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Divisions en Belgique : Vincent Aubras témoigne de Bruxelles


La rubrique 974 World News réalisée en partenariat avec Le Quotidien donne la parole à des Réunionnais qui témoignent de l’actualité dans leur pays d’adoption. Vincent Aubras vient de Trois-Bassins. Il a poursuivi ses études à Toulouse, puis sa carrière l’a amené à s’installer à Bruxelles en 2006 où il gère des fonds de pension et des fonds obligataires pour le compte d’une banque.


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Vincent Aubras

- Quelle(s) langue(s) parlez-vous en Belgique ?

- Ici à Bruxelles, j’utilise le Français pour m’exprimer. Dans la capitale, les deux langues, néerlandais et français, cohabitent parfaitement.

- On imagine difficilement une Belgique déchirée par un conflit linguistique. Est-ce que vous ressentez cet affrontement entre néerlandophone et francophone dans votre vie quotidienne ? Comment cela se traduit-il ?

- Il est difficile en tant que Bruxellois d’adoption et surtout qu’étranger de comprendre parfaitement les conflits entre les flamands et les Wallons. Mais en côtoyant quotidiennement des Flamands et des Wallons, il me semble que c’est plus un conflit politique que populaire. Dans la vie de tous les jours, je pense que les gens ont autre chose à penser.

- Est-ce que, pour vous même, il peut être mal vu de vous exprimer en français ? Et à quelles occasions ?

- Mal vu je ne dirais pas, mais il m’arrive souvent d’être en réunion avec des Néerlandophones et le fait qu’ils doivent parler français en ma présence, me met un peu mal à l’aise.

- Est ce que la rivalité linguistique s’accompagne de dérapage raciste par exemple ?

- Pas à ce que je sache, le racisme existe partout mais je n’ai jamais eu de problème de ce côté depuis que je suis installé en Belgique.

- Avez-vous ressenti un durcissement de cette rivalité ces derniers temps ?

- Non, il ne me semble pas qu’il y ait une rivalité entre Flamands et Wallons, mais plutôt un manque de communication.

- La démission du gouvernement le 22 avril était-elle prévisible ?

- Oui, et c’est en cela que la Belgique est remarquable, depuis 2007, il y a eu trois démissions du Premier ministre. Lors de la première j’ai été totalement surpris de la réaction des Belges. Le pays a été sans gouvernement pendant plusieurs mois et la vie économique ne s’est pas arrêtée. Le pays continuait à tourner normalement, comme s’il ne s’était rien passé.

- D’après vous, quelle est la raison profonde du malaise belge ?

- Hormis Bruxelles où les deux langues sont parlées, il me semble qu’il y a une vraie différence de culture entre les deux communautés. A l’inverse de la France, la Belgique n’a pas une chaîne nationale qui relie la même information à tout le monde dans la même langue. Ici, nous avons des chaines exclusivement francophones et des chaînes exclusivement néerlandophones et ces chaînes ne diffusent pas forcement les mêmes informations.
Un autre point à souligner est également le fait que l’électorat belge soit divisé en régions, ainsi un Flamand ne peut pas voter pour un parti politique du sud du pays et inversement pour un Wallon.

- A terme, pensez-vous, comme certains commentateurs, que la Belgique est morte ?

- Sincèrement je ne l’espère pas, j’ai impression que les Belges sont très attachés à la Belgique. On dit souvent ici que la Belgique est le pays des compromis. Alors j’espère que cela fonctionnera encore et que chaque communauté mettra de l’eau dans son vin pour arriver à un accord.

- Comment imaginez-vous la suite des événements ?

- J’espère qu’après les élections anticipées de juin, une coalition pourra permettre une réforme du pays et des différents systèmes où tous les acteurs seront contents. Les Belges ont une très grosse responsabilité car, à partir du 1er juillet, la Belgique prendre la présidence tournante de l’Union Européenne à l’heure où l’Europe est mise à mal sur un plan de secours à la Grèce.
Les partis politiques Belges n’auront pas d’autre choix que de trouver une solution compromise en très peu de temps. Certains partis politiques parlent, par exemple, de l’installation du bilinguisme dans tout le pays. Cela me semble être un compromis intéressant, cela risque de prendre beaucoup de temps mais au moins on pourrait caresser l’espoir de voir une Belgique unie à l’image de sa capitale.

- Les députés belges viennent d’être les premiers à interdire le voile intégral dans la rue. Qu’en pensez-vous ?

- Il est difficile d’avoir un avis tranché sur la question. Grandir à La Réunion, vous permet d’avoir une certaine tolérance qu’on n’arrive pas toujours à retrouver en Europe. Nous sommes en démocratie et donc je dirais que la liberté d’expression prime. Mais dès lors que cela est fait par contrainte alors il me semble nécessaire d’intervenir. Et c’est bien là le problème, comment intervenir ? Est-ce nécessaire de sortir une loi pour une minorité et surtout comment appliquer cette loi...

- Quelles conséquences ont les troubles politiques sur la vie économique du pays ?

- Pour le moment, avec les problèmes de la Grèce en Europe, les marchés financiers ne se sont pas focalisés sur le problème d’instabilité politique de la Belgique, mais dès que cela se calmera sur la situation grecque, les acteurs du marché vont commencer à regarder de plus près ce problème politique et les risques afférents
Si cette crise belge se transforme en crise de régime, alors il me semble que les investisseurs seront de plus en plus réticents à placer leur argent dans l’économie belge. Ce qui serait très pénalisant à long terme pour celle-ci, d’autant plus qu’elle a su montrer une certaine résistance pendant la crise et proposer des solutions acceptables pour une sortie de crise.

- Envisagez-vous de faire votre vie en Belgique ?

- Je ne pense pas, la Belgique est un très beau pays, mais mon cœur reste à La Réunion.

- Ce qui se passe aujourd’hui peut-il remettre en question votre situation en Belgique ?

- Non, la situation est loin d’être aussi catastrophique que ce que l’on pense. Ici il y a une certaine habitude de ces conflits intra-communautaire. Au quotidien les discussions sur la crise politique belge sont relayées au second plan. C’est assez impressionnant quand vous êtes un étranger de voir ce flegme belge.

En lisant, les journaux étrangers, il y a beaucoup d’incompréhension des observateurs. Ainsi, nous avons l’impression de l’extérieur que le pays est au bord de l’explosion alors cela ne semble pas être le cas. Bien au contraire, les deux communautés ont beaucoup à perdre dans une scission.

Une simple question serait : à qui reviendrait Bruxelles et toutes ces institutions européennes en cas de scission ?

Et même dans une hypothèse de scission, il y a fort à parier que les problèmes acquerraient une portée européenne et internationale. Et ce problème se poserait dès lors sur une autre scène que la scène nationale.

Ainsi, malgré tous ce que l’on peut entendre sur la situation politique belge, la vie en Belgique est fort agréable.
Vivre à Bruxelles, m’offre la possibilité d’avoir tous les avantages d’une grande capitale sans les inconvénients.
Bruxelles est pour ainsi dire une capitale à taille humaine où il fait bon vivre. Je recommanderais ainsi à tous les personnes qui souhaiteraient s’expatrier pour un moment de prendre une option pour la Belgique. Malgré le froid et le mauvais temps chronique, les Belges sont très accueillants…

Interview réalisée par Franck Cellier parue sur lequotidien.re

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