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Vivre en Métropole pour un Réunionnais n’est pas toujours synonyme de réussite


Intervention de Georges Ah-Tiane sur le plateau discussion-débat "Les résistants de la diaspora" dans le cadre de Africa Fête 2009 à Marseille, la Friche Belle de Mai.


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Georges Ah Tiane

Vivre en Métropole pour un Réunionnais n’est pas toujours synonyme de réussite. Ça l’a été pour ceux et celles qui sont venus vivre ici volontairement, par choix individuel ou des rapprochements familiaux, à partir des années 50…et qui ont pour la plupart réussi leur installation.

En 3 générations, ces derniers n’ont pas ou peu connus de problèmes particuliers puisqu’à cette époque on trouvait facilement du travail, un logement et que culturellement parlant, la France à leurs yeux était le symbole d’une terre de réussite.

Nous retrouvons là, en primo-arrivants, d’anciens militaires, navigateurs, des fonctionnaires et aussi ceux qui tout simplement désiraient s’installer durablement en France. Rappelons que c’était la période de l’après départementalisation (Mars 1946), que la vie était rythmée par une gouvernance post coloniale qui étouffait toute expression d’origine noire au profit de la seule culture française. Et pour beaucoup la France était le pays des droits de l’Homme, généreuse et bienveillante.

Par contre à partir des années 75, alors qu’un certain militantisme de gauche s’installe, l’engouement au départ prendra la forme d’un exil devenu nécessaire puis comme seul exutoire possible pour certains, dans un pays incapable de donner du travail à des milliers de jeunes qui arrivent sur le marché chaque année.
Cette mobilité « suggérée » ou forcée au rythme de trois à 4 mille candidats par an, ne sera pas vécue avec autant de bonheur que par les premières vagues de migrants. Et donnera encore aujourd’hui certainement l’image d’une diaspora qui se cherche et n’arrive pas à affirmer globalement sa présence, que se soit dans la culture française ou dans celle du pays.
Malgré tout, avec la mondialisation, les jeunes acceptent mieux l’éloignement maintenant.

Qu’en est –il de nos jours en Métropole ?

Albert WEBER, qui était journaliste au DNA avait réalisé un important travail de collecte de témoignages auprès des réunionnais de métropole, dans les années 80 qui confirmait un certain mal vivre allant jusqu’à l’isolement total pour un certain nombre d’entre eux. Plus récemment, si les nouveaux arrivants sont plus ouverts aux échanges et aux nouveaux modes de communication, et sans doute souffrent moins de l’éloignement comme auparavant, il n’empêche que l’on constate qu’au sein de la diaspora il n’existe pas vraiment d’espace susceptible de rassembler les réunionnais.

Il existe cependant quelques structures comme l’UCSARM qui regroupe les catholiques pratiquants, une antenne du conseil général de la Réunion à Paris, un Comité National d’accueil (CNARM) qui accueille et place des jeunes ponctuellement en entreprise, la fédération Nationale des étudiants, l’ARCC…

Communauté invisible ?

Mais on ne peut pas dire que les réunionnais(es) occupent la place publique et soient facilement identifiables. Cela tient en grande partie à la diversité de nos origines. Si les premiers habitants de la Réunion venaient de Bretagne ou de Normandie, il y a eu aussi des malgaches, africains, (Mozambique), indiens (Calcutta, gujarat), chinois, métropolitains et plus récemment les comoriens.

A la Réunion, on se retrouve en présence d’une société plurielle en grande partie métissée mais qui n’a pas les mêmes centres d’intérêts et les mêmes valeurs. Une société pleine de paradoxes par ailleurs…
Ainsi, une fois que l’on a évoqué toute la diversité culturelle de ce peuple (ce qui peut être porteur de tolérance) nous nous retrouvons en présence de couches ou strates de population plus ou moins perméables et communicantes qui réagissent et obéissent à plusieurs sortes d’appartenance : l’origine ethnique, leurs situations économique ou sociale propres, la religion pratiquée, la couleur de peau. Et tout ce monde est régit par un système économique et politique hérité du colonialisme.

Il y aurait ainsi plus de sujets de discordance entre les réunionnais que ce que l’on pourrait communément admettre : Les Kafs par exemple, (noirs d’origine africaine ou malgache) sont au plus bas de l’échelle sociale, tandis que d’autres à l’opposé étalent leur richesse. La culture, la langue réunionnaise font débats et deviennent des lieux d’affrontements idéologiques...les subventions et aides de la Métropole et d’Europe faussent quelque part les vraies valeurs du travail et de l’économie.

Pourtant l’idée d’une culture commune et partagée fait son chemin, on s’avance vers une réappropriation de « l’espace » et d’une identité réunionnaise rythmée par les travaux des chercheurs, historiens, intellectuels, linguistes, associations et le concours des médias.

On comprend mieux alors qu’en Métropole, les réunionnais intégrant ces disparités, ont du mal à agir collectivement. Ils réussissent mieux individuellement et leur rayon d’action dépasse rarement le cadre familial ou celui des rencontres festives et Ils se mobilisent peu en fin de compte en faveur de leur propre culture.

En Métropole, notre langue maternelle qui est le créole tend à disparaître, notre musique (le séga, maloya) passe difficilement sur les ondes, nous sommes pratiquement absent des débats publics, des grands médias.

Les revendications du COSPAR, équivalent du LKP, pourtant d’actualité ne passent pas sur les chaînes nationales, les artistes, écrivains… N’ont pas vraiment d’audience non plus, à part quelques exceptions.
À Marseille par exemple nous étions largement en retrait des manifestations de soutien au peuple guadeloupéen et martiniquais, tout en sachant qu’à la Réunion on subissait la même problématique.
Les états généraux de l’OM suscitent aussi peu de réactions et de contributions

A qui la faute ? Sans doute à nous même

Ceci dit, il ne faut pas tomber dans le catastrophisme, une bonne partie de la diaspora est relativement bien intégrée dans la société française mais il faut être conscient de notre absence des enjeux sociétaux.

Que reste t-il de positif ? Et comment s’organise « la résistance » au sein de la diaspora ?

En Métropole, malgré cette situation un peu frustrante, il ya quand même une certaine résistance ou plutôt des remous au sein de la diaspora. On la retrouve à travers les multiples associations qui contribuent à tisser les liens entre réunionnais et métropolitains même si cela reste un peu confiné au domaine affectif et convivial. Certaines associations, chercheurs, écrivains, historiens s’investissent par contre davantage dans la diffusion de la culture réunionnaise et du devoir de mémoire. Je veux parler de l’ARCC et de ses membres actifs. de nombreux sites web favorisent aussi les échanges, notamment celui des réunionnais du monde.

De nombreux artistes, groupes de musiques, plasticiens, survivent et s’accrochent faute de soutien financier et de reconnaissance, et c’est tout à leur honneur.

Cette résistance (ou réactivité), se fait aussi sentir par des prises de position lors de certains rassemblements nationaux des associations de Métropoles, des référents en contact avec le terrain qui réclament davantage de cohérence de la part des collectivités réunionnaises concernant leur politique de mobilité
Les mouvements de solidarité répondent aussi, comme dernièrement à la crise sanitaire du chikungunya…
Mais on aimerait quand même améliorer la communication au sein des associations, que les réunionnais(es) s’expriment davantage dans l’espace public, à la radio, à la télévision, dans la presse écrite, les débats de société, je le répète...

Ceci dit, il est permis d’espérer sensibiliser tôt ou tard l’ensemble de la diaspora sur ces faiblesses car la Réunion est en train d’évoluer (au niveau politique social, culturel et économique) il serait de bonne augure que cela suive à notre niveau en Métropole.

De plus une réelle envie de faire existe, les compétences aussi, restent à trouver un concept fédérateur, et un ou plusieurs leaders, aptes à mobiliser les masses.

Pour ce qui me concerne, il devient désormais urgent et vital de communiquer, de s’organiser, maintenir et transmettre notre culture en Métropole,

Mais Il faudra sans doute trouver un juste équilibre entre le poids culturel que peut avoir une diaspora et son implication dans la vie citoyenne française

Georges AH-TIANE
Association Ker Volkan

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