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Yannis Sautron : l’aventure aux Kerguelen

5 ans qu’il effectue des missions dans les TAAF, et malgré les privations familiales, il repartira « tant que la santé le permet ». Yannis partage une aventure unique en récits et photos.

Portrait de la série « En mission dans les TAAF : Réunionnais (du bout) du monde »


Mon parcours

Yannis Sautron, 40 ans, originaire de la Plaine des Cafres. J’ai eu plusieurs boulots dans ma jeunesse dans la commune du Tampon, le dernier était agent de sécurité.

Départ sur le Marion Dufresne - "Je n’avais jamais quitté la Réunion".

Ma rencontre avec les TAAF

J’ai connu les TAAF par l’intermédiaire de mon cousin qui y a fait sa carrière. Mon grand frère également a fait une mission. Il m’a raconté et j’ai voulu tester. J’ai postulé au bureau de Saint-Pierre et ils m’ont convoqué pour faire les papiers administratifs. J’ai décroché une première mission sur l’île de Tromelin et juste après, ils m’ont envoyé aux îles Kerguelen. Je n’avais jamais quitté la Réunion, jamais pris l’avion. Aujourd’hui, cela fait cinq ans que je bosse tous les ans avec les Taaf.

La base de Port-aux-Français sous la neige

Les Kerguelen

On prend le bateau au Port. C’est parti pour 10 à 20 jours de navigation sur le Marion Dufresne. Et puis on arrive aux Kerguelen. On appelle cette île, l’île de la désolation... On est coupé du monde. On peut se lever le matin avec beaucoup de vent, et sortir du boulot avec de la neige et de la pluie ! C’est incroyable, on vit plusieurs saisons à la fois.


Le travail

En tant que responsable de salle sur les îles Kerguelen, je cuisine et tiens la sale commune. Tous les vendredis je fais des plats réunionnais. Je suis en repos les lundis et les vendredis.


Ici on vit en collectivité, on est tous unis comme une famille, on s’aide les uns les autres. C’est dur à expliquer à ceux qui n’ont pas vécu de mission dans les Taaf.

Une aurore australe

Les loisirs

L’ambiance sur la base et très bonne. On a un bar dans le restaurant à l’étage, une discothèque, une grande salle de sport pour entretenir la forme. Il y a un groupe de Réunionnais, beaucoup travaillent dehors du lundi au vendredi. Il y a aussi des gens de plusieurs cultures : Martiniquais, Africain, Japonais, Chinois... c’est un mélange franco-international.

Un moment entre Réunionnais sur la station

La vie de famille

Ce qui me plaît le plus au monde, c’est mes enfants, ma femme, l’ambians la Rényon… Alors pour la vie de famille, c’est pas facile. J’ai trois filles : de 24 ans, 23 ans et la dernière de 12 ans. C’est très dur de les laisser seules avec Madame, de rater Noël, le 20 décembre, le jour de l’an, les anniversaires, les 18 ans de mes filles, le permis... C’est un mal pour un bien ; comme ça ils avancent un peu dans la vie.

Une quarantaine de personnes résident sur la base.

Le plus dur pour moi a été de ne pas être là lors de l’AVC de mon père. Pendant mes missions, ma mère a perdu la vue et mon oncle est décédé. Avant de partir, on passe des tests psychologiques. On est bien conscients qu’en partant, on peut laisser quelqu’un qu’on aime, c’est la vie. C’est dur à entendre mais on est prêt.

L’église Notre-Dame-des-Vents aux Kerguelen

Le plus insolite

J’ai eu la chance de voir des éléphants de mer, des manchots, des oiseaux géants... plein d’animaux. Il faut le voir pour le croire, c’est une expérience que je souhaite à tous les jeunes Réunionnais.


Mon conseil aux réunionnais qui voudraient se lancer

Je leur dirais de le faire, que c’est une grande expérience inoubliable. Vous serez satisfait pour le côté aventure, et c’est très bien rémunéré.


La suite pour moi...

Je vais bientôt revenir à la Réunion après 9 mois aux Kerguelen ! Dans les TAAF, je vis une expérience unique au monde. Et je continuerai à partir en mission tant que ma santé le permet.


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