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Vincent Sidambarompoullé, technicien supérieur dans une entreprise lyonnaise

Publié le 13 septembre 2011

Après des études à Toulouse et un retour manqué à la Réunion, Vincent décide de reprendre une licence professionnelle à Lyon en 2007. Mouvement gagnant. A 26 ans, il occupe un poste de technicien Processus / Industrialisation / Programmation chez Atlantic ACV, une entreprise de ventilation et climatisation. Il devrait prochainement atteindre un statut cadre, grâce à un master pro.

Vincent Sidambarompoullé

D’où êtes vous à la Réunion ?

Je suis de Saint André, Cambuston Champ Borne pour être précis. J’ai quitté la Réunion pour les études. Pour ce que je voulais faire, je devais quitter l’île. L’industrie métallurgique est peu présente à la Réunion.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Je suis d’une famille hindouiste très croyante. J’ai mes trois statues de Ganesh, Shiva et Karly qui sont toujours avec moi.

Quel a été votre parcours en métropole ?

Je suis arrivé à Toulouse en 2003. J’ai réalisé deux années enrichissantes tant sut le plan éducatif qu’humain. Puis je suis allé à Paris dans une école d’ingénieur, mais cela s’est mal passé : mauvaise ambiance, ghetto, longs trajets le matin comme le soir... Finalement je suis rentré à la Réunion, mais tout le monde avait changé. Les amis que j’avais étaient en couple ou ne répondaient plus, ma famille avait ses règles que je ne pouvais pas adopter...

Qu’avez-vous fait ?

Sur un coup de tête et sans rien dans les poches, je suis venu à Lyon en 2007... et j’y suis toujours ! J’ai passé une licence pro et bientôt j’aurai un statut cadre avec un master pro. Je gère déjà tout l’atelier Tôlerie (placement, ordonnancement, achat) de mon entreprise. J’ai une femme.
On peut dire que les presque cinq dernières années ont été les meilleures de ma vie.

Quels sont vos projets ?

Devenir d’ici trois ou quatre ans responsable tôlerie dans ma société. C’est une entreprise en plein développement et je souhaiterais y contribuer. Sur le plan privé, je voudrais acheter une maison et avancer sur l’idée d’un enfant d’ici un an.

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

Sans conteste, des amitiés et des rencontres. Après avoir passé deux ans sur Toulouse où j’ai connu des personnes qui habitaient sur la cote méditerranéenne, puis à Paris et maintenant à Lyon, les échanges que j’ai vécu sont uniques.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Toute ma famille, car je n’ai personne ici. Cela fait cinq ans que je ne suis pas rentré et quand je vois comme ma mère et mon père ont vieilli sur les photos, cela me fait mal au cœur de ne pas être à leurs cotés.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la
Réunion dans votre parcours ?

En tant que Réunionnais, je n’ai pas peur de voyager et de bouger. Quand vous venez de faire 10 000 km pour trouver un emploi, le fait de faire 100 ou 200 km de plus ne vous fait pas grand chose. Il y a aussi l’adaptation dans un environnement. J’ai fait trois villes où je me suis bien adapté au milieu (à Paris ce sont les contraintes de tous les jours qui énervent). Et puis la Réunion ça fait toujours rêver quand on en parle !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

La Réunion évoque des personnes toujours joyeuses, pas de racisme, une faune et une flore exceptionnelles, mais un environnement social un peu à la baisse...

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses
habitants ?

J’habite dans une région très vivante, avec un milieu industriel dynamique et des personnes ouvertes et désireuses d’échanger sur la culture.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Tentez l’aventure si vous souhaitez le faire. Je ne vous dis pas que cela va être facile tous les jours, mais ce que vous allez découvrir est différent de la Réunion. Il existe aussi beaucoup d’associations réunionnaises dans les grandes villes. Rien qu’à Lyon, plus de 25 !

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