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Anne-laure Jasmin, 26 ans, chargée de mission à Poitiers


Arrivée à Poitiers pour terminer ses études, Anne-Laure s’y est finalement installée après avoir été embauchée par Le Centre de Ressources pour les Groupements d’Employeurs de Poitou-Charentes. Titulaire d’un master 2 de Sciences Économiques, elle mène des études de faisabilité sur la création ou le développement de Groupements d’Employeurs sur un territoire.


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Anne-laure Jasmin
Cité médiévale Chauvigny, à proximité de Poitiers

Racontez-nous votre parcours.

Je viens de Saint-Denis, où mes parents habitent toujours. Ma mère est institutrice et mon père informaticien. Après le Bac, je me destinais aux métiers de la fonction publique et comme les concours conduisent souvent à prendre un poste en Métropole, j’ai voulu découvrir d’abord la vie étudiante en France métropolitaine avant de connaître la vie active. J’ai donc quitté l’Ile pour effectuer une licence d’Administration Publique à Poitiers en 2005.

Comment cela s’est-il passé ?

Mon installation étant à l’origine un choix et non une obligation, les choses ont été assez faciles. J’étais ravie d’avoir un studio bien à moi, un budget à gérer seule, de nouveaux lieux à découvrir, de me faire de nouvelles connaissances. Je n’ai pas vraiment aimé la ville de Poitiers de suite mais l’ambiance étudiante m’a vite fait changer d’avis ! Et aujourd’hui c’est la ville où j’ai choisi de m’installer…

Avez-vous quelques anecdotes ?

En tant que job d’été j’ai travaillé deux ans de suite au réseau des transports urbains de Poitiers en tant que guichetière. Ca a d’ailleurs été ma première expérience dans le monde du travail. C’était assez sympa l’été : la majorité des gens qui viennent à cette période sont les étudiants nouvellement arrivés, qui ne connaissent pas la ville. J’ai eu l’occasion par ce biais de voir des Réunionnais tout juste bacheliers, souvent avec leurs parents, anxieux… Très vite on se repérait et puis on discutait : mine de rien ils étaient rassurés de voir une réunionnaise bien intégrée et contente de la ville où ils allaient vivre loin de leur famille…

Qu’est ce qui vous a décidé à vous installer à Poitiers ?

Pour les besoins de mon master 2 de Sciences Économiques, j’ai effectué mon stage de fin d’études au Centre de Ressources pour les Groupements d’Employeurs de Poitou-Charentes. Il s’agit d’une association chargée de promouvoir et développer le dispositif Groupement d’Employeurs (associations d’employeurs se mutualisant de la main d’œuvre). Ils m’ont embauché…

Quels sont vos projets ?

Je ne travaille que depuis deux ans et depuis un an en CDI, donc mon projet principal est de bien m’approprier mon poste et de me forger une expérience. J’ai la chance d’avoir eu de suite le poste que je voulais et il continue à me plaire. A moyen terme, je compte évoluer au sein de ma structure et rester en veille sur d’autres métiers ou structures vers lesquels je me tournerai peut être plus tard.

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Anne-laure Jasmin
Cour intérieure de la Mairie de La Rochelle

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

Mon expérience de mobilité est un gros avantage ! Je la conseille à tout le monde. J’ai personnellement fait le choix de rester en Métropole mais je conseille l’expérience à tout le monde même si ce n’est que pour six mois ou un an. Je pense sincèrement que le fait d’avoir quitté son environnement d’origine est un enrichissement. Tout d’abord c’est un moyen de se confronter à d’autres cultures. Ensuite, on a forcément de nouvelles situations à gérer (déménagement, reconstitution d’un réseau d’amis…) qui accentuent l’autonomie et la confiance en soi. Il y a des situations pour lesquelles je me débrouille seule et auxquelles d’autres personnes de mon âge ou de mon entourage métropolitain n’ont jamais eu à faire face… Parfois dans le milieu professionnel ou même avec des amis on a des situations à gérer où la plupart des gens paniquent et moi je me dis juste « tiens, ça moi je sais le faire, et ça ne m’inquiète pas plus que ça ! ». Je prends plus de recul face aux choses.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

La liste est longue !
La famille : ma vie en Métropole me plaît mais je me rends bien compte que je loupe pas mal de choses : baptêmes, anniversaires, mariages ou simples fêtes de famille. Et puis quand on a un souci (petit ou gros), c’est toujours bien d’avoir la famille pour nous réconforter, nous conseiller ou nous faire un bon cari !

Les amis : j’ai fait une partie de mon cursus universitaire en Métropole et rencontré de nouvelles personnes mais cela ne représente finalement que trois années. Depuis mon entrée dans la vie active, j’ai réalisé que mes vrais amis, avec lesquels je partage des idées, ma culture, des souvenirs communs sont des Réunionnais, vivant à la Réunion ou en Métropole. On essaie de se voir régulièrement mais encore une fois, dans la vie quotidienne, ils ne sont pas à mes côtés.

La façon de vivre et de penser « réunionnaises » : plus cool, moins stressée et moins individualiste. A la Réunion, les gens prennent des nouvelles même si c’est que pour 10 minutes : on passe, on prend l’apéro, on reste manger même si c’est vite fait… En Métropole, les gens s’arrêtent moins facilement sans invitation et ne prennent pas forcément le temps de prendre des nouvelles, de juste appeler pour parler…

La chaleur, surtout ces dernières années où le froid ne nous a pas épargnés !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Personnellement, le secteur qui m’interpelle le plus est le secteur touristique : je pense sincèrement que plein de choses pourraient être faites mais malheureusement tout le monde ne joue pas le jeu. Si tout le monde arrivait à se mettre autour d’une table, à avoir une démarche plus globale, des projets pourraient être développés. Et puis commencer à voir l’Ile Maurice non pas comme une concurrente mais comme une alliée avec laquelle mettre sur pied des actions.

Quoi d’autre ?

Sur la question du chômage, j’ai gardé contact avec des amis de la fac ou du lycée qui aujourd’hui ont le même âge que moi et me font part de leurs difficultés à s’insérer sur le marché du travail (ou sur le manque de débouchés à la Réunion). Certains me font part de leur regret de n’avoir pas passé du temps hors de l’île, ne serait-ce que pour se forger une expérience et faire la différence sur le marché de l’emploi à leur retour. C’est sûr que moi-même, aujourd’hui, je ne me vois pas retourner travailler tout de suite à la Réunion. Les opportunités d’avancées, de formation, d’expériences, même si elles diminuent ces dernières années, me semblent plus nombreuses ici qu’à la Réunion.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Lors de mes entretiens, que ce soit pour accéder à des formations ou à un travail, le fait de venir de la Réunion a toujours été un plus. Un recruteur fait vite le lien avec une facilité d’adaptation, une autonomie, une mobilité, etc. et aujourd’hui, ce sont des qualités recherchées… De plus, cela fait partie des questions « bateau » que le recruteur va poser en voyant mon CV : « Quelles raisons poussent une personne vivant au chaud dans un cadre comme celui de la Réunion à venir en Métropole ? » Ce sont donc 5 minutes d’entretien que l’on ne passe pas sur une question piège…

Et les inconvénients ?

J’en citerai un particulièrement : la crainte pour le recruteur de mon retour à la Réunion. Je suis réunionnaise, je vis à Poitiers mais j’aime la Réunion ; ma famille et mes amis y sont. Pour un recruteur, l’idée que demain, je puisse pour une raison ou une autre décider de rentrer chez moi et donc d’« abandonner » mon poste est plus présente que si j’étais une métropolitaine venant d’une autre région que Poitou-Charentes par exemple.

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réunionnaises
Ile de Ré : week end de Pâques avec des Réunionnais en Charente-Maritime !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Même si ce fut un choix de partir pour la Métropole, je n’ai jamais rompu mes liens. Beaucoup de mes amis ont eux aussi choisi ou dû quitter la Réunion et nous nous voyons régulièrement ici. Le point de ralliement est souvent Paris, pour son côté pratique mais nous organisons aussi régulièrement des week-ends sur toute la France (Strasbourg, Ile de Ré, Poitiers…). Plus Ces liens sont essentiels pour moi et j’ai régulièrement besoin de ce bol d’air « réunionnais » !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Lorsque je rencontre des gens et qu’on en vient à parler de nos origines, plusieurs images viennent : celle du paradis sur terre où tout le monde est cool, où on ne travaille pas beaucoup, il fait chaud, où on passe nos journées à la plage… Le soir c’est barbecue, ananas-fruits de la passion (je caricature à peine). Ces mêmes personnes ne situent pas forcément la Réunion sur un planisphère… Mais j’ai également rencontré des gens qui ont fait des séjours plus ou moins longs à la Réunion ou ont des amis, de la famille qui y vivent et sont très curieux d’y aller ou d’y retourner. On discute alors souvent du prix du billet, des meilleures périodes pour y aller, des anecdotes de « touristes », des coins qu’ils ont déjà vus ou qu’ils souhaitent découvrir la prochaine fois…

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Comme je l’évoquais plus haut, je n’ai pas de suite aimé la ville de Poitiers : je la trouvais vieille, pas jolie… Et puis via les soirées étudiantes, les rencontres, j’ai découvert les restos, les bars, les coins sympas, le reste de la région Poitou-Charentes et ses activités (Festival d’Angoulême, Cognac, Ile de Ré, la Rochelle, le Grand Pavois, etc.). Poitiers est finalement la taille de ville qui me convient : pas trop petite pour y trouver de tout (théâtres, cinémas, magasins, associations) et pas trop grande pour s’y sentir perdue. J’aime le fait qu’en sortant du centre on soit très vite à la campagne. Au niveau transports, c’est bien desservi tant au niveau autoroute que par les trains (1h45 de Paris). C’est proche de Paris, Bordeaux, Tours, mais aussi de la mer. Bref, tout est à proximité.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

De partir durant leurs études ! Même pour un stage, découvrir autre chose. Ce ne peut être qu’un plus. Et d’en profiter pour s’ouvrir et visiter d’autres régions, pays. Une fois entrés dans la vie active, la mobilité est amoindrie et c’est plus difficile de tout quitter pour expérimenter un nouveau cadre de vie, avoir des opportunités…

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