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L’île de Nosy-Bé : une ancienne halte sur le tracé de Vasco de Gama


Nosy-Bé est au centre des échanges économiques, politiques et socio-culturels dans l’océan Indien… L’île abrite aussi un fort des Portugais dans le nord du Canal du Mozambique.


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Lors d’un tour de l’île de Nosy-Bé que j’avais réalisé en bateau rapide en juillet 2005, le capitaine m’a montré un Fort peu connu même des malgaches, juste à proximité de Hell-Ville, appelé « Le Fort des Portugais ». Ce fort doit dater du XVIème siècle à mon sens.

Il ne faut pas oublier que depuis la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb le 12 octobre 1492, le voyage vers l’Inde de Vasco de Gama en 1502, et le tour du monde presque inachevé de Ferdinand de Magellan en 1521, deux puissances européennes se sont partagées le monde : L’Espagne du « Siècle d’Or » des Rois catholiques Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, puis de Charles Quint et de Philippe II, et le Portugal, depuis Henri le navigateur et ses héritiers. Le pape Alexandre VI avait même cautionné les conquêtes de ces deux puissances impériales coloniales naissantes, par le Traité de Tordesillas en 1494, et concrétisée en 1528. Ce traité partageait le monde en deux. La rencontre entre les peuples du Vieux et des Nouveaux Mondes va donner lieu ensuite à la première mondialisation et au premier choc culturel et cultuel, dès le XVIème siècle.

En ce qui concerne l’océan Indien, il tombait dans la partie portugaise. Ce sont majoritairement les navires portugais qui sillonnaient cette région, en tout cas, au XVIème siècle. Au XVIIème siècle par contre, l’Empire portugais, qui couvrait théoriquement tout l’océan Indien, à vouloir trop s’étreindre, se laissera grignoter par d’autres puissances coloniales, les Pays-Bas, l’Angleterre et la France.

A mon sens, deux hypothèses sont possibles pour expliquer la présence de ce fort des Portugais dont les ruines sont encore visibles sur Nosy-Bé :

1) Des corsaires ou des pirates portugais se sont réfugiés sur l’île de Nosy-Bé mais ils n’ont laissé aucune trace écrite. L’histoire l’a, peut-être, ignoré même si tout cela reste hypothétique de ma part.

2) Des galions portugais officiels prenaient cette route maritime du canal du Mozambique, longeant dans ce cas l’ouest de Madagascar, pour rejoindre leurs comptoirs en Inde, en utilisant les vents de mousson d’été, à partir du nord de Madagascar. Ils évitaient à mon sens, et logiquement, les vents des alizés et la navigation dangereuse sur la côte est de Madagascar qui était rendue très aléatoire, du fait d’une forte houle de cyclones, de tempêtes, et de manque d’abris sûrs. Le fort des Portugais sur Nosy-Bé, en plein nord du canal du Mozambique, leur permettait de faire une halte, peut-être sur la route tracée par Vasco de Gama en 1498. Cela reste ma deuxième hypothèse. En effet, si on prend en compte la carte montrant le partage du monde entre le Portugal et les Espagnols, voulu par le pape Alexandre VI, et concrétisé par le traité de Tordesillas en 1494, on se rend compte que la route maritime suivie par les navires de commerce (caravelles et galions) portugais était la suivante : Les navires quittaient le Portugal (port de Lisbonne), passaient par les îles Canaries, puis longeaient la cote ouest de l’Afrique, en y faisant escale au Cap-Vert, au Côte de l’Or, dans le comptoir de l’Angola, puis doublaient le Cap de Bonne Espérance, rentraient dans le canal du Mozambique, arrivaient au comptoir du Mozambique, passaient entre les Comores et Madagascar, pour enfin mettre le cap vers les Indes orientales, où le Portugal avait des comptoirs notamment Goa, Calicut, Malacca, Macao, Philippines et les îles Moluques. Donc, sur cette route maritime portugaise tracée depuis le XVIème siècle, les navires faisaient escale à Nosy-Bé. Les Portugais allaient chercher des esclaves et de l’ivoire en Afrique, des épices et de la soie aux Indes Orientales. D’où la présence du Fort des Portugais isolé, peu connu, des nosybéens eux-mêmes. Sinon comment expliquer la présence de ce fort toujours existant et que j’ai eu l’occasion de voir en 2005 ? En effet, ce fort est un peu caché par la baie d’Hell-Ville. Il faut vraiment faire le tour de l’île pour le voir.

Plus tard, au XIXème siècle, des boutres arabes et indiens feront la même chose. En tout cas, les Portugais étaient bien présents dans le canal du Mozambique et dans l’océan Indien entre les XVIème et les XVIIIème siècles, prenant la place des arabes, des Indiens et des Chinois, qui eux aussi, bien avant les Portugais, étaient présents, et faisaient du commerce avec les côtes et îlots de l’Est africains. Juste pour la petite information, il ne faut pas oublier qu’une autre route maritime des Portugais existait. Elle concernait les galions qui voguaient sur l’océan Atlantique, en direction du Brésil (découvert par Cabral), pour aller chercher du bois et du sucre, dans le but de ramener ces produits vers l’Europe. C’était dans le cadre de la traite des esclaves et du « commerce triangulaire ».

TAMIM KARIMBHAY

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