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Contribution pour une communauté réunionnaise visible et citoyenne


Depuis les émigrations successives (avant on parlait d’émigration, aujourd’hui de mobilité) des années 50/60 à nos jours, beaucoup de Réunionnais se sont installés en Métropole avec plus ou moins de réussite mais dans tous les cas, de manière diffuse et discrète. Il n’y a pas de région française de prédilection ni de quartier spécifique dans une ville où ils seraient concentrés. Sans doute se retrouvent-ils maintenant en nombre dans les bassins d’emploi de l’Hexagone car la Réunion, leur pays d’origine, ne peut leur offrir du travail face à un chômage élevé et persistant.


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Georges Ah-Tiane

Une contribution de Georges Ah-Tiane

Champ concerné : l’hexagone - Public : la diaspora réunionnaise

De part sa nature, le réunionnais est réservé et difficilement identifiable au premier coup d’œil (métissage, multi-ethnies). Longtemps cataloguée en tant que communauté invisible, il y a pourtant eu tentative dans les années 90, d’œuvrer pour une meilleure présence réunionnaise en Métropole, notamment à travers le tissu associatif. L’intention était bonne et la démarche avérée. Les nombreuses associations voyaient à travers ce chantier, une certaine reconnaissance de leur investissement quotidien notamment avec des aides financières à la clef. Pour autant, il en ressortait une certaine dépendance de ce tissu associatif vis-à-vis des bailleurs de fonds qu’étaient le Conseil général de la Réunion principalement, et des autres collectivités réunionnaises dans une moindre mesure. Résultat, les projets et objectifs louables du départ se développèrent ou pas au gré des changements de politique du conseil général de la Réunion, de plus en plus soucieux sans doute par le chômage local et donc de solliciter notamment les associations de Métropole afin d’asseoir leur réseau d’accueil et d’insertion. Si on ne peut incriminer cette démarche devenue incertaine et de moins en moins profitable au développement de la diaspora elle-même, on peut tout de même s’interroger sur l’incapacité des associations en présence à établir une structure de communication et à élaborer des projets en commun. Rien de tout cela et aujourd’hui encore, ce vide se fait sentir.

Je ne nie pas la présence de festivals ici ou là, ni de la performance de tel ou tel artiste, sportif, référent culturel, qui donnent une image valorisante assez nette de la Réunion, mais je constate aussi que certains festivals souvent sont subventionnés et intègrent des politiques culturelles volontaristes réunionnais. Peu d’artistes de Métropole y sont d’ailleurs associés ou sollicités.
Bien heureusement, certaines associations œuvrent efficacement en faveur de l’identité réunionnaise. Mais cela reste encore très localisé et un peu centralisé à Paris.

Les réunionnais de métropole seraient-ils livrés à eux-mêmes et de surcroit absents des lieux de débat et de représentativités publics ?

Par exemple :

Des Médias : télévision, radios, quotidiens, journaux
-  De certaines manifestations culturelles DOM TOM : devoir de mémoire, conférences, langue créole…
-  De la vie citoyenne : réunions de quartier, CIQ, scrutins (peu de réunionnais votent), vie politique
-  Des lieux de travail, administrations… : bien souvent, le réunionnais se met en retrait lorsqu’il se retrouve dans un environnement étranger. certains subissent aussi des discriminations raciales et culturelles

Cette attitude pour le moins réservée et passive, conjuguée à une assimilation presque permanente au groupe antillais par le commun des métropolitains, exaspère.
Ce n’est que le résultat d’un no man’s land. La société réunionnaise, déjà complexe dans l’île s’est projetée dans l’Hexagone avec ses qualités mais aussi en compilant l’ héritage colonial, le manque de communication transverse, les conflits générationnels, l’isolement….

Si la situation culturelle, économique et sociale, à la Réunion, a fait l’objet de prises en compte, d’un éveil des consciences et amené à la (re)construction d’une identité retrouvée, la diaspora n’a pas eu à vivre cette « révolution ». Des artistes, musiciens galèrent par manque de structures adaptées et souvent n’ont pas le soutien du public réunionnais. Des associations se créent et disparaissent là aussi par manque de moyens ou simplement par découragement. De plus, les quelques actions en faveur du devoir de Mémoire, de la culture, n’intéressent qu’une petite partie des réunionnais. Attitude ringarde, diront les uns, oublions notre passé colonial diront les autres, beaucoup plus intéressés par les concerts et soirées dansantes. C’est certainement de bonne foi pour une partie des réunionnais(es) vivant sur le sol français, notamment pour ceux qui ont réussi leur insertion et ceux de la nouvelle génération qui ont grandi ici, encore que ceux-ci risquent de ressentir tôt ou tard un vide culturel qui n’a pas été comblé par leurs ascendants avec les avatars que cela comporte. Auraient-ils raison, Je dirai oui mais alors, vivons pleinement notre citoyenneté ?
Malheureusement, il faut admettre on est loin d’une insertion réussie, du moins cache t-on notre déception car nous avons tous une pointe de fierté, ne serait-ce que vis-à-vis de nos cousins restés vivre là-bas car nous étions censés réussir la notre.
Ce que j’évoque relève plus d’un problème existentiel que matériel quoique beaucoup de réunionnais(es) galèrent financièrement aussi.

Le chantier reste donc ouvert mais avant de revendiquer quoique ce soit, les réunionnais de Métropole se doivent de développer leur communication interne. Les moyens sont multiples : forum de discussions, remodelage du tissu associatif, mutualisation des moyens, réunions publiques, sensibilisations diverses sur nos différences, nos points communs…

Ces échanges dans un premier temps, permettront de construire une identité réunionnaise partagée, peut être pas identique à celle qui existe à la Réunion mais suffisamment nourrie pour maintenir et développer une culture originale dans l’Hexagone. Nous serions alors sûrement mieux identifiés par les métropolitains et plus en phase avec le pays natal à l’heure où l’on parle de continuité territoriale.
Dans un deuxième temps, il faudra accéder une vie citoyenne plus participative qu’elle ne l’est actuellement et amener notre valeur ajoutée à la France (un autre débat).

En conclusion :
Les moyens techniques pour parvenir à une communauté réunionnaise visible et citoyenne en Métropole existent, certaines structures et associations font un travail remarquable en ce sens mais il n’existe pas de vraie volonté de développer et de planifier des actions pour y arriver, avec l’ensemble des parties prenantes dans l’espace français. Un vide à combler ?

Contribution de Georges AH-TIANE
Coordonnateur technique à France Telecom
Association KER VOLKAN / MARSEILLE

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