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Jessy Janson, 27 ans, juriste d’entreprise à Paris


Titulaire d’un DEA en droit des contrats et d’un DESS en droit des sociétés, Jessy a commencé son long périple en dehors de la Réunion par une année au pair en Angleterre, juste après le Bac. « Je n’avais jamais mis les pieds hors de l’île, explique-t-elle. J’avais envie de me tester et de découvrir de grands espaces. Aujourd’hui je me sens bien à Paris ». Jessy participera au 1er village de la diaspora réunionnaise du 14 au 16 octobre 2009 à Saint-Denis.


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Jessy Janson

D’où êtes vous à la Réunion ?

"J’ai grandi à Saint-Denis (rue Monthyon), dans une famille plutôt modeste : ma mère est employée dans une école communale et mon père est cuisinier. J’ai eu mon Bac au lycée Leconte de Lisle en 1997".

Dans quelles conditions avez-vous été amené à quitter l’île ?

"Je voulais quitter la Réunion après mon Bac et j’ai tout fait dans ce sens l’année de la terminale. Ce fut un choix délibéré, mûrement réfléchi. Je n’avais alors jamais quitté la Réunion et j’avais envie de voir ailleurs, envie de "grands espaces", quitte à rentrer si cet "ailleurs inconnu" ne me convenait pas".

D’où le choix d’une année au pair en Angleterre…

"C’était une sorte de test pour moi, pour évaluer mes capacités à vivre loin de ma famille, dans un pays où il fait froid et où il pleut tous les jours quasiment, avec l’obstacle de la langue à surmonter... Il s’est avéré que je me suis très vite bien adaptée et que Londres me plaisait. La vie dans cette grande ville était totalement grisante et je n’avais aucune envie de rentrer à la Réunion après cette expérience, bien que mes proches me manquent terriblement ! J’ajoute que mon départ de la Réunion n’a été possible que grâce à toutes les aides financières des collectivités locales. La démarche a été évidemment personnelle et j’ai dû me débrouiller toute seule pour trouver une "famille d’accueil" en Angleterre (sur ce plan, en 97 en tout cas, nous manquions d’informations et il fallait être réellement motivé pour en trouver), mais il est vrai que mon projet n’aurait jamais pu se concrétiser sans les aides financières dont j’ai bénéficié".

Et ensuite ?

"Après mon année sabbatique, mes parents voulaient que je m’inscrive à la Fac de Droit de Saint Denis. Ils craignaient de ne pas pouvoir m’aider financièrement si je faisais mes études en métropole. J’ai réussi à les convaincre que ma bourse me suffirait et que toute manière, que je pouvais avoir facilement un job pour subvenir toutes seules à mes besoins. Après l’Angleterre, je suis donc rentrée un mois à la Réunion et je suis repartie en septembre pour Paris. Pourquoi Paris et pas une ville un peu plus ensoleillée ? Pour la simple et bonne raison qu’à l’époque, tous mes amis réunionnais étaient à Paris, en région parisienne en tout cas, et que je n’avais aucun membre de ma famille proche installée ailleurs en métropole".

Comment avez-vous fait ?

"J’avais fait le nécessaire en cours d’année pour avoir une chambre universitaire, idem pour les inscriptions en fac. Je découvrais Paris et sa région et je n’avais aucune notion des distances, si bien que je m’étais inscrite à la Fac de Sceaux, qui est une petite ville bien agréable avec une fac à dimension humaine, tout en acceptant une chambre à Nanterre, c’est à dire à l’extrême opposé ! Je suis restée deux ans à la résidence de Nanterre et j’en garde un très bon souvenir, même si je vivais dans une chambre de 9m² avec toilettes et douches sur le pallier. C’est là que je me suis fait des amis venant des quatre coins de la planète, c’était génial ! "

Et ensuite ?

"Ensuite, j’ai eu un studio dans une résidence dans le 18e arrondissement. C’était certes plus confortable, mais l’ambiance y était beaucoup moins conviviale, beaucoup moins sympathique. Il se trouve que c’est là que j’ai rencontré le grand Amour pour la première fois... Je suis restée deux ans dans cette résidence, jusqu’à la maîtrise et ensuite, l’année du DEA, je me suis installée dans un petit deux pièces, en couple, dans le 14e. J’ai commencé à travailler en décembre 2004. Aujourd’hui, je suis toujours dans la même entreprise et plutôt contente de ce premier poste. J’habite désormais dans le 13e arrondissement".

Quels sont vos projets ?

"Je débute au niveau professionnel, je pense donc rester encore au moins un an à mon poste actuel. Je n’envisage pas de retour à la Réunion à court terme. Je pense que j’en aurai certainement envie au moment de fonder une famille, car je souhaite que mes enfants connaissent leurs grands-parents, tatie, cousins - cousines, etc. Mais la question ne se posera pas avant 5-7 ans je pense. Et je pense aussi que ça doit être compliqué de trouver du boulot à La Réunion, surtout avec ma petite expérience. Pour l’heure, je n’ai pas de projet particulier si ce n’est peut-être, celui de m’acheter un appartement à Paris..."

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Jessy Janson

Qu’est ce qui vous manque de la Réunion ?

"Ma famille ! Je vis toute seule à Paris... Il y a donc des moments difficiles. La période des fêtes de Noël est toujours très désagréable pour moi. Même si vous êtes entourés d’amis, de personnes qui vous aiment, c’est différent, ça ne remplace jamais une maman ou une petite sœur qu’on adore ! Je vais à la Réunion le plus souvent possible. Même si j’y reste 15 jours, j’ai besoin de me ressourcer auprès de mes proches".

Qu’est ce qui vous fait tenir ?

"Même si c’est dur, je me dis que j’ai choisi de vivre à Paris et il faut l’assumer. Tout ce qui me plait ici (mon travail, mes sorties, ciné, expo, théâtre, etc.), je ne pourrais pas l’avoir à la Réunion. Mais disons que si d’un coup de baguette magique, toute ma famille pouvait se retrouver ici avec moi, je serais comblée et il n’y a pas grand chose d’autre qui me manquerait douloureusement de la Réunion. Evidemment, j’aime mon pays, le soleil tous les jours, le train de vie de la Réunion, mes amis d’enfance, ce côté familial, chaleureux, solidaire que je ne retrouve pas à Paris… Mais c’est un manque que je surmonte beaucoup plus facilement que celui de la famille proche".

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"Une ouverture d’esprit, une curiosité, plus de tolérance, la capacité de ne pas juger de manière négative les gens qui sont différents de moi. Au contraire, j’essaie de m’enrichir de ces différentes cultures, de ces différentes pensées. Evidemment je n’oublie pas ce que je suis intrinsèquement, je n’oublie pas d’où je viens, je n’oublie pas les valeurs que l’on m’a inculquées et auxquels je crois, mais c’est vrai que les rencontres avec des personnes d’autres milieux, d’autres cultures, me font évoluer... J’essaie de prendre ce qui me semble bon à prendre".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"J’avoue que je ne m’informe pas beaucoup sur ce point, mais de ce que je vois au cours de mes vacances, c’est que notre situation économique n’est pas enviable. Le taux de chômage reste très élevé depuis des années, les familles vivent souvent d’allocations de toutes natures. Je ne sais pas si c’est l’esprit d’entreprise, l’ambition qui manque, ou si l’île souffre simplement de sa situation géographique, de ses ressources naturelles modestes, d’un statut administratif à faire évoluer ? Je ne sais pas".

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

"L’avantage : on m’a souvent attribué une qualité de "courage incroyable" à chaque fois que j’ai été amenée à dire que j’ai grandi à la Réunion et que je suis partie à 18 ans pour mes études. Je passe pour une fille très forte, très solide. Et puis généralement, les gens m’ont souvent montré beaucoup de "sympathie" du simple fait que je venais de la Réunion, ou plutôt d’une île, selon eux, paradisiaque !
Les inconvénients : certaines personnes ont cet à priori sur les "filles des îles", qui fait qu’ils ne vous accordent pas beaucoup de crédit au départ, sous prétexte qu’en dehors d’avoir un physique exotique plutôt agréable, vous devez être du genre "doucement le matin, pas trop vite l’après midi". Vous avez parfois droit à des remarques désagréables de personnes surprises de constater que vous travaillez aussi vite qu’elles et que vous vous investissez à fond dans votre boulot ! "

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"Oui, j’ai des amis réunionnais, pas énormément mais ceux là sont précieux. Pour moi, il est important d’avoir ces personnes avec qui je peux parler créole quand j’en ai envie, avec qui je peux me retrouver autour d’une table pour manger un bon cari, avec les mains, comme j’ai toujours eu l’habitude de faire chez moi. Dans ces moments là je retrouve la chaleur de la Réunion, même si en réalité il fait 5° dehors ! Et puis ce sont les seuls qui peuvent vraiment comprendre ce que je ressens quand j’ai mes moments de blues, de nostalgie, quand je souffre trop de ne pas avoir ma famille à côté de moi"

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"Elle est plutôt positive dans le sens où elle fait rêver. Souvent les gens me demandent sérieusement ce que je fais ici, alors que je viens "d’un pays où il fait bon vivre". Ils ont du mal à comprendre qu’on puisse quitter une "île paradisiaque" pour vivre à Paris. Bien sûr, je rencontre aussi des personnes qui ont une perception très "cliché" de la Réunion, mais qui en parlent sans jamais y avoir mis les pieds, sans jamais s’y être intéressés réellement…"

Vous-même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

"Paris est une ville cosmopolite. On y rencontre "de tout" par conséquent. C’est aussi ce que j’aime, rencontrer des gens qui viennent de tous horizons, qui vous parlent de leur pays, qui vous initient à leur culture, par le biais de la musique, de la cuisine, par exemple... C’est une ville magnifique, d’une richesse architecturale et culturelle inouïe. J’ai l’impression de toujours découvrir des coins incroyables, d’avoir l’embarras du choix pour faire des sorties sympas, que ce soit un simple resto avec des amis, des soirées chez les amis d’amis, ou un ciné à n’importe quelle heure de la journée, une expo, un concert, etc. J’aime Paris et la vie à Paris avec ses bons et ses mauvais côtés !
Le mauvais côté qui me dérange le plus, c’est l’indifférence, l’absence d’intérêt des gens les uns envers les autres : ils ne se regardent pas, réfléchissent à deux fois avant de s’adresser la parole, ne sourient pas. Ils ont toujours l’air surpris, voire méfiants quand vous leur parlez. Je parle des gens que l’on croise dans la rue, dans les transports en commun. En dehors de cela, pris individuellement, il y a des gens biens et des gens moins biens comme partout. J’ai eu de la chance de rencontrer des gens très biens ici, qui m’ont beaucoup aidé, que ce soit de manière affective ou de manière plus "matérielle" pour trouver un logement, par exemple..."

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

"Je pense qu’il est très formateur, très enrichissant de quitter la Réunion provisoirement, que ce soit pour un an ou plus. C’est une expérience qui permet d’avoir un certain recul, un regard critique sur la Réunion et la vie là-bas. Vivre à l’étranger ou en métropole pendant un certain temps, cela vous donne un point de comparaison qui est nécessaire pour mieux mesurer ce qu’on a chez nous et ce qu’on est, pour prendre conscience des avantages et des inconvénients de la vie insulaire. Tout simplement, j’ai envie de dire que c’est bon de rencontrer des gens différents, des gens qui ne vivent pas comme vous et qui ne pensent pas comme vous. Ca ne peut être qu’une bonne expérience personnelle, même s’il faut avoir conscience, que ce n’est pas facile, et qu’il y a des galères. Mais je pense qu’on en sort grandi".

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

"Très bien ! Il permet de reprendre contact avec des personnes qu’on a perdues de vue. Et puis c’est encourageant pour des jeunes Réunionnais qui hésitent à partir, de voir que certaines personnes partent et réussissent à l’autre bout du monde !"

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