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Aurélie Lécolier, chargée de valorisation à l’Ifremer à Issy les Moulineaux


Originaire du Tampon, titulaire d’une thèse de l’université de la Réunion et d’un diplôme d’école d’agronomie, Aurélie est à 29 ans, cadre supérieur à l’Ifremer : Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Elle n’exclut pas de revenir travailler prochainement à la Réunion.


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Aurélie Lécolier

Racontez-nous votre parcours.

Je suis originaire du Tampon, de parents enseignants. Je suis partie juste après mon bac, obtenu au Lycée Roland Garros du Tampon. Il n’a jamais été vraiment question de rester sur l’île pour faire mes études. Les classes préparatoires qui m’intéressaient n’existaient pas encore sur l’île en 2000 et c’était l’occasion de partir découvrir autre chose.

Qu’avez-vous fait ?

J’ai décidé d’entrer en classes préparatoires BCPST (Biologie) et j’ai été prise au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. J’ai choisi le sud pour ne pas avoir trop de difficulté avec le climat. Je dois avouer avoir tout de même bien souffert en hiver ! Au bout de deux ans, j’ai été reçu au concours d’une école d’agronomie : l’ENSA de Rennes. J’ai alors découvert la Bretagne, son climat certes brumeux mais ses paysages magnifiques et ses habitants très sympathiques...

Et ensuite ?

Le cursus d’ingénieur m’a donné l’occasion de passer un semestre d’étude à Newcastle (Angleterre) au cours de ma seconde année. Puis au cours de ma dernière année, j’ai décidé de faire un stage à Montpellier où j’ai poursuivi en thèse. Le sujet portait sur les caféiers de la Réunion et le fameux Bourbon Pointu ! Inscrite à l’université de la Réunion, ma thèse s’est donc effectuée entre Montpellier et la Réunion, tout d’abord en étant basée en Métropole puis au cours de ma 2e année je suis revenue « au péï ». Après ma soutenance, j’ai continué avec un an d’ATER (Attachée temporaire d’Enseignement et de Recherche) à l’université de la Réunion.

Qu’est ce qui vous a conduit à votre métier actuel ?

Après réflexion, j’ai décidé de ne pas poursuivre dans la voie de la recherche à proprement parler. J’ai donc repris mes études sur Paris en suivant un « Mastère Spécialisé » pour acquérir les compétences qui me manquaient. Ce dernier m’a permis d’acquérir les bases de mon métier actuel : protection des résultats de recherche, négociation des contrats industriels, création d’entreprise… Je suis Chargée de Valorisation, c’est à dire que je fais le lien entre les scientifiques de l’Ifremer et les entreprises privées. J’ai été prise en stage à l’Ifremer, au siège social basé à Issy les Moulineaux (banlieue sud ouest de Paris), puis directement en CDD et enfin en CDI.

Quels sont vos projets ?

Continuer à me spécialiser dans mon domaine et acquérir le maximum d’expérience. Mon métier est encore très méconnu et il est actuellement en pleine évolution tout en prenant de la valeur. Il n’est pas impossible que je décide de rentrer à la Réunion dans quelques années en espérant pouvoir appliquer mes connaissances à la recherche locale et y faire évoluer le domaine de la valorisation (dépôt de brevet, préservation des intérêts des partenaires publics, transfert au monde industriel des projets dans les meilleures conditions…). A un niveau plus personnel, je souhaite aussi en parallèle continuer à découvrir le monde, de nouvelles cultures et de nouveaux paysages.

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

Un énorme enrichissement personnel et humain. Cela m’a été très utile pour me découvrir et m’assumer, mais aussi pour relativiser les références que j’avais. J’ai appris à écouter et à changer mes points de vue sur le monde, tout en restant moi-même. La Réunion est finalement un petit monde, et il est important de découvrir comment cela se passe autour. Au niveau professionnel, il est aussi très important d’apprendre en échangeant avec des collègues.

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Aurélie Lécolier
Sur la Grande Roue, en voyage à Vienne

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Le climat et les paysages… La possibilité d’avoir accès à la plage et à la montagne dans la même journée, de pouvoir se retrouver sous une pluie tropicale et 30 min plus tard sur une serviette à la plage. Cela me pèse aussi de ne pas voir régulièrement ma famille et de voir grandir les enfants de mes amis ou de mes cousins sur place.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

La Réunion est une terre de contrastes, confrontée à des problèmes comme le chômage. Mais elle dispose de beaucoup d’atouts et d’un fort potentiel qu’il faut continuer à exploiter. Les jeunes sont de mieux en mieux formés et compétents mais ils ne sont pas toujours bien encadrés pour se lancer ou pour réussir professionnellement. La situation ne bouge pas encore suffisamment rapidement de mon point de vue. J’ai cette impression que depuis mon départ, il y a toujours les mêmes personnes dirigeantes, la même routine qu’il faudrait briser. La Réunion pourrait se démarquer dans bien des domaines, comme l’environnement, la recherche, les énergies renouvelables et il faut supporter ces projets, et pas uniquement d’un point de vue financier.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Etre originaire de la Réunion n’a jamais été un inconvénient, bien au contraire ! Les gens sont toujours contents et curieux de rencontrer quelqu’un qui vient des îles. Le sujet de conversation est rapidement trouvé avec les nouvelles personnes, qui connaissent toujours plus ou moins cette île, ou des gens qui y ont habité.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Une très bonne image, même si parfois elle est un peu erronée. Les personnes mélangent très souvent les cultures des DOM alors qu’elles sont très différentes. On s’étonne encore régulièrement que je ne sois pas du type « métisse » quand j’annonce d’où je viens. J’ai eu rarement des échos négatifs de touristes qui sont allés à la Réunion pour des vacances ; ils souhaitent quasiment tous y retourner.

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Paris est un milieu de vie très particulier, purement « citadin ». J’ai eu un peu de mal à m’y adapter. Le rythme ne ressemble absolument pas à celui que j’ai connu dans d’autres villes comme Rennes, Toulouse ou encore Montpellier. Il y a énormément de choses à faire, à voir et à visiter mais le rythme de vie est parfois bien trop soutenu pour moi ! En ce qui concerne les Parisiens, finalement je ne connais que très peu de personnes qui ont grandi sur Paris. Nombreux sont ceux dans ma situation, c’est à dire arrivés pour leurs études ou pour démarrer leur vie professionnelle.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Voyager et partir de l’île ! Pour des vacances ou pour des études, qu’importe. C’est une expérience inestimable dont il serait bête de se priver, d’autant qu’il y a plus de facilités pour partir aujourd’hui. Venir de la Réunion est une richesse et il ne faut pas avoir peur de se lancer. De plus, il faut aussi profiter au maximum du statut « étudiant » qui ouvre de plus un grand nombre de portes et qu’il faut exploiter. Il faut profiter des études pour faire des stages à l’étranger et s’ouvrir au monde, même si on est persuadé de vouloir faire sa vie dans l’île. L’un ne va pas à l’encontre de l’autre.

De quelle façon pourriez-vous aider ces jeunes ?

Au vu de mon parcours professionnel et des multiples questions que je me suis posées, je peux si besoin en discuter avec des étudiants et répondre à leurs questions, en particulier les doctorants qui en ont souvent sur leur avenir professionnel. Travaillant à l’Ifremer, je peux aussi mettre en contact des scientifiques de l’Université avec des personnes travaillant dans les mêmes domaines.

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