nous les jeunes devons comprendre qu’il faut partir pour mieux revenir. Nous les domiens nous avons de la chance ; le conseil général ou encore l’ANT nous aident dans nos démarches de mobilité, ce qui rend l’aspect financier plus abordable. En plus les Réunionnais expatriés savent soutenir leurs compatriotes à leur arrivée. Il ne faut pas avoir peur et se lancer".

Quels ont été les avantages/inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours professionnel ?

"Venir de la Réunion a toujours été un atout pour moi. Je perçois mieux les différences interculturelles qui existent entre les différents pays, et c’est un atout dans mon métier. Plus généralement, depuis que j’ai quitté l’île je me rends compte de la chance que j’ai de venir d’un endroit aussi paradisiaque. J’espère un jour revenir à la Réunion, et partager avec les autres ce que j’aurais vu et appris".

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