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Accueil > Article paru dans le Journal de l’île de la Réunion du 7 mars 2010

Article paru dans le Journal de l’île de la Réunion du 7 mars 2010


Extrait de l’interview de Laurence Pourchez, anthropologue, maître de conférence en études créoles à l’université de la Réunion : “Il y a bien une réunionnité, ce n’est pas une légende”.


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Le JiR : Entre l’envie d’être dans le monde, d’ingérer le monde, et celle de garder son identité, comment faire, dans une île comme la Réunion ?

Laurence Pourchez : C’est une évidence que nous sommes dans un processus de village global. De même qu’il y a un attrait important pour l’extérieur. A la Réunion, je pense qu’on a longtemps souffert du syndrome de la goyave de Chine... de France, une époque où les gens étaient intimement persuadés que tout ce qui venait de l’extérieur était mieux. C’est toujours un peu le cas d’ailleurs.

Mais le Dipavali, par exemple, n’est-ce pas une réinvention de ce syndrome, qui serait cette fois "goyave de l’Inde" ?

A cette différence près que le Dipavali est en train de devenir une fête reconnue par tous les Réunionnais comme la leur. C’est un phénomène anthropologique intéressant. Mais c’est légitime que l’on passe de la goyave de France à la goyave de l’Inde. C’est normal que les gens aient envie de retrouver leurs racines. Il y a eu le même attrait pour Madagascar, et plus récemment, pour l’Afrique. C’est légitime et ça panse des plaies. On est quand même issus d’un passé violent. Il y a des réparations qui ont besoin de se faire.

Alors comment concilier le dedans et le dehors ?

Mais le village global et l’identité locale ne se complètent pas mal. L’association Réunionnais du Monde par exemple, symbolise bien ça : elle va dans le sens de l’ouverture aux autres avec des gens qui se revendiquent Réunionnais. Ca montre bien qu’il y a une réunionnité, une fierté d’être Réunionnais.

Quand je présente la Réunion, je dis souvent aux gens : la Réunion, pour moi c’est un millefeuilles avec des réalités toutes aussi importantes les unes que les autres, présentes au même endroit, superposées. Et on ne pas réduire la Réunion à une seule feuille. Un millefeuilles, pour qu’il soit bon, il faut toutes les feuilles, les couches de crème au milieu et le sucre au-dessus.

C’est la feuille malbar, la feuille chinois, la feuille zoreil... ?

Ca va dépendre des gens. Chaque individu a sa manière de faire sa petite cuisine. Les gens se présentent la plupart du temps comme Français, comme Réunionnais ensuite, ou parfois d’abord comme Réunionnais, et le fait d’être tout ça à la fois n’empêche pas de revendiquer des racines indiennes, malgaches, ou les deux... Mais il y a bien une réunionnité. Ce n’est pas une légende.

Concrètement, ça se traduit pas quoi, la langue, la cuisine ?

C’est l’ensemble du patrimoine culturel, le tronc commun de tout ce qui est partagé par tout le monde. La cuisine, la langue mais aussi les savoirs liés au corps, les utilisations de plantes pour la tisane, la manière réunionnaise de pratiquer la religion, les contes, les proverbes, la littérature orale, la "surnature", de Granmerkal aux bébèt la nuit, l’importance des boutiques dans le vécu...

Cette culture est-elle en danger ? Ou alors aurait-on, au contraire, une capacité à "réunionniser" les éléments culturels venus d’ailleurs ?

C’est exactement ça. On sait très bien créoliser les choses. Exemple : les graphes, les tags, qui ne sont pas particulièrement réunionnais à la base, mais si on étudie la manère dont ils sont réinterprétés on trouvera des référents culturels typiquement Réunionnais. La Réunion a une capacité à ne pas absorber les choses telles quelles mais à les transformer, à les réécrire, à les reformuler. Alors la culture réunionnaise n’est pas en danger puisqu’elle est capable de s’adapter.

Entretien : David Chassagne

Lire l’interview complète sur le site de Clicanoo

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