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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Ilona Sautron, étudiante en histoire à Toulouse

Ilona Sautron, étudiante en histoire à Toulouse


A 20 ans, elle a pour projet avec deux autres étudiants de créer une marque de maillot de bain qui reflète les valeurs et le mode de vie réunionnais.


Racontez-nous votre parcours.

Je suis originaire de Saint-Benoît où j’ai vécu toute ma vie. C’est une petite ville qui perd de son dynamisme, mal aimée par les jeunes ; elle a un potentiel qui n’est malheureusement pas exploité. J’ai toujours eu l’envie de voyager, de quitter ma petite île pour découvrir le monde et vivre dans une grande ville. J’ai sauté le pas après le bac, en me disant que si je ne partais pas maintenant, je ne partirais jamais. J’étudie l’histoire à Toulouse depuis deux ans.

Comment s’est passé votre arrivée en métropole ?

L’arrivée fut assez compliquée, surtout quand le moment fut venu de trouver un appartement ! Mais au final, tout s’est bien passé. Venir de la Réunion m’a été utile dans mes études d’histoire, surtout dans l’histoire de la colonisation et de l’esclavagisme. J’ai un autre regard que mes camarades, qui se placent souvent du point de vue des colons plutôt que de celui des colonisés. Et puis Toulouse est une ville très dynamique où les gens sont ouverts, sympathiques et surtout très festifs ! C’est une ville riche de petits entrepreneurs également, souvent jeunes, qui nous donnent beaucoup de conseils, de pistes et de bonnes vibrations pour notre projet.

Quel est votre projet ?

Avec mon équipe composée de deux autres personnes dont un Réunionnais, nous voulons créer une ligne de maillot de bain. Une ligne de maillots féminins aux accents tropicaux qui serait comme un étendard de l’identité réunionnaise, avec des coupes qui vont à tous les types de morphologie, des couleurs et motifs qui mettent en valeur toutes les carnations de peau et un univers qui découle du « way of life réunionnais » : sa simplicité, son métissage, sa fierté identitaire et son chill légendaire. Un questionnaire qu’on a mis en place est d’ailleurs une des premières étapes du projet (cliquer) : Merci à ceux qui prendront deux minutes pour y répondre !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Oui, c’est indispensable. Des amis que je connaissais déjà, qui m’ont présenté d’autres Réunionnais avec lesquels le courant est tout de suite passé car les références sont les mêmes. Aussi, quand je suis dans une salle de sport, un restaurant ou dans un lieu public avec des Réunionnais, d’autres créoles viennent nous voir, nous demander si ça se passe bien. Entendre des gens parler créole sans s’y attendre renforce le sentiment d’appartenance à une communauté. C’est ce que j’aime ici à Toulouse !

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Je ne l’ai pas apportée dans mes valises mais j’ai acheté dès mon installation une marmite à riz ! Ca me semblait indispensable d’en avoir une de bonne qualité étant donné que la base de mon alimentation est le riz. D’ailleurs, un ami métro pur-souche, invité à manger à la maison, a été perplexe devant le mélange riz-grains proposé : pour lui, c’était soit le riz, soit les grains... pas les deux en même temps !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

J’entends souvent que la Réunion se trouve dans les Antilles ! Mais aussi la polémique du requin, du chikungunya et le sujet du volcan reviennent beaucoup. Pour ceux qui connaissent ou qui n’ont pas de préjugés, la Réunion est un petit paradis !

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La possibilité de sortir dans un vrai coin naturel à tout moment. Ici je vis en centre-ville et à part les jardins municipaux, les grands coins de nature pure sont très rares. Il faut conduire au moins une heure pour aller à la campagne ou en montagne. La politesse aussi, aussi bizarre que cela puisse paraître, mais les métropolitains dans la rue vous bousculent sans dire pardon, ils marchent sans regarder où ils vont. C’est anecdotique mais je n’ai pas autant vécu ça à la Réunion.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

L’apprentissage de l’indépendance est bien sûr un point non négligeable de la mobilité, mais le plus gros apport a sûrement été la prise de conscience que je suis attachée plus que je ne le croyais à la Réunion, à ma famille et à toutes les valeurs de l’île. En métropole la mixité est présente, mais elle n’est pas aussi naturelle qu’à la Réunion. Ici, certaines personnes te font sentir que tu es différent, et par la suite tu te sens toi-même différent. Mais la différence est une bonne chose...

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Selon moi et mon partenaire réunionnais, les hommes politiques locaux se contentent de ce qu’ils ont et d’encourager la jeunesse à quitter l’île, au lieu de mettre en place des structures sérieuses et pertinentes pour que les jeunes restent sur l’île. Ils prennent le problème à l’envers et au fur et à mesure, les jeunes et même les moins jeunes se disent qu’il est plus facile de trouver du travail en métropole, ce qui n’est pas toujours le cas ! La petite oligarchie politique de la Réunion veut rester en place et n’ouvre pas assez ses portes à la nouvelle génération.


www.reunionnaisdumonde.com/r/19/Toulouse-MidiPyrennees (816 inscrits)

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