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Wilson Savignan, cuisinier dans une école de police de l’Yonne

Publié le 3 octobre 2019 France Yonne

Il a mis caris et rougails au menu de cette cantine de 1200 repas par jour. A la tête d’une brigade de 15 personnes, ce Saint-Louisien arrivé avec le Cnarm a passé les concours de l’administration jusqu’à devenir chef cuisinier adjoint dans une école de police à Sens (89). Son objectif : rentrer un jour sur l’île en tant que Chef de cuisine. Portrait.


Pouvez-vous vous présenter ?

Wilson Savignan, 34 ans. Je viens d’une cité très connue de ma ville : Pont Neuf à Saint-Louis, quatrième d’une fratrie de six enfants. J’ai quitté mon île à l’âge de 19 ans après une formation en cuisine, via le Cnarm, comme mes aînés l’ont fait avant moi. Plusieurs villes m’étaient proposées et j’ai choisi Metz car un chef cuisiner me voulait dans son restaurant, donc le choix était vite fait ! Pour moi à l’époque, Marseille, Paris ou Metz c’était pareil mais je me suis rendu compte que non… Quand j’ai quitté mon île en novembre 2004 il faisait une trentaine de degrés. Arrivé à Metz il faisait -11 degrés ! Le choc thermique et de culture était au rendez-vous…

Et ensuite ?

Après le restaurant, j’ai travaillé dans une serre à tomates pendant trois ans, toujours à Metz. En 2008, j’ai passé un concours de cuisinier pour le Ministère de l’Intérieur. Pendant six mois, j’ai fait quelques renforts à l’Élysée, à l’époque du président Nicolas Sarkozy. Et en novembre 2008, j’ai intégré l’école de police à Sens (89), où je suis toujours aujourd’hui. En 2017 j’ai été nommé chef cuisinier adjoint et depuis… j’ai changé les menus. On trouve du soleil à table : rougail saucisse, carry poulet… On fait 1200 repas par jour et je gère une brigade de 15 personnes. Jai organisé des buffets pour des ministres, entre autres M. Castaner et pour quelques personnalités comme Guy Roux !

Quels sont vos projets ?

Mon objectif est de devenir Chef cuisinier bien sûr. Dans quelque années ce sera accessible, il faut juste patienter un peu. Et je reviendrai à la Réunion quand un poste de Chef cuisinier s’ouvrira enfin dans une administration !


Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Oui, beaucoup. A l’école de Police il y a en plein : des formateurs, des éleves... ça fait toujours plaisir de cuisinier pour des compatriotes ! La Réunion fait partie intégrante dans ma vie, j’ai même un stand réunionnais au marché de Noël de mon village !

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Ce qui me manque, c’est les pique-niques le dimanche en famille. On se console comme on peut. Dans ma valise j’ai ramené un pilon et un kalou. Je suis aussi devenu collectionneur de rhum arrangé ici !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Ici beaucoup de gens connaissent la Réunion. Souvent on vient me voir pour que je fasse un plat réunionnais ou des apéritifs pour leurs évènements familiaux. Globalement je trouve que la Réunion fait encore parler d’elle pour sa diversité et son vivre-ensemble. C’est une fierté !


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