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Pascal Han-Kwan, graphiste 3D sur des films d’animations


Adama (premier long-métrage entièrement fabriqué à la Réunion), 108 Rois-Démons, Gus petit oiseau grand voyage... quelques uns des films sur lesquels a travaillé Pascal. A 28 ans, ce Tamponnais installé à Paris fait partie d’une génération de graphistes réunionnais qui travaillent sur des projets internationaux.


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Pendant une journée à thème à Pipangaï au Port en 2014

Pouvez-vous vous présenter ?

Pascal Han-Kwan. 28 ans. Tamponnais à Paris. Intermittent du spectacle dans le beau monde du cinéma d’animation. Entre deux jobs pour l’instant, chômeur :) Pour éviter qu’on ne me jette la pierre trop vite et parce que c’est bien d’expliquer comment ça marche, un peu de backtracking...

Dans la vie professionnelle depuis près de cinq ans, je suis graphiste 3D, un terme bâtard qui regroupe une multitude de spécialisations plus spécifiques les unes que les autres. Ainsi, j’ai pu commencer par du modelling (sculpture sur ordinateur de personnages, décors ou accessoires) et du texturing (mise en couleur, coloriage des sculptures virtuelles), j’ai plus tard bifurqué vers du grooming, c’est-à-dire du design de coiffures de personnages, du coiffage de poils sur des oiseaux ou encore sur des peluches et dernièrement je me suis concentré sur la simulation de vêtements, ou comment recréer le plus naturellement possible un mouvement de tissu sur un personnage animé, par exemple retranscrire le volume d’un pull qui se déforme sur un bras qui se plie et se tend.

Quel a été votre parcours de "mobilité" ?

Avec ce métier de graphiste en tête pendant mes (tranquilles) (et belles) années de lycée, il était clair que les formations les plus intéressantes se trouvaient hors de l’île. Ça, couplé à une grosse envie de devenir plus indépendant et libre, c’est ce qui m’a poussé à bouger de la Réunion. Avec l’aide financière du Département et des parents, j’ai pu intégrer deux écoles de 3D à Montpellier (Ecole des Arts et Métiers, ESMA) : des cycles de 2 ans puis de 3 ans au terme desquels j’ai co-réalisé deux courts métrages, dont le dernier, Get Out, a reçu pas mal de prix et de sélections dans différents festivals à travers le monde, me permettant notamment de faire un tour du côté de La Corogne en Espagne ou jusqu’en Russie à Saint-Pétersbourg.

Parlez-nous des films sur lesquels vous avez travaillé.

108 Rois-Démons est un film sur lequel j’ai beaucoup aimé travailler, mais je ne pense pas qu’on puisse le qualifier de gros projet. Certes, le mélange de techniques (acteurs live dont la tête est en 3d sur des décors en 2d) est original mais le film reste un film d’auteur, personnel sur le propos.

Sur des films comme les 108 ou Adama, les retombées médiatiques et financières puisque c’est un critère fondamental de notre chère société, sont assez éphémères et minimes. La faute à la cible visée, la faute à une mauvaise ou inexistante campagne publicitaire.

Gus, petit oiseau grand voyage a connu une fortune un peu différente en s’adressant à un public très jeune et en offrant un voyage initiatique assez formaté et sans réelle saveur. Mais qui paradoxalement a plus parlé et à plus grand nombre de spectateurs.

Quels sont vos projets ?

Professionnellement, j’aimerais avoir le choix de ne pas travailler pour les trop grosses boîtes assez impersonnelles finalement et pourquoi pas, trouver quelque chose en dehors de Paris. Une piste pourrait notamment me mener prochainement en Hongrie, pour un projet qui devrait avoir une visibilité au niveau international. J’aimerais bien choisir mes projets à l’avenir, pour ne pas participer à des films qui ne me touchent pas personnellement, mais la réalité est un peu moins rose, puisque j’ai travaillé et je travaille en ce moment sur des publicités dont l’unique but est de faire vendre de la bouffe de fast-food ou des peluches de mauvais goût.

Et au niveau personnel ?

J’ai repris la peinture à l’huile depuis... que j’ai commencé à travailler. C’est toujours un loisir auquel je m’adonne sans compter les heures et que j’apprécie véritablement. C’est pour ça que je vais continuer d’explorer la carte et stocker suffisamment de souvenirs et de matière pour mes toiles, même si la Réunion reste ma principale source de paysages de par sa nature magnifique de diversité. Travail. Voyage, voyage. Plus loin que la nuit et le jour... Et peinture à l’huile. Pour résumer.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

L’expérience de la mobilité, c’est comme avoir le super pouvoir du SDF : on s’adapte peut-être un peu plus facilement et un peu plus rapidement aux nouveaux environnements, tout en gardant au fond du crâne l’endroit d’où on vient et qu’on aime à retrouver plus ou moins régulièrement. Venir de la Réunion, c’est toujours plus sexy que de venir du gris de Normandie par exemple. Mais l’aller-retour est plus coûteux :)

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Pas mal de t-shirts péi qui deviennent avec le temps des torchons à peinture péi. Mes savates. Une bouteille de rhum arrangé de mon pépé. Pas grand chose en fait. J’aime voyager léger, même si la Réunion me manque : ses jolis paysages, mon entourage, la cuisine, mon chien.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique sur l’île ?

En ce qui concerne le milieu du cinéma, j’ai été très heureux de participer au first ever long métrage d’animation exclusivement produit à la Réunion : Adama. Et le fait que ce projet en entraîne d’autres chez Pipangaï au Port donne un élan nouveau et bienvenu à l’industrie locale.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

C’est toujours une destination carte postale dans la tête des gens ici. L’Océan Indien tout autour, les plages, les cirques à parcourir... Même si généralement, ils en entendent parler dans les news à cause des requins ou des débris d’avion dernièrement. Et des cyclones. Et du Piton de la Fournaise.

Vous-même, quel est votre regard sur Paris et ses habitants ?

Les gens que je connais qui habitent Paris me sont sympathiques. Les voisins et commerçants du coin me sont sympathiques. J’ai moins d’interactions avec le flot de la population dans les rues ou dans le métro, mais qu’ils aient l’air blasés, indifférents ou souriants, j’aime me dire que ce sont de sympathiques personnes. Qui font vivre une jolie ville vivante. Et sympathique.

La région parisienne, c’est l’ouverture au monde. Celui du travail parce qu’il faut avouer que dans le métier, la plupart des boîtes de France se trouvent ici. Celui de la culture aussi avec la multitude d’expositions sur tout et n’importe quoi, les concerts, les festivals l’été, les bons petits restos qui offrent tous les types de cuisine et bien sûr les bars où l’on peut retrouver les potes et rencontrer du nouveau monde dans (l’ivresse de) la bonne humeur. Et c’est pas mal pratique pour bouger à droite à gauche en France même, en Europe et partout ailleurs. Une belle invitation au voyage en somme.


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