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Marine Crochet, volontaire du progrès à Tananarive - Madagascar


Volontaire du progrès comme une dizaine d’autres Réunionnais en poste à Madagascar, Marine Crochet est l’une des actrices de terrain de la coopération régionale entre la Réunion et la Grande Ile. En un peu plus d’un an, la jeune femme qui se destinait à une carrière dans l’enseignement a découvert un autre monde et participe au programme de soutien du système éducatif malgache co-financé par le conseil régional.

Textes : Pierre Leyral - JIR Photo : William Childéric - Sakara Press


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Marine Crochet

“C’est important pour des jeunes de connaître ce genre de pays. Cela remet les choses à leur place. Quand on a tendance à égoïstement se plaindre de nos conditions de vie, face à des gens qui n’ont rien, on redescend vite sur terre”. Depuis son arrivée à Madagascar, en août 2005, Marine Crochet découvre une autre réalité à une heure d’avion de la Réunion. Volontaire du progrès, en poste à l’Alliance française de Tananarive, la jeune Réunionnaise s’est plongée corps et âme dans une aventure humaine riche de rencontres et d’enseignements. Ses premiers pas sur la Grande Ile, elle s’en souvient comme si c’était hier. “On se prend une grosse claque dans la figure. Au départ, je me suis dit que je n’allais pas supporter. Les gens vivent ici dans un tel dénuement que ça retourne les tripes. C’est un choc. Je connaissais seulement la Réunion et sinon j’avais fait mon cursus universitaire à Toulouse. Je suis consciente d’être issue d’un milieu privilégié où je n’ai jamais eu à manquer de quoi que ce soit. Au regard de ce qui se passe ici, c’est sûr, j’ai eu une vie de petite princesse”, reconnaît-elle.

“ON A TROP DE TOUT”

Devant un thé, au milieu de la cafétéria du siège de l’Alliance française à Madagascar, le dépaysement ne semble pas finalement si énorme. Une impression trompeuse. Il suffit de sortir de cette bulle de confort pour aller à la rencontre de la Grande Ile qui reste l’un des pays les plus pauvres de la planète. Une réalité qui n’échappe pas à la jeune femme : “Dans le quartier de Tana où je vis, il y a une grande benne à ordures en béton. Quand j’ai commencé à descendre mes poubelles, j’ai vu débarquer des enfants et leurs parents qui fouillaient après dedans et ensuite ils me remerciaient. Là, on a honte, on se dit qu’on vit dans l’opulence et qu’on a trop de tout alors qu’il y a des gens qui en sont à fouiller les poubelles et à vous dire merci. C’était un moment difficile, je peux vous l’assurer”. Pourtant la jeune femme connaissait déjà Madagascar pour s’y être rendue deux fois en vacances étant enfant, sans compter que “ma mère est zanatany (ndlr : nom donné aux étrangers nés à Madagascar) et ma grand-mère est elle née à Tamatave”, précise la jeune femme. Un lien affectif avec la Grande Ile qui explique peut-être aussi son engagement auprès de la population malgache.
Alors qu’elle se destinait à une carrière d’enseignante, elle a fait le choix de s’engager dans le projet mis en place par l’association française des volontaires du progrès (AFVP) et la Région Réunion. Comme elle, une dizaine de jeunes Réunionnais ont été recrutés l’an dernier pour mener des actions de terrain chez nos voisins. La plupart d’entre eux occupent des postes de direction dans les différentes Alliances Françaises des principales villes malgaches. Marine Crochet a elle un rôle un peu différent puisqu’elle est chargée de coordonner localement le Programme d’appuis réunionnais au système éducatif malgache (PARSEM). “Il s’agit d’un programme de formation au Français des instituteurs malgaches qui enseignent dans le primaire, explique-t-elle, je me déplace pour rencontrer les instituteurs et voir avec eux dans les écoles quels sont leurs besoins, qu’est ce qu’ils pensent des outils pédagogiques qu’on leur fournit”.


“LA LANGUE D’ENSEIGNEMENT EST LE FRANÇAIS”

Un travail de longue haleine et qui concerne environ un millier d’enseignants par an depuis deux ans sur l’ensemble du territoire malgache. Cela peut sembler une goutte d’eau dans un pays de 18 millions d’habitants, mais elle a son importance. Surtout que les effets de la “malgachisation” décrétée par le régime marxiste de Didier Ratsiraka, continue vingt-cinq ans plus tard de faire sentir ses effets sur le système éducatif malgache. “On se retrouve avec des professeurs qui sont censés enseigner le Français mais qui ne parlent pas du tout la langue ou presque”, constate la jeune Réunionnaise. Seulement, cette maîtrise du Français est indispensable car “le gouvernement malgache a diffusé, il y a deux ans, dans tous le pays des manuels scolaires qui sont tous écrits en Français. Quelle que soit la matière la langue d’enseignement est le Français. Du coup, les instituteurs se retrouvent avec du matériel pédagogique qu’ils ne peuvent pas exploiter”.
En aidant les enseignants à tirer un meilleur profit de ces manuels, ce sont les jeunes Malgaches eux-mêmes qui seront les gagnants de cette opération en ayant accès à une meilleure éducation. Un projet concret qui tient avant tout par l’implication des instituteurs eux-mêmes. “Ils ne perçoivent aucune indemnité pour ces formations, c’est du volontariat”, souligne Marine Crochet. C’est d’autant plus remarquable qu’à Madagascar “un instituteur gagne entre 250 et 300 000 FMG (ndlr : 25 euros ) par mois et qu’il est bien souvent obligé de cumuler deux ou trois emplois pour faire vivre sa famille”.

Textes : Pierre Leyral - Clicanoo.com Photos : William Childéric - Sakara press

“Différent de la coopération”

Ne vous avisez pas de dire à Marine Crochet qu’elle est une coopérante. “C’est foncièrement différent de la coopération”, vous répondra-t-elle. “Un volontaire du progrès, c’est quelqu’un qui s’engage dans un programme de développement avec les pays du Sud de manière désintéressée. L’AFVP a une éthique bien particulière, il s’agit d’un engagement moral et humain. Les VP ne sont pas rémunérés comme des salariées mais perçoivent des indemnités de subsistance”. Les volontaires réunionnais sont un peu mieux lotis que les autres. Grâce à un co-financement assuré par la Région Réunion, ils perçoivent 900 euros par mois pour subvenir à leurs besoins. Une petite fortune à Madagascar, même si la somme paraît dérisoire quand on la compare aux salaires de certains coopérants en poste sur la Grande Ile qui émargent à plus de 4 000 euros par mois…

Le site de l’Association Française des Volontaires du Progrès

Remerciements : William Childéric - Sakara Press

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