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Le temple Ekambaranatar de Kanchipuram


3e épisode de la série de Dominique Jeantet sur les origines tamoules de l’identité réunionnaise malbar. Le temple Ekambaranatar (ēkāmparanātar) est le plus grand temple de Kanchipuram, au Tamil Nadu, dédié au dieu Civa.


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Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour les problèmes d’accents dûs à la typographie du site qui ne prend pas en compte les translittérations du tamoul et du sanskrit. Vous trouverez dans le document Translitterations l’ensemble des caractères utilisés dans cette série d’articles.

Il a commencé à être érigé sous les Pallava au VII ème siècle mais il ne reste que quelques pierres de cette époque. On doit aux Chola (cōLar), au XII ème siècle, la majeure partie des bâtiments actuels et ce sont les empereurs de Vijayanagar qui ont achevé la construction à la fin du XV ème siècle et au début du XVI ème. En 1509 Krishnadevaraya a construit l’imposant gopura (skr.) (tour d’entrée) de près de 60 mètres de hauteur de l’entrée sud.

Le troisième prākāra (skr.) (mur d’enceinte) est une muraille de 108 liṅgam (signe de Civa, sculpture de forme phallique dressée sur un yoni (skr.), symbole de la vulve) avec, dans le coin nord-ouest, un liṅgam composé de « 1008 liṅgam en un ».

Le sthala purāṇa (skr.) ) (livre religieux sanskrit) dit que, alors que Civa était profondément absorbé dans sa tâche de création, préservation et destruction de l’Univers, son épouse Pārvati, d’humeur facétieuse, vint lui fermer les yeux. L’Univers fut plongé dans l’obscurité et le processus de création et de destruction en fut réduit à l’ordre naturel des choses : un sérieux motif de colère de Civa, qui maudit Pārvati et l’envoya sur Terre. Elle vint sur les rives de la rivière kampai, sous un manguier à Kanchipuram pour expier sa faute, fabriqua un liṅgam de sable et l’honora. Pour éprouver sa sincérité, Civa plaça divers obstacles à la pénitence de Pārvati ; il fit émerger les eaux du Gange de son chignon pour détruire le liṅgam, mais Pārvati put le saisir et le serrer dans ses bras avec toute sa vénération, y laissant définitivement la marque de ses seins et de son étreinte. Civa, satisfait de cette marque d’amour, pardonna alors à la Déesse, qu’il épousa de nouveau sous ce manguier. À chaque période de phalgunī uttaram (skr.) (10e astérisme lunaire), le mariage de Civa et Pārvati est célébré avec faste au temple.

Une autre version de ce mythe est que Civa et Pārvati se sont disputés lors d’une partie de jeu de dés. Civa maudit Pārvati en en la rendant noire et d’apparence terrifiante, avec des yeux difformes. Avec l’aide de Viṣṇu, Pārvati alla faire pénitence à Kanchipuram sous un simple manguier près des berges de la rivière kampai, et elle retrouva sa beauté et ses yeux éblouissants. Comme Civa et Pārvati se rejoignirent sous ce manguier, le nom de Ekamranatar fut donné à Civa (ekā (skr.) : un + amra (skr.) : mangue + nātha (skr.) : dieu), nom changé par la suite en Ekambaranatar ou même Ekambareshwara.

Ekambaranatar, le dieu du manguier, a donné son nom au temple. Un jour, il a voulu éprouver la dévotion d’un humble mais très pieux blanchisseur de Kanchipuram nommé Tirukkurippuththonda Nayaka, qui était si fervent qu’il consacrait tout son temps à laver les vêtements des pèlerins sivaïtes. Ekambaranatar prit l’apparence d’un pauvre brahmane âgé et mendiant et lui donna son vēṭṭi (rectangle de tissu à nouer autour de la taille) sale en demandant qu’il soit prêt pour les prières du soir. Nayaka accepta. Alors Ekambaranatar fit apparaître des nuages qui cachèrent le soleil et firent perdre à Nayaka toute notion de l’heure. Pensant qu’il était déjà tard et qu’il n’aurait pas le temps de nettoyer le vēṭṭi comme promis, il commençait à se fracasser la tête sur la pierre à laver lorsque Civa apparut devant lui et le récompensa pour sa dévotion et son sens de l’honneur.

Sous ce temple, construit autour du manguier et du liṅgam, se trouverait toujours de nos jours la kampai, rivière devenue souterraine dont les eaux ne seraient visibles que dans le bassin sacré (kampai tirṭṭa) situé au sud du sanctuaire. Bien que le mythe précédent fasse référence à un liṅga saikata (skr.) (fait de sable), le liṅgam du temple Ekambaranatar est considéré comme le pŗthvī liṅga (skr.), c’est à dire, parmi les cinq liṅgam représentant chacun l’un des cinq éléments, celui symbolisant la Terre. Les prêtres du sanctuaire s’accordent à dire que les deux termes évoquent le sol sableux dans lequel le manguier est enraciné.

Ce manguier, dont on dit qu’il est vieux de 3500 ans, est appelé « le manguier des Veda » car ses quatre branches, représentent les quatre Veda (Rig-Veda, Atharva-Veda, Yajur-Veda, Sama-Veda, textes du savoir hindou). Chacune d’elle donne une variété de mangue différente, de saveur distincte : sucrée, acide, amère et astringente et dont les feuilles n’ont pas la même apparence. L’arbre est vénéré et les dévots en visite y prient. Les couples qui attendent un enfant depuis longtemps et les jeunes femmes qui souhaitent trouver un bon mari rendent un culte à ce manguier avec l’espoir que leur vœu sera accompli.

La violente tempête Nisha de fin 2008 avait provoqué des dégâts considérables au Tamil Nadu et c’est avec beaucoup d’émotion qu’on pouvait lire dans les journaux tamouls, des articles avec photo à l’appui, décrivant le vieux manguier du temple Ekambaranatar complètement déraciné...

Lire aussi :

- Les origines tamoules de l’identité réunionnaise « malbar »

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