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Petite leçon d’historiographie et d’épistémologie : histoire et esprit critique


Je souhaite terminer ce travail sur Nosy-Bé en soulevant un problème d’ordre épistémologique. Il est vrai que le sujet que je viens de traiter est un sujet d’étude qui touche à l’Histoire contemporaine, récente voire immédiate et qui s’inscrit donc un peu dans le cadre de l’Histoire du Temps Présent. J’ai pu constater au cours de mes recherches, et lors de l’établissement de la bibliographie, que ce thème sur Nosy-Bé, n’avait pratiquement pas été travaillé. L’Histoire de Nosy-Bé demandait donc une synthèse que j’ai essayée d’accomplir, en essayant de concilier le mieux possible, d’un côté, la passion du cœur et de l’autre côté, la démarche scientifique rationnelle. Ce n’était pas une chose facile, car il m’est évidemment très difficile de rester totalement objectif.


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Le champ d’enquête et les portes du chantier d’investigation sont encore largement ouverts à la recherche historique. L’histoire de l’île de Nosy-Bé et de ses habitants, s’inscrit aussi dans une approche anthropologique. Elle reste donc à écrire… et à réécrire. Toutes les thématiques et les problématiques restent demandent à être développées. Pour utiliser un langage métaphorique, si les champs laissés en jachère attendent depuis longtemps le renouveau des labours, nombreux sont les domaines qui attendent le premier essartage. Ces champs d’étude deviennent très captivants pour les chercheurs qui veulent explorer, défricher et s’aventurer par passion, à la quête de l’inconnu et des nouvelles trouvailles, vers des nouvelles pistes.

Au niveau historiographique, la démarche qui inscrit le sujet dans l’Histoire du Temps Présent, est en pleine mutation. Elle touche aux sources variables et aux résultats peut-être qui deviennent très vite obsolètes et éphémères. Néanmoins, cette démarche est très fructueuse, enrichissante pour ceux et celles qui veulent mettre leur passion et une partie de leur cœur, au service de l’Histoire et de la recherche universitaire.

Enfin, une dernière chose, que je tiens à dire quand même. Il n’y a pas d’histoires différentes et indépendantes des îles de l’océan Indien. Il y a une grande Histoire de l’océan Indien, dans laquelle s’inscrivent des histoires parallèles et interdépendantes des différents pays ou îles de l’océan Indien. Il y a une Grande Histoire coloniale de l’océan Indien, et non, plusieurs histoires indépendantes et isolées des différentes îles. Pour comprendre un petit point, il faut s’intéresser à l’ensemble d’abord, en prenant évidemment en compte le brassage des populations, les idéologies coloniales des puissances européennes, les flux de populations et les réseaux d’échanges maritimes, les choix politiques et économiques heureux ou malheureux, des différentes îles de cet océan, à un moment donné de leur histoire, le contexte international et les pressions décisionnelles des pays anticolonialistes, et enfin, la lutte d’hégémonies et les rivalités coloniales entre les pays européens.

Pour terminer par un exemple flagrant, on ne peut par exemple comprendre, le choix de la France et l’évolution statutaire, politique et économique de l’île de La Réunion qui en découle, sans chercher à comprendre l’histoire de Madagascar, mais aussi celles de l’Inde, de Maurice ou des Seychelles, sans oublier, celle de l’île de Nosy-Bé ou encore l’île Sainte-Marie, mais aussi le contexte international, et l’histoire des grandes rivalités pour la lutte d’hégémonie, entre les puissances européennes, des rivalités historiques, géostratégiques et géopolitiques incontestables, qui ne datent pas seulement du XXIème siècle. Ce sont donc, des destinées parallèles, mais surtout intercomplémentaires, pour la compréhension de l’histoire générale de l’océan Indien, dont les flots des vagues et les abysses, renferment à tout jamais les vrais secrets…

Vous savez mes chers lecteurs, l’Histoire, la Grande Histoire avec un H majuscule est souvent tronquée car elle est écrite par les vainqueurs comme disait Napoléon Bonaparte. Les Livres d’histoire sont remplis d’erreurs liées à la représentation mentale subjective ou des convictions politiques ou religieuses des héritiers des différentes civilisations qui l’ont emporté sur l’objectivité et la reconnaissance des mérites des différentes personnes restées à l’ombre. La raison d’Etat ou les prises de positions politiques ou religieuses liées à la domination des uns sur les autres l’ont souvent emporté sur les valeurs humaines et la reconnaissance du vrai mérite ! Les œuvres de nombreuses civilisations notamment n’ont pas forcément été reconnues ou ne l’ont été que très tardivement. D’autres ont été oubliées dans le secret de l’Histoire…Les exemples foisonnent dans l’Histoire. Je vais en prendre trois pour faire un petit clin d’œil (même si ce n’est pas le propos ni le but de mon ouvrage), à tous ceux qui ont fait peut-être la petite histoire ou la véritable grande Histoire à l’ombre de tous ceux qui sont à la lumière, et auxquels, les gens (historiens et chercheurs certainement politiquement engagés) ont oublié (par complaisance pour l’un ou par dédain pour l’autre ou encore et surtout par ignorance) de donner la reconnaissance avec le H majuscule, le titre de noblesse tant mérité, et qui ont été mis aux oubliettes de l’Histoire (pour le moment)…

On a souvent retenu, l’imprimerie de l’Allemand Gutenberg par exemple même dans les livres les plus savants et les encyclopédies portant sur l’Histoire de l’Humanité, alors que des siècles avant lui, vers le VIIIème siècle, les Chinois développent l’impression xylographique : l’écriture est sculpté à l’envers sur une planche de bois. Celle-ci est enduit de l’encre et posée sur une feuille de papier de riz : le texte est imprimé. Ce procédé peu coûteux est demeuré en usage jusqu’à l’apparition de l’imprimerie mécanisée au XIXème siècle. Cependant, dès le XIème siècle, Chinois et Coréens inventent les caractères mobiles (d’abord en terre cuite, puis en plomb, enfin en cuivre), ce qui représente un progrès immense. En Europe, il faut attendre le XIVème siècle : un Hollandais, Laurens Coster (mort en 1440), sculpte dans des cubes de bois les vingt-six lettres de l’alphabet. Ces lettres mobiles sont appelées caractères d’imprimerie. Ils permettent un nombre infini de combinaisons, mais ce procédé manuel reste très artisanal. Aux alentours de 1440, Gutenberg, de son vrai nom Johannes Gensfleisch, remplace les caractères en bois par des caractères métalliques. Il met au point la presse à bras et une encre qui permet d’imprimer les deux faces du papier. Quelques années plus tard, Gutenberg, le riche marchand Johann Fust et l’imprimeur Peter Schöffer s’associent pour fonder, à Mayence, la première imprimerie d’Europe. C’était sous la période dite de La Renaissance. L’Histoire n’a retenu que Gutenberg et les inventeurs asiatiques ont été mis aux oubliettes…enfin plus ou moins…

Autre exemple, sur l’océan Indien cette fois ci, il y a certainement de nombreuses corrections à apporter, n’est ce pas ? Quand, au XVIe siècle, les Européens avec Vasco de Gama et d’autres, firent irruption dans la mer indienne, ils y découvrirent un monde autonome et souverain, aux réalités insoupçonnées à cette époque, connu vaguement par des mythes, des légendes extraordinaires et des matières précieuses parvenues en Europe par des cheminements dont l’origine et les modalités restaient sombres. On sait que les Européens ont toujours rêvé de l’Asie. J’avais lu la thèse de Jacques Dars, publiée en 1992 sous le titre La marine chinoise du Xe au XIVe siècle par la Commission Française d’Histoire Maritime et l’article de Philippe Che. Et j’ai appris énormément de choses nouvelles qui remettent l’horloge de l’Histoire à l’Heure de la Vérité ! Sans doute, jusque-là, les instabilités et les appréhensions de l’histoire n’avaient pas épargné cette mer qui fut depuis la plus haute antiquité un lieu de rencontres et de confrontations entre des intérêts culturels et commerciaux, des incursions ou des migrations et flux de peuples, des impérialismes, entremêlés ou superposés. Les jonques chinoises et les boutres indiens sillonnaient déjà cet océan indien encore inconnu des Européens. Si l’apparition de la marine de guerre chinoise, et en particulier de la marine fluviale, remonte aussi loin que les débuts de l’ère chrétienne (dynastie Han), l’émergence de la Chine comme véritable puissance maritime, à la fois commerciale et militaire, date du Xème siècle après Jésus.-Christ. (dynastie Song qui a régné de 960 à 1278 et qui a été souvent comparée à la Renaissance européenne). La Chine était déjà en avance notamment avec la découverte de la boussole, l’imprimerie, un foisonnement lui aussi sans précédent de théories et d’inventions dans différents domaines : politique, mathématiques, astronomie, médecine, sciences naturelles, archéologie, arts, techniques. Ces progrès se confirmeront sous la dynastie mongole des Yuan (1271-1368). Les échanges entre Chinois, Persans, Indiens et Arabes, seront marquées par l’apogée de la cartographie chinoise, alors très en avance sur l’Europe et le monde arabe. Les Chinois connaissaient aussi déjà les portulans et cela sera marqué par l’essor de la marine commerciale mais aussi militaire sous les Song et les Yuan. Il existait en réalité, dès les Song, une multitude d’embarcation, de types et de tailles extrêmement variés. Chaque région possédait en fait selon le chercheur Philippe Che, ses types propres, correspondant aux conditions naturelles. Les deux types d’embarcations les plus dominantes sont la grande jonque de mer, fabriquée dans le Sud (Guangdong et Fujian), et le « bateau des sables » (shachuan), sorte de grosse péniche ventrue à fond plat, dépourvue de quille, et mue à la voile, comme la quasi-totalité des bateaux chinois, du fait du régime constant des vents de mousson. Les témoignages des voyageurs occidentaux en Chine sur la flotte chinoise mentionnent tous son importance. Marco Polo, au XIIIème siècle, rapporte que l’empereur de Chine, Koubilaï Khan, entretenait 15000 navires près de l’embouchure du fleuve jaune. Avant lui, Ibn Battûta mentionne lui aussi, des bateaux emportant mille hommes, six cents marins et quatre cents soldats, construits à Quanzhou et à Canton. Les plus grandes campagnes maritimes chinoises ont lieu au début de la dynastie mongole des Yuan, c’est-à-dire dans le dernier quart du XIIIème siècle, et au début de la dynastie Ming, dans le premier quart du XVème siècle. C’est un siècle et quelques années plus tard, de 1405 à 1433 exactement, que de nouvelles expéditions maritimes d’envergure, les dernières de l’histoire de la Chine, seront entreprises par les empereurs Ming vers le Japon, la Corée. Une fois cette flotte prête, l’Empire lance durant un peu moins de trente ans, sous le commandement de l’amiral Zheng He, sept expéditions de grande envergure. Il ne s’agit plus cette fois de simples conquêtes, mais d’opérations de prestige à caractère à la fois militaire, diplomatique et commercial. Ces expéditions, dont les principales escales seront le royaume de Champâ (actuel Viêt-Nam), Java, Sumatra, Malacca, Ceylan, les côtes indiennes, le Siam, Hormuz, Aden, Djeddah et les côtes de l’Afrique orientale, sont composées de soixante-deux jonques de haute mer géantes de cent quarante mètres de long, accompagnées de deux cents bateaux de taille moindre et de 30 000 soldats plus les équipages, les ingénieurs, les interprètes, etc. Cette entreprise sans précédent assurera à la Chine un prestige immense dans toutes les mers d’Asie orientale et dans l’océan Indien, et provoquera une expansion considérable du commerce maritime, et en particulier l’exportation de denrées telles que la porcelaine, les soieries, la quincaillerie de fer et de cuivre. La marine asiatique a toujours été présente dans l’océan Indien et même Vasco de Gama avait repéré des bateaux indiens sur les côtes africaines. Pour revenir à la marine chinoise, il faut dire que les expéditions de Zheng He marquent en même temps la fin d’une époque : confronté à des difficultés de tous ordres – concurrence de plus en plus vive des pirates dans le trafic maritime, puis des premiers navigateurs occidentaux, incursions répétées de peuplades nomades dans le nord du pays – l’Empire Ming adopte dès le milieu du XVème siècle une politique de repli, aussi bien sur mer que sur terre, et scelle la disparition définitive de la puissance chinoise sur les océans. Au XVIIIème siècle le père Bernardine, des missions portugaises, écrit qu’il existe tellement de bateaux que l’on dit communément que l’empereur pourrait établir un pont de bateaux entre la Chine et Malacca qui est à 500 lieues de distances. Au XIXème siècle les Britanniques estimaient qu’il y avait plus de 40 000 navires dans le seul port de Canton et ses environs. L’origine de la marine indienne quant à elle, vient de la civilisation de l’Indus datant de XXIVe siècle av. J.-C.. À l’origine, la flotte indienne est essentiellement d’exploration et commerciale. Le Rig-Veda écrit environ 1500 ans avant J.-C, crédite Varuna de la connaissance des trajets océaniques et décrit des expéditions navales. On y trouve la référence d’un vaisseau appelé Plava, qui donne de la stabilité au navire dans les conditions de tempête. La première référence connue d’une organisation de la marine en Inde ancienne date du IVème siècle av. J.-C., quand l’empereur Chandragupta Maurya crée un ministère des voies navigables. Les routes maritimes entre l’Inde ancienne et les pays voisins sont essentiellement commerciales, et responsables de l’influence de la culture indienne sur d’autres sociétés. Les différentes périodes Maurya, Satavahana, Chola, Vijayanagara, Kalinga et l’Empire moghol permettent le développement du commerce extérieur, en étendant l’influence indienne en Asie du sud-est. Louis Frédéric dans son livre sur l’Inde parle aussi beaucoup de la naissance puis de la propagation de la culture indienne. Les Européens ont découvert en fait et en réalité, des Mondes différents qui existaient en fait déjà et qui étaient déjà autonomes et même en avance parfois ! Les jonques chinoises et les boutres arabes et indiens sillonnaient déjà l’océan Indien avant les caravelles espagnoles et les galions portugais. Il ne faut pas que l’on oublie tout cela.

Autre exemple de falsifications politiques ou d’erreurs religieuses. Nous pouvons prendre le cas de Jeanne D’arc. Lors de la Guerre de 100 ans, Jeanne D’Arc fut jugée comme hérétique par le tribunal de l’Inquisition dirigé par l’évêque de Beauvais puis de Lisieux, nommé Cauchon. Les Anglais la remirent à la justice d’Église tout en déclarant qu’ils la reprendraient si elle n’était pas déclarée coupable d’hérésie. Son procès s’ouvrit donc à Rouen le 9 janvier 1431. Le tribunal ecclésiastique, présidé par l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, lui reprochait le port du vêtement d’homme (son armure militaire) qui tombait sous le coup d’une interdiction canonique, sa tentative de suicide (elle se jeta du haut d’une tour dans une tentative d’évasion), ses visions considérées comme une imposture et un signe de sorcellerie, et son refus de soumission à l’Église. Elle se défendit avec douceur et intellect tout au long de son procès et maintint avec détermination que ses voix ne l’avaient pas trompée. Le 24 mai 1431, au cimetière de Saint-Ouen, on lui notifia la sentence qui la déclarait coupable d’idolâtrie et d’apostasie. Elle avait le choix entre abjurer publiquement ses erreurs ou être remise au bras séculier de la justice. Dans un moment de peur et de faiblesse, Jeanne, qui avait résisté aux menaces de tortures, abjura. Condamnée à l’emprisonnement à vie, elle ne tarda pas à se rétracter, fut déclarée relapse et brûlée vive sur la place du Vieux-Marché de Rouen le 29 mai 1431. Charles VII alors roi de France (pourtant lieutenant de Dieu sur Terre), ne tenta rien pour la sauver. Toute cette mascarade était bien cautionnée par le Vatican et dont le bras droit fut l’Inquisition. Quelle cruauté ! Bien que la troisième prophétie de Jeanne (la reprise de Paris) se fût réalisée dès 1437, sa réhabilitation n’intervint qu’en 1456 au terme d’un long procès (procès en nullité du précédent). Elle fut ensuite béatifiée en 1909 et canonisée en 1920 par le pape Benoît XV. Quelle ironie ! La pauvre Jeanne la Pucelle qui devient une Sainte. Franchement, on ne veut nous montrer que ce que l’on a envie… et si on pouvait nous faire porter des œillères, on l’aurait fait. L’obscurantisme arrange beaucoup de gens et l’éveil ou le réveil des consciences dérange beaucoup…Pour revenir à Jeanne D’arc, l’Eglise l’a condamnée et l’a réhabilitée. Une église sainte Jeanne d’Arc, située au cœur de Rouen a même été inaugurée en 1979 pour se donner bonne conscience ? La question mérite d’être posée. Comme quoi les religions corrompent tout ! Elles ont faits la même chose avec Galilée. Galileo Galilée va publier un livre, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, qui expose sa théorie. La parution de cet ouvrage va provoquer la colère de l’Eglise, et l’homme de sciences sera contraint de se rétracter sous le poids du carcan ecclésiastique et d’abjurer ses pensées, pour éviter le sort réservé aux hérétiques et aux sorcières : brûler vif sur un bûcher. Assigné à résidence, il continuera ses travaux dans la clandestinité durant 9 ans, jusqu’à sa mort en 1642.

Tout est relatif et c’est en cela que les connaissances et l’esprit critique de doute méthodique sont nécessaires pour que le gouffre de l’ignorance s’estompe ! Vive la curiosité humaine et vivent la culture et les connaissances, et vive l’Humanité toute entière ! Car chaque civilisation est un syncrétisme et toutes les civilisations et sociétés même insulaires se complètent pour former le puzzle de l’Histoire de l’Humanité…

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