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Scission linguistique en Belgique : Séverine Sadatchy témoigne


La rubrique 974 World News réalisée en partenariat avec Le Quotidien donne la parole à des Réunionnais qui témoignent de l’actualité dans leur pays d’adoption. Séverine Sadatchy, originaire de La Réunion, habite à Weywertz, en communauté germanophone, depuis deux ans, et travaille en région francophone, à Malmedy, à 40 kilomètres au sud de Liège. Elle est ingénieure en développement dans une papeterie.


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Séverine Sadatchy
"Si une séparation linguistique et régionale entre Flandre et Wallonie devient effective, rien n’empêchera à terme une éventuelle requête d’indépendance de la Flandre".

- Quelle(s) langue(s) parlez-vous en Belgique ?

- Il y a trois langues officielles en Belgique : le français, le néerlandais (flamand) et l’allemand que l’on oublie très souvent. Au quotidien, je parle français, bien qu’habitant en communauté germanophone. Je prends des cours du soir en allemand depuis un an.

- On imagine difficilement une Belgique déchirée par un conflit linguistique. Est-ce que vous ressentez cet affrontement entre néerlandophone et francophone dans votre vie quotidienne ? Comment cela se traduit-il ?

- Habitant loin des frontières néerlandophones, je ne ressens pas cet affrontement linguistique au quotidien. On y assiste surtout à travers la télévision. Le conflit linguistique belge se concentre surtout autour de la région bruxelloise, où Flamands et francophones se côtoient au quotidien. Où nous vivons, ce sont surtout les francophones et les germanophones qui cohabitent, de façon tout à fait courtoise.

- Est-ce que, pour vous-même, il peut être mal vu de vous exprimer en français ? Et à quelles occasions ?

- Non il n’est pas mal vu de s’exprimer en français, même dans la communauté germanophone où nous résidons. Les Belges sont très tolérants et c’est surtout l’agissement d’une petite communauté qui ébranle un peu tout le pays.

Pour ce qui est du milieu professionnel, nous avons plusieurs clients flamands (qui sont bilingues français/ néerlandais) qui nous demandent lors de nos visites si nous comptons apprendre le flamand. Lorsque nous expliquons que notre usine est située tout près de la communauté germanophone et de l’Allemagne, ils comprennent très bien que nous préférons apprendre d’abord l’allemand.

- Avez-vous ressenti un durcissement de cette rivalité linguistique ces derniers temps ?

- Oui, surtout depuis la remise sur le tapis du dossier BHV (Bruxelles/Hal/Vilvorde). Cet arrondissement mêlant francophones et néerlandophones est un dossier épineux pour certains partis politiques flamands, car il empêche la communauté flamande d’avoir une scission géographique et linguistique claire entre francophones et néerlandophones.

- La démission du gouvernement le 22 avril était-elle prévisible ?

- La démission du gouvernement n’a été que la conséquence du retrait d’un des partis politiques flamands de celui-ci. Le plus étonnant donc n’a pas été la démission du gouvernement mais le retrait de l’Open VLD, qui n’avait pas obtenu gain de cause sur le dossier BHV.

- D’après vous, quelle est la raison profonde du malaise belge ?

- Le problème vient, je pense, du fait que si une séparation linguistique et régionale entre Flandre et Wallonie devient effective, rien n’empêchera à terme une éventuelle requête d’indépendance de la Flandre. Je pense que cette éventualité effraie les partis politiques, et explique entre autres l’actionnement de la « sonnette d’alarme » le 27 avril.

- A terme, pensez-vous, comme certains commentateurs, que la Belgique est morte ?

- Non je ne le pense pas. Les Belges restent tout de même solidaires et se sentent Belges avant tout.

- Comment imaginez-vous la suite des événements ?

- Le dossier BHV est pour l’instant gelé, mais ce problème ressurgira tôt ou tard...

- Les députés belges viennent d’être les premiers à interdire le voile intégral dans la rue. Qu’en pensez-vous ?

- Je suis très partagée à ce sujet : quand commence et où finit le droit d’une personne à pratiquer le mode de vie qu’elle entend dans une société libre, comment dans la pratique discerner la personne qui choisit de porter ce voile de celle qu’on contraint à le faire. Il est très difficile de se prononcer.

- Quelles conséquences ont les troubles politiques sur la vie économique du pays ?

- Nous ne ressentons pas réellement l’impact des troubles politiques sur la vie économique du pays, plutôt sur l’appréhension qu’ont les Belges de leur réputation à l’étranger et rassurez-vous, nous ne sommes pas au bord d’une guerre civile..

- Envisagez-vous de faire votre vie en Belgique ?

- Oui, nous venons d’acheter une maison, donc on y est pour un bout de temps.

- Ce qui se passe aujourd’hui peut-il remettre en question votre situation en Belgique ?

- Non pas du tout.

Interview réalisée par Franck Cellier parue sur lequotidien.re

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