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Elections 2010 en Angleterre : Samuel Galbois témoigne


La rubrique 974 World News réalisée en partenariat avec Le Quotidien donne la parole à des Réunionnais qui témoignent de l’actualité dans leur pays d’adoption. Samuel Galbois est né et a grandi à la Réunion. A l’âge de 19 ans, Il est parti en Métropole pour poursuivre ses études supérieures. Il est à Londres depuis Juillet 2009 pour poursuivre un MBA à la London Business School. Il en profite pour nous raconter de quelle manière ont été vécues les récentes élections.


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Samuel Galbois

- Les élections ont-elles passionné les gens que vous côtoyez ?

- Les étudiants et le corps professoral de mon école ont suivi avec beaucoup d’attention les élections, en particulier les différentes politiques économiques proposées par les candidats.
Dans l’ensemble, nous avons été plutôt déçus par le manque de fond des débats télévisés (les premiers en Angleterre pour une élection), notamment sur l’économie. Par ailleurs, CNN a fait une émission spéciale au sein de l’école.

- La période électorale qui vient de s’achever a-t-elle modifié vos habitudes ? Si oui, de quelle manière ?

- Pour l’instant, je n’ai pas vraiment modifié mes habitudes. Le gouvernement vient à peine de se former et les premières mesures prendront effet dans quelques mois seulement.

- Vous attendiez-vous à ce que ces élections débouchent sur un gouvernement de coalition entre libéraux et conservateurs ?

- Je m’attendais clairement à un gouvernement de coalition. Les divers sondages montraient que l’élection allait être serrée avec une faible probabilité pour les conservateurs de remporter la majorité à la chambre des lords. La vraie question pour moi était plutôt : combien de temps allaient durer les tractations pour former le gouvernement ? Les conservateurs et les libéraux ont été obligés de faire chacun des concessions. Les négociations ont été tendues et nous avons eu pendant quelques jours une situation plutôt surréaliste sans vraiment personne à la tête du pays.

- Comment expliquez-vous la défaite de Gordon Brown ?

- Je pense qu’il a été victime en grande partie d’un vote « sanction ». Le Royaume-Uni traverse une de ses plus graves crises : le taux de chômage est à son plus haut depuis 15 ans et le déficit budgétaire est à un niveau record. Une partie de la population le perçoit comme celui qui a favorisé, en tant que précédent Chancelier de l’Echiquier, l’industrie financière au Royaume Uni, cette même industrie qui est maintenant si impopulaire et qui est perçue comme le déclencheur de la crise. Enfin, sa « gaffe » (il a appelé une veuve âgée "bigot") à quelques jours de la fin de la campagne électorale a été désastreuse pour son image.

- Pensez-vous que David Cameron et Nick Clegg parviendront à s’entendre pendant tout un mandat ?

- La situation est plutôt inédite : les gouvernements de coalition sont beaucoup moins fréquents en Angleterre (le dernier date de 1974 et a duré 7 mois seulement) qu’en France. Cependant, je reste optimiste. Je pense que David Cameron et Nick Clegg vont mettre de côté leurs différents politiques et prendront les mesures qui s’imposent pour relancer l’économie.

- Quelle sera selon vous la conséquence la plus immédiate de leur prise de pouvoir ?

- Deux mesures phares du gouvernement sont particulièrement attendues : la réduction du déficit budgétaire et la réforme du secteur bancaire. Pour la première, le gouvernement a annoncé des coupes budgétaires massives dans le secteur publique de l’ordre de 6 milliards de livres. Cependant, aucune précision n’a encore été faite sur les potentiels secteurs touchés (à priori, l’éducation et la santé devraient être épargnés). La deuxième mesure s’attaque à ce qui a été jusqu’ici le moteur de l’économie au Royaume-Uni : nouvelles taxes sur le secteur bancaire, limitation sur les bonus et une potentielle séparation entre banque d’investissement et banque de détail.

- Qu’en attendez-vous personnellement ?

- La deuxième mesure me touche plus particulièrement. Après mon stage cet été, je pense continuer ma carrière dans le secteur financier. Même si il est nécessaire de réformer le secteur bancaire après la crise que nous venons de traverser, je pense qu’il est important que les réformes soient prises et appliquées au niveau international. Si le Royaume Uni est le seul pays à appliquer des taxes sévères contre les banques, leur seul effet sera de déplacer les banques vers une autre place financière plus avantageuse.

- Les perspectives économiques de la Grande-Bretagne vous semblent-elles meilleures qu’en France ?

- Le modèle anglo-saxon a des défauts mais aussi beaucoup de qualités, en particulier la facilité pour les particuliers de créer leur entreprise. De nombreux étudiants de mon école ont le projet de créer leur société et les opportunités sont bien plus attractives ici qu’en France de ce point de vue : communauté d’ « angel investor » très développée, incubateurs de « jeunes pousses » au sein des universités, etc. Le gouvernement prévoit notamment de faciliter l’accès au crédit pour les PME et les jeunes entrepreneurs.

- Estimez-vous, vous-même, avoir une situation solide en Angleterre ?

- En Angleterre, comme ailleurs, les personnes qualifiées et avec de l’expérience sont toujours recherchées, même en période de crise. Ce qui est crucial, c’est la mobilité : dans notre économie mondialisée, les opportunités ne sont peut être plus au coin de la rue et il ne faut pas avoir peur de se déplacer.

- Les Anglais prennent-ils comme une bonne nouvelle la promesse de ne pas abandonner la Livre au profit de l’euro ?

- Avec la crise en Grèce, je crois que le sentiment anti-euro a été grandement renforcé au Royaume-Uni. Euro-septiques par excellence, les anglais ne sont pas prêts de renoncer a leur sacro-sainte livre sterling !

- Après les élections quelle sera la principale préoccupation des Anglais ?

- Clairement, la préoccupation numéro 1 du Royaume est l’emploi. Le taux de chômage est à son plus haut et les prochaines coupes budgétaires dans le publique risque de faire monter encore la pression. Le marché de l’emploie continue de se dégrader et le taux est à désormais 8% de la population active, loin des 20% de l’Espagne, mais historiquement haut pour l’Angleterre. Le nouveau gouvernement a une tâche particulièrement ardue : il doit relancer la croissance tout en réduisant ses dépenses et son déficit budgétaire.

Interview réalisée par Franck Cellier parue sur lequotidien.re

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