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Arianne Saliou, 22 ans, travaille dans la promotion touristique à Tahiti


Diplômée de Sciences Po Toulouse, Arianne a pour objectif de devenir journaliste. Après un intermède professionnel à Tahiti, cette originaire de Bras Creux entamera bientôt un Master de journalisme à Brisbane en Australie. Son objectif avoué : « dévorer le monde ».


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Arianne Saliou
Arianne à gauche, lors d’un forum de promotion hôtelière en Polynésie.

D’où êtes vous à la Réunion ?

"Je viens d’un petit quartier des hauts du Tampon, Bras Creux, où j’ai passé une enfance plutôt paisible avec mes deux frères. J’ai suivi ma scolarité au lycée Boisjoly Potier du Tampon. Mes parents ont beaucoup fait pour que l’on vive correctement et nous ont inculqué la valeur du travail et de l’argent. Je leur dois beaucoup sur ce point".

Dans quelles conditions avez-vous été amené à quitter l’île ?

"A 17 ans, le Bac en poche, je voulais dévorer le monde. Je me suis retrouvée à Toulouse, Sciences Po, au milieu de personnes que je considérais comme à l’opposé de mes amis de l’île. Je n’avais fait ni prépa, ni études et ils me paraissaient vraiment plus cultivés et surs d’eux. Finalement ils étaient aussi terrifiés que moi".

Parlez-nous de vos études.

"J’ai passé mes deux premières années à découvrir les bonnes facettes de la Ville Rose et de ses habitants, foie gras et magret compris. Puis je suis partie un an en mobilité : 5 mois de stage en journalisme à RFO Polynésie et 6 mois de cours de journalisme à Bathurst, une ville voisine de Sydney en Australie. Cette expérience m’a beaucoup aidé à relativiser les distances et l’éloignement. Tout est viable même, si on a des coups durs !"

Quels sont vos projets ?

"Actuellement je profite de mon expérience professionnelle à Tahiti. Une fois diplômée, je voulais faire une pause avec les études. Néanmoins je vais reprendre un master en journalisme en février. Cette fois-ci, ce sera à Brisbane en Australie, qui est mon pays d’adoption depuis un séjour chez une amie lorsque j’étais en troisième".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"Coz créol, tri brède, march dans les hauts ; comme beaucoup d’expatriés, la culture de mon péi m’apparaît d’autant plus forte surtout quand je suis en contact avec les autres modes de vie. La façon dont j’ai été élevée, le moukatage et la façon dont on cuisine, partage, danse, tous ces éléments me manquent. Mais je parviens à combler ces manques dans la découverte des autres. En Polynésie j’ai retrouvé beaucoup de choses qui ravivent mon identité, que ce soit manger avec les mains, le rapport à la famille ou à la nature".

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"De l’indépendance, même si financièrement j’ai encore besoin de ma famille. C’est au niveau mental que cela joue. Après, les rencontres n’ont fait qu’agrandir ma soif de curiosité et les drôles de parcours que la vie tisse".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"Je suis assez optimiste. Je sais qu’il y a le problème du chômage, de la démographie galopante et de la « dépendance » des investissements extérieurs, mais je suis convaincue des ressources de l’île, qu’elles soient matérielles ou plus symboliques. La qualité de l’accueil est indéniable. Il y a des niches dans le tourisme : les hauts présentent des opportunités sur le développement d’un tourisme plus authentique, d’aventure ou même d’un tourisme « roots chic » (un établissement de spa dans les cirques ?). Je pense que les Réunionnais fourmillent d’idées. Il nous manque juste la confiance en soi et le cran de sauter le pas !"

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

"C’est une chance : je viens d’un pays qui est l’idéal d’équilibre socioculturel auquel les hommes peuvent aspirer. Avec son côté bancal bien sur, mais tout de même harmonieux. Je revendique cela, être de la Réunion excite les curiosités. J’attire avec ce cliché tropical, mais je tente de redonner une image plus concrète, parfois moins idyllique. Ma couleur, c’est ma carte de visite pour vendre une île métisse ; je n’ai jamais souffert de cela. Tant que le discours est assumé et assuré, les gens voient en vous la richesse que vous constituez. Il n’y a pas à complexer où à voir le racisme partout. D’ailleurs, je déteste la victimisation abusive".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"J’ai des amis d’enfance, des amis de France, compagnons de galère métropolitaine, j’ai des amis de Tahiti, expatriés retrouvés ou Réunionnais d’adoption échoués dans le Pacifique ! Les Réunionnais sont plus nombreux et plus voyageurs qu’on ne le croit, votre site le prouve !"

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"A Tahiti, il y a l’agaçante confusion avec les Antilles c’est sûr, mais de part les unions inter-îliennes, beaucoup de Polynésiens connaissent de plus en plus notre île, sa cuisine et ses particularités. Il y a une grande solidarité entre les originaires d’outre mer. En Australie, la Réunion est quasi inconnue, mais dès que l’on cite Maurice, les regards s’éclairent. Ca fait quand même plaisir de voir que l’on peut situer géographiquement notre bout de basalte !"

Vous-même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

"La Polynésie est très contrastée, entre le modernisme galopant de sa capitale Tahiti et les régions périphériques qui se vident de leurs habitants. Là bas la vie est totalement différente, reposante, authentique. Mais partout, le retour à la culture est fort, de part les interdits qui ont longtemps pesé. C’est en beaucoup de points similaire à notre histoire. C’est une petite part de l’histoire de France qui gagnerait à être connue !"

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

"Bouge azot marmay ! Je sais que les obstacles paraissent colossaux, mais les voies sont facilitées alors il ne faut pas hésiter. L’étranger est à notre portée et les expériences là-bas sont plus originales et peut être moins traumatisantes finalement !"

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

"Génial, surtout pour retrouver des anciens amis ou des parcours insolites ! Ca motive pour la suite…"

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