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Carnet de voyage d’un Réunionnais en Inde : retour aux sources


C’est un devoir de vous faire partager, mes frères tamouls, vous qui ne pouvez ou ne voulez renouer avec l’Inde notre mère, l’indicible bonheur de mon retour aux sources. De retour à la Réunion après ce premier voyage, j’ai pris conscience que j’étais et restais un Indien dans le sang et dans l’âme. Voilà pourquoi j’y retourne aussi souvent que Dieu me le permet... Un texte de N.GOVINDASSAMY extrait du site indeenfrance.com/reunion


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Govindassamy N.

L’Inde et sa civilisation millénaire ont toujours attiré les voyageurs depuis la nuit des temps. Cette fascination est encore plus évidente chez la population d’origine indienne. Un voyage au pays de nos grands parents ou de nos arrière grands parents est devenu une étape importante dans notre recherche identitaire...

Tout commença par un rêve fabuleux que j’avais fait la nuit précédente... Ce matin là, à mon réveil, je n’ai eu aucun mal à rassembler les détails de ce rêve qui s’imbriquaient les uns aux autres comme peuvent le faire les pièces d’un puzzle. J’étais en Inde, au pays de mes ancêtres : grands pères, grands mères, grands oncles, grandes tantes. Le genre de rêve dont on n’a pas envie de se réveiller...

Les jours passèrent, mais mes pensées étaient toujours captives de ce rêve. Inopinément, l’envie de le réaliser me prit. Ce fut en 1975.
Avec mon ami Christian M. pour lequel j’ai toujours eu une grande estime, nous décidâmes donc de partir en Inde. Pour de vrai, cette fois-ci ! Nous voilà effectivement partis tous les deux, valises à la main, passeports en règle pour un mois. Je passerai sur les détails du voyage qui ne se fit pas sans une certaine nervosité, sans une réelle anxiété.

Allons nous savoir nous débrouiller ? Pour ma part, je n’étais pas à mon premier voyage en avion. Je m’étais déjà rendu à Maurice, en France.
Mais l’Inde ! Ce pays, me disait-on, ("des gens bien intentionnés") où ne règne que misère, austérité, intolérance, vétusté, délabrement... Tout pour essayer de me décourager. Ce fut en vain.

Les lumières de Bombay nous sortirent de notre impatience fébrile. Nous quittions l’aéroport pour l’hôtel. Quelle ne fut pas ma surprise de voir autant de vie à une heure aussi avancée de la nuit ! Des rues animées de mille couleurs grouillaient d’Indiens évoluant dans un brouhaha auquel je n’étais pas habitué. J’en étais sidéré.

Nos voici dans le hall de l’hôtel. Devant autant de somptuosités, le mortel que je suis ne pouvait qu’être émerveillé. Après avoir longé un corridor magnifiquement tapissé, nous gagnions notre chambre, luxueuse elle aussi. Après une douche bien méritée dans une salle d’eau toute habillée de marbre, je savourais le moelleux de la literie. Ne trouvant pas le sommeil (malgré le confort), je me retrouvais accoudé à la fenêtre, trépignant d’impatience à attendre le jour se lever. En bas, la rue m’offrait un étonnant spectacle ; un important trafic de camions, voitures, charrettes, scooters, minuscules voitures jaunes et noires dotées d’un guidon "arto" (que les puristes m’excusent pour l’orthographe) s’accompagnait singulièrement à qui mieux mieux d’innombrables coups de klaxons.

Au petit matin, Christian et moi nous nous retrouvions dans le hall qui nous avait tant émerveillé à l’arrivée. Mon voeu le plus pieux était de me rendre avant tout au temple de Kanchikâmatchy à Kanchipuram. Il m’est difficile de résumer en quelques lignes la diversité et l’intensité des sensations éprouvées lorsque je franchis le seuil de ce temple toujours vivant de ces brahmanes et fidèles et j’imagine sans peine mes ancêtres foulant de leurs pieds, baisant de leurs lèvres ce sol sacré qui les menait aux statues de Shiva, Vishnou, Ganesh et autres divinités.

Cette présence conjointe de l’immuable, de la stabilité que représente la pierre taillée et sculptée il y a des siècles et des siècles et de ce bouillonnement de vie que représente ce cortège incessant d’indiens qui viennent se prosterner devant l’Etre Suprême.

Cette impression, je l’ai aussi ressentie en percevant le caractère tout autant inébranlable qu’extraordinairement vivant de la tradition hindoue. Inébranlable par ses aspects plurimillénaires toujours présents et d’une vie extraordinairement guidée par la foi imprégnant la vie quotidienne des Hindous réglée comme les aiguilles d’une montre, et ce, depuis la nuit des temps. C’est ici, dans ce temple, que j’ai appris que point n’est besoin d’offrir leplus beau cabri, leplus beau panier de fruits et de fleurs, puisque tout appartient à Dieu : nous ne pouvons que lui offrir notre humilité.

Le coeur débordant d’une émotion indescriptible, nous regagnions l’hôtel où nous attendait un déjeuner des plus traditionnels. Après s’être rassasiés, nous allions en promenade dansla ville. Ca et là, boutiques de luxe et échoppes se côtoient sans la moindre hésitation de conscience. Sur les trottoirs, toutes les classes sociales confondues y compris un grand nombre de mendiants se croisent le plus normalement du monde dans une sorte d’indifférence... Et toujours ce tohu-bohu de klaxons qui m’amuse comme un grand enfant que je suis.

Durant ce premier séjour, les occasions d’apprécier la culture et l’art de vivre indien ne manquèrent pas. Que ce soit le travail de la pierre transformée en véritable dentelle, les tailleurs et sculpteurs de statues représentant les multiples divinités hindoues, les fresques taillées à même les falaises rocheuses, la tranquillité des petits villages dont les murs des maisons sont construits en torchis, j’ai comme l’impression d’y avoir toujours vécu (sans doute dans une vie antérieure), que ce soit aussi la grâce naturelle que chaque femme exprime dans les gestes les plus quotidiens, la simplicité et l’hospitalité des gens les plus ordinaires, leur courage, leur noblesse d’esprit confèrent à mon séjour une saveur authentique. La liste pourrait s’allonger mais il faudrait y consacrer un livre. J’avoue ne pas avoir l’étoffe d’un écrivain si modeste soit-il.

De retour à la Réunion après ce premier voyage, j’ai pris conscience que j’étais et restais un Indien dans le sang et dans l’âme. Voilà pourquoi j’y retourne aussi souvent que Dieu me le permet : 2 à 3 fois l’an et cela depuis 10ans que je suis retraité. Mes périples sont de merveilleux souvenirs que je partagerai un jour avec mes petits enfants.

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saddhus

Il me vient en mémoire mon voyage à Bénarès : la procession des saddhus rassemblés par milliers pour un grand bain sacré dans le Gange. Vishnouistes, Shivaistes, Nagas nus à l’allure martiale fut un choc tant il se dégageait de ces êtres dont la vie est entièrement tournée vers Dieu, une impression de puissance.

Dans tous les lieux de pèlerinage où j’ai eu le bonheur d’aller, l’expression de la joie des pèlerins m’émouvait profondément. Une joie simple, naturelle imprégnait chaque geste quotidien en laissant transparaître sa dimension spirituelle. Des fleurs rivalisant de couleurs et de parfums énivrants sont offertes aux divinités, marquant l’empreinte d’une dévotion débordante.

Une impression de paix se dégage de ces pèlerins issus de toutes les régions. Et toujours, cette lumière dans les regards, ces sourires si présents sur les visages, cette sensation de bienveillance naturelle. Ce qui m’est particulièrement agréable lorsque je suis en Inde, ce sont les rapports établis avec les Indiens. Malgré les rudiments de mon "tamoul", lorsque les mots me font défaut, un élément majeur est toujours présent : la lumière des regards et des sourires, langage universel de la communication.

Je garde en mémoire un pèlerinage au temple de Tiroupaty. Les pèlerins, hommes, femmes, enfants y font la queue sur des centaines de mètres pour se faire raser le crâne : signe de pureté. Ici aussi, j’ai compris la vraie valeur de l’hindouisme. On ne peut donner que ce qu’on a. Et compte tout est à Dieu, on ne lui donne pas grand chose... A méditer.

C’est le devoir de vous faire partage, mes frères tamouls réunionnais, de quelque confession que vous soyez, vous qui ne pouvez ou ne voulez renouer avec l’Inde, notre mère l’indicible bonheur de mon retour aux sources. Et pour ponctuer ma conclusion, je terminerai sur les vers d’un poême de Rabindranath Tagore, grand penseur et humaniste indien qui a contribué à la culture de l’Inde moderne, notamment par la musique, conscient de la solitude existentielle de l’homme du XXe siècle :

"Si personne ne répond à ton appel

Va ton chemin, seul

Si tous sont muets. O toi l’orphelin

Si tous sont remplis de peur

Alors le coeur ouvert

Et d’une vois sans peur

Dis la vérité tout seul."

Un texte de N.GOVINDASSAMY extrait de la revue SANGAM de Nov. 2001 avec l’aimable accord de publication du DR CHANEMOUGAME sur le site indeenfrance.com/reunion


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