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Florent Bouguin : récit d’un ultra-trail au bout du monde


Alors qu’il vient de terminer 4e du North Face Endurance Challenge 2014 de Bear Mountains aux USA (course de 80 km), le Réunionnais Florent Bouguin s’est une nouvelle fois affirmé comme l’un des meilleurs traileurs du Québec et d’Amérique du Nord. Son objectif : participer au Grand Raid en 2015, l’année de ses 40 ans.


Florent Bouguin

Né à Saint Denis il y a 39 ans, Florent vit à Québec avec Catherine une belle Québecoise avec qui il a eu deux enfants de 8 et 6 ans.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai quitté la Réunion pour la métropole en 1993 et la France pour le Québec en 2000 avec un sac à dos. Après une scolarité sur l’île, diplômé de l’Ecole d’ingénieur Polytechnique d’Orléans et d’un Master de physique à l’université Laval au Québec, j’occupe l’emploi de Manager du département d’ingénierie des systèmes chez ABB à Québec, un département de 25 employés en charge du développement de produits. ABB à Québec développe, produit et met en marché des senseurs optiques pour l’industrie spatiale, de la défense, de la pétrochimie et du pharmaceutique.

Quelles sont vos passions ?

Les activités de plein air ! Je suis guide de canot, membre de la patrouille canadienne de ski, recherche et sauvetage, instructeurs en premier soins et... ultratraileur ! Je n’ai jamais été dans les meilleurs dans mon enfance mais j’ai toujours été un bon sportif multidisciplinaire et touche à tout. Je me suis impliqué dans le raid aventure en arrivant à Québec. J’ai fait les deux dernières éditions du raid Ukatak (500 km en autonomie, en équipe avec carte et boussole pendant l’hiver québécois). L’équipe se battait pour les premières places. Ensuite je me suis mis au canot d’eaux vives que j’ai poussé à fond. J’ai ouvert plusieurs voies extrêmes qui ne se faisaient qu’en kayak. Avec l’arrivée des enfants, j’ai pris moins de risques et je me suis investi dans ma famille.

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Florent Bouguin lors d’une course en raquettes au Québec

Quel lien gardez-vous avec la Réunion ?

Je rentre à l’île de la Réunion environ tous les quatre ans, mes parents et mes amis y sont. J’interviens dans des forums ou dans des écoles ici au Québec pour parler de notre île. J’essaie d’être le meilleur ambassadeur ! A Noël 2011, je suis rentré chez moi à la Réunion. J’ai revu mes sentiers, mes dalons et la folie de la Diagonale des Fous. Je me suis dit que je serai là pour mes 40 ans en 2015. Je me suis donc entraîné et j’ai commencé les courses de trail par des 10 km, pour ensuite arriver progressivement là ou je suis. A ma grande surprise j’ai taquiné les meilleurs dès le début. Je fais maintenant partie de l’élite canadienne en ultratrail et membre de l’équipe d’athlètes de The North Face.

Compte rendu du The North Face Endurance Challenge Series 2014, New York

Voici quelques lignes qui nous permettent de partager un voyage initiatique au cœur des Montagne de l’ours, que la magie de l’ultratrail nous permet de vivre. Les 50 miles (80km et 2200 m de D+) de cette année sont les plus relevés de l’histoire, plusieurs gros noms du trail des Etats-Unis et du Canada s’y sont donnés rendez-vous. Il y aura de la grosse bagarre !

Florent Bouguin

Nous sommes 4 amis, 4 dalons dans une petite Honda Fit, nous partons au Sud vers un objectif commun : partager des moments forts dans les montages du pays de l’oncle Sam. On (Eric Turgeon et moi) s’arrête en cours de route sur les flancs du Mont Brome chez Clothilde Mondor et Alister Gardner. Alister cuisine son spécial soit des super burritos qui nous permettent de remplir nos réserves énergétiques. Nous nous couchons le ventre plein. Quel accueil ! Un mélange de chaleur québécoise associée au charme de la culture anglaise.

La suite du voyage se passe bien. Nous passons les douanes et fait exceptionnel nous tombons sur une superbe douanière, joviale qui nous parle de course à pied. Nous prenons Jeff Gosselin au passage. Je profite des heures de route pour apprendre de l’expérience de mes partenaires. Ils ont tous déjà fait cette course, je les écoute, je les questionne, je prends leurs conseils. Ils se livrent à livre ouvert, ils sont humbles et partagent leur truc sans aucune rétention. Quels grands champions ! Nous arrivons à destination à notre hôtel au pied des Bear Mountains. La communauté de traileur québécois s’est donnée rendez-vous dans cet hôtel, c’est super, cela me permet de découvrir des personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres qui ont une passion commune le trail running. Nous partons en reconnaissance pour voir où prendre la navette. Ce n’est pas demain à 3h30 du matin qu’il faudra le faire. Bien nous en a pris, nous prenons 45 minutes pour trouver le site. Demain il faudra être plus performant, on se donnera 10 minutes ! Je prépare mes habits et mon équipement de course, je regarde une dernière fois la carte et le profil du parcours et je m’endors, zen.

"Levé à 2h30, j’avale des tartines de beurre d’arachide (dakatine pour nou kréol) et j’enfile mes vêtements".

Ca y est, le grand jour est arrivé. Lever à 02h30, je prends des tartines de beurre d’arachide (dakatine pour nou kréol) et confiture, j’enfile mes vêtements et je rejoins mes amis. La navette se passe bien et nous arrivons sur le site, je récupère mon dossard, je fais mes derniers ajustements et je me place sur la ligne de départ. Il est 05h, let’s GO Florent ! Ma stratégie est de partir avec les meilleurs et de casser le plus tard possible, assez simple non !

Les premières 45 minutes de course se font à la lampe frontale. La température est idéale. Le ciel dégagé et parsemé d’étoiles nous annonce un beau lever de soleil. Les premiers kilomètres annoncent la couleur : sentier technique rocailleux, instable avec des sections de boue assez intenses et parsemé de feuilles mortes. Un groupe d’une vingtaine de coureurs se détache. Nous courrons les 20 premiers kilomètres ensemble (les organisateurs me confirmeront par la suite que c’est du jamais vu, d’habitude le groupe de tête à ce stade-ci de la course est de 5 personnes, ce qui confirme la qualité des athlètes présents cette année). Le rythme s’accélère et le groupe éclate. Nous nous retrouvons 5 en tête de course.

Je cours à l’arrière du pack et j’exulte de joie. Je suis là, je suis bien, je sens une équipe dans ce sport individuel (nous sommes 4 membres de l’équipe The North Face, Mike Wolfe, Jordan McDougal, Jeff Gosselin et moi). Je suis avec mon ami Jeff. Il y a de l’intimité entre nous, on discute de stratégie de course en français, c’est de l’intensité en barre.

"Cela fait plus de 4 mois que je n’ai pas mis de short ni couru sur des sentiers non enneigés. J’ai les crocs !"

Dylan Bowman est très fort aujourd’hui. Il profite du fait d’avoir une équipe aux ravitaillements pour placer des grosses attaques, nous travaillons fort pour le reprendre, c’est dur. Nous rentrons dans une partir plus roulante autour du 35ème km pour 10km. Jeff s’arrête pour faire un arrêt buisson, il me dit de continuer. Les gars continuent d’accélérer, ils imposent un rythme de 3min 45s au km, j’arrête de les suivre, cela va trop vite.

Une deuxième course commence alors pour moi, il reste 40 km, je suis tout seul en 4ème position. Il va falloir gérer cet effort de plus de 3h30. Je décide d’aller à un bon rythme mais pas de me mettre dans le rouge. Je veux en garder dans les jambes au cas où cela arrive par l’arrière. C’est la sagesse qui entre ! J’ai ai marre du sucre, je remplis ma gourde uniquement avec de l’eau. Je prends des électrolytes au poste de ravitaillement et j’alterne mon alimentation solide entre pommes de terre et patte de Fruit3 (Merci Xactnutrition). Je me demande comment va mon copain Jeff, je me mets à imaginer de le voir sortir du bois et nous franchissons la ligne d’arrivée ensemble.

Je dois traverser régulièrement des cours d’eau, ma technique de franchissement est simple droit dedans et de l’eau sur la nuque et la tête pour me rafraîchir. Il y a beaucoup de sections de pierriers, cela cogne. La plus mémorable est cette montée abrupte autour du 70ème km qui enchaîne par une terrible descente avec des pierres qui roulent sous mes pieds. Je marche cette section, je ne veux pas me blesser. Un énorme bruit me fait sursauter, j’assiste à un éboulis sur la montagne de droite. Quand je vous le dis que ces sentiers sont instables ! Je croise mon deuxième serpent qui file devant moi. Allez, il ne reste plus que quelques kilomètres, les bénévoles m’encouragent, les coureurs des autres distances que je dépasse sont mes premiers supporters, cela m’aide énormément. Je profite des sections avec de la visibilité pour regarder à l’arrière, personne. Je me rends compte que je vais faire quelque chose de grand, je suis content et même un peu fier il faut l’avouer. L’arche d’arrivée est là, j’entends le speaker, je vois les mains des spectateurs s’ouvrir vers moi, et c’est fait. Je franchis la ligne après 07h22, je suis un finisher c’est bon.

Ce soir la communauté québécoise se retrouve pour festoyer et se raconter nos émotions respectives. D’après les organisateurs cette année a eu le record d’abandons. Les conditions des sentiers sont vraiment difficiles. C’est très bon de retrouver les shorts et les sentiers boueux après plus de 5 mois d’hiver. C’est le départ de ma saison de trail.

Encore une fois The North Face Endurance Challenge Series nous offre une superbe course : paysages grandioses, balisage sérieux, points de ravitaillements très bien équipés, bénévoles totalement investis et organisateurs dévoués aux traileurs. Merci particulier à quelqu’un à qui je dois beaucoup Claude Chaput de l’Agence Agence Steve Desroches - The North Face/raquettes GV.

Nous avons maintenant 9h de voiture pour partager nos expériences tous les 4 sur le chemin du retour, pour rigoler et pour apprendre à mieux se connaître. Des gars bien ces ultratrailers !

Mon prochain objectif est la Canadian Death Race dans 3 mois et ses 125km au cœur des montagnes Rocheuses de l’Ouest Canadien. Ce sera une toute autre histoire. Au cours de cette épreuve, j’ai appris beaucoup et j’ai pris de l’expérience. Je dois continuer à grandir pour atteindre mon objectif d’être prêt pour fêter mes 40 ans sur La diagonale des fous de la Réunion en octobre 2015 chez moi à l’île de la Réunion. Le défi de notre vie c’est de trouver notre équilibre. Le mien se fait entre ma famille, mon emploi et mon jardin secret qu’est l’ultratrail. Merci Cat, tu es la source de ces accomplissements.

Palmarès

Florent Bouguin

Voilà quelques uns des accomplissements ces 2 dernières années dans l’ordre chronologique :
- 2ème à la Québecmégatrail (10 km), juillet 2012
- 2ème à la finale des courses en forêt (21 km), octobre 2012
- 2ème au championnat québécois de raquettes (21 km), mars 2013
- 3ème au Xtrail du Mont Sutton (23 km), juin 2013
- 2ème à l’UltimateXC (60 km), juin 2013
- 4ème à la Québecmégatrail (25 km), juillet 2013 - 1er à l’Ultratrail Harricana (65 km), septembre 2013
- 3ème au Xtrail du Mont Orford (23 km), octobre 2013
- 15ème à la final du NorthFace Endurance Challenge en Californie (80 km), décembre 2013
- 1er au marathon au championnat national des USA de raquettes (42 km), mars 2014
- 4ème au The North Face Endurance Challenge de Bear Mountains (80 km), mai 2014


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