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Elections de mai 2010 à Maurice : analyse des résultats et enjeux, par Michel Cazal


Le processus électoral à l’Ile Maurice est allé à son terme avec la nomination ce vendredi 7 mai, au lendemain de la proclamation officielle des résultats des élections générales du 5 mai 2010, des best-loosers. Cette spécificité du système mauricien est sensée garantir selon la constitution, une représentation politique équilibrée des communautés au sein de la nouvelle assemblée parlementaire.


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gouvernement mauricien

Le résultat des urnes confirme la victoire de Navin Ramgoolam, lequel sera reconduit comme Premier Ministre pour un deuxième mandat consécutif d’une durée de cinq ans. La coalition formée du Parti Travailliste dont il est le leader, allié pour la circonstance au MSM de Pravind Jugnauth, auparavant dans l’opposition, et au PMSD de Xavier-Luc Duval, déjà présent lors du précédent mandat, arrive en tête avec 50,72% des suffrages. Au total, l’Alliance de l’Avenir avec 45 députés sur 69, est à un siège seulement de la majorité des deux-tiers, devant une opposition composée essentiellement du MMM de Paul Bérenger, lui-même ancien Premier Ministre de 2003 à 2005 et qui obtient finalement 20 sièges au Parlement, avec 43,88% des votes.

La campagne électorale a été courte, moins de trois semaines, mais intense. Les opérations de vote se sont déroulées dans la transparence, et les différents candidats des vingt circonscriptions du pays ont fait preuve de fair-play, les uns et les autres savourant leur victoire ou reconnaissant leur défaite dans le respect de leurs adversaires. La démocratie mauricienne sort donc renforcée de ce scrutin, ce que se sont attachés à souligner les observateurs spéciaux envoyés par la SDAC et l’UA. Ce qui ne pourra que conforter l’Ile Maurice dans son rôle de modèle politique, économique et social en Afrique.

Cependant, la question qui se pose au lendemain de ces élections est de savoir si le critère ethnique, avec notamment le ralliement du MSM au Parti Travailliste fédérant à leur suite l’importante majorité hindoue du pays, a été un facteur déterminant du choix des électeurs mauriciens ; et si la cohésion sociale et communautaire du pays n’a pas été fragilisée par l’expression d’une certaine préférence assez nette au sein de l’électorat en fonction de l’origine des candidats et de l’identité des partis politiques eux-mêmes. Le MMM est de ce fait cantonné à un rôle d’opposition dont il a bien du mal à s’extraire, en raison d’une assise électorale limitée essentiellement aux différents centres urbains de l’île.

Par ailleurs, avec cette nette majorité, Navin Ramgoolam pourrait disposer de la majorité nécessaire dont il a besoin pour engager une réforme constitutionnelle et faire évoluer ainsi le système politique existant vers un régime présidentiel à la française ou selon le modèle singapourien, dont il se verrait bien comme futur chef d’Etat, au terme du mandat qu’il va bientôt entamer.

Quoiqu’il en soit, c’est dans ce contexte de continuité politique souhaitée par une large majorité de la population, que de nombreux défis attendent le prochain gouvernement. En premier lieu, la gestion des effets de la crise économique mondiale actuelle affectant à la baisse les principaux marchés d’exportation dont l’économie du pays est si dépendante. A ce titre, le nouveau ministre des finances devra s’attaquer assez rapidement à l’appréciation de la roupie, laquelle accentue la perte de compétitivité nationale. A plus long terme, le pays doit s’engager dans un programme d’amélioration de ses infrastructures dont seul l’Etat pourrait en prendre la charge, ainsi que dans une politique d’aménagement du territoire qui aurait pour objectifs d’équilibrer le développement économique et la préservation de l’environnement, tout en réduisant la dépendance énergétique. Un programme qui pourrait être mis en œuvre au travers du projet Maurice Ile Durable cher à Navin Ramgoolam et dont le contenu opérationnel gagnerait désormais à être véritablement défini.

Sur le plan social, outre les objectifs de démocratisation de l’économie et de lutte contre la pauvreté, qui faisaient déjà partie du programme du précédent gouvernement, mais qui a eu bien du mal à se concrétiser, les enjeux majeurs restent la réforme des secteurs de l’éducation et la santé. En effet, Maurice ne peut envisager la consolidation de son développement que par la rénovation de son système éducatif, en vue du développement des compétences et l’amélioration du niveau global de productivité de son économie. Par ailleurs, le système de santé actuel est un système à deux vitesses, marqué par la coexistence d’une médecine publique gratuite de médiocre qualité et d’une médecine privée moderne mais à l’accès réservé.

En conclusion, en renouvelant leur confiance à l’équipe sortante, les mauriciens ont fait le choix de la stabilité politique. Ils en attendent une amélioration de leurs conditions de vie, à l’heure où l’instabilité économique internationale suscite de grandes craintes pour l’avenir.

Michel Cazal, Consultant international à La Réunion, à Maurice et en Inde

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