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Ida Richer, auteure du roman « Le voisin indien »


D’origine réunionnaise, la romancière décrit son parcours et sa relation à l’île natale de son père.

Portrait de Gaëlle Richer-Favard réalisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes par l’Antenne de Paris du Département


Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis née en 1977 et j’ai grandi à Paris. J’ai reçu en héritage un ADN Ch’ti et Normand de ma mère et Réunionnais de mon père. La Réunion, j’ai appris à l’aimer bien avant de la découvrir car elle a toujours fait partie de ma vie !
Je suis romancière et mon premier roman, le Voisin Indien est paru aux éditions Fauves. Gaëlle, à la ville, mon prénom de plume est un hommage à ma grand-mère paternelle, Ida. Une femme incroyable et auteure dont les œuvres n’auront malheureusement jamais quitté les tiroirs de son bureau. J’ai donc décidé de l’associer symboliquement à mon travail.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai travaillé de nombreuses années dans la fonction publique avant de prendre une disponibilité afin d’aider mon fils de 14 ans atteint d’autisme à poursuivre sa scolarité en milieu ordinaire, et pour être plus disponible pour ma fille, de bientôt 11 ans. Mes enfants sont mon centre du monde, ils m’ont donné le courage d’aller au bout de mon projet d’écriture, qui représente une véritable renaissance. J’ai d’ailleurs appris que mon roman serait publié dans la foulée de ma demande de disponibilité, c’était sans doute le bon moment.

J’écris depuis de nombreuses années, d’abord des poèmes puis des textes de chansons, juste pour le plaisir. J’ai eu la chance de travailler avec des compositeurs et cinq jolies chansons, qui restent des trésors inédits, sont nées de cette expérience. Mais, si je me débrouille plutôt bien en studio, j’ai trop le trac pour la scène. Cette expérience m’aura tout de même permis de réaliser que j’aime écrire et m’aura donné confiance en mon travail.

C’est ainsi que je me suis lancée dans l’écriture de mon premier roman. Toujours pour le plaisir, histoire de laisser dériver mon esprit dans une période difficile de ma vie de mère où j’enchainais, les rendez-vous médicaux aboutissant au diagnostic des troubles auditifs de mon fils et de son autisme. L’écriture était ma soupape, une source d’évasion.

J’ai imaginé une histoire d’amour impossible, contemporaine et exotique se déroulant entre Paris et Mumbai. Mais, en dépit de mes lointaines origines indiennes (héritée de mes ancêtres réunionnais) de ma passion pour ce pays, je n’y avais jamais mis les pieds. Je n’osais donc pas proposer aux lecteurs une romance s’y déroulant pour moitié. Alors, j’ai rangé ma petite romance dans un tiroir.

Mais peu de temps après, comme un clin d’œil du destin, j’ai gagné un superbe voyage pour 2 au Rajasthan ! J’ai découvert le brouhaha de la vie à l’état brut, une terre de possibles, d’ombre et lumière, de couleurs et de croyances, où la notion de destin, fil rouge de mon premier roman, n’a rien de farfelue, car le hasard n’y existe pas. À mon retour, sans en changer une seule ligne, j’ai glissé un exemplaire de mon manuscrit dans une enveloppe, bien décidée à tenter ma chance.

Aujourd’hui je suis romancière, et si je suis fière de ce que j’ai accompli, j’ai conscience de tout ce qu’il reste à faire. Je découvre ce monde et ses possibilités et j’aime cette nouvelle voie qui me permet d’équilibrer parfaitement ma vie privée et ma vie professionnelle, tout en faisant rêver les gens le temps de quelques pages.

Avez-vous une anecdote à nous raconter, vécue dans le cadre de votre métier ?

Ce qui m’amuse beaucoup depuis la sortie de mon roman, c’est qu’on me demande lors de chaque rencontre-dédicace s’il s’agit d’une œuvre autobiographique. Les lecteurs en semblent persuadés et me disent avec beaucoup de compassion « Alors c’est votre histoire, vous avez perdu votre premier mari ? ». Et cela amuse d’ailleurs beaucoup mon mari qui lorsqu’on lui demande s’il a aimé mon roman, répond : « Ah oui il est très bien écrit et plein de rebondissements. Dommage que je meurs dès le premier chapitre et que ma femme en épouse un autre ! »

Quelle est votre place de femme dans votre environnement de travail ?

Écrire des œuvres de fiction est une activité assez solitaire, je suis seule face aux pages de mes manuscrits ou devant l’écran de mon PC. Mais la vocation de mon travail est de transporter les lecteurs le temps de quelques pages. Donc quand j’écris je ne suis pas vraiment seule, car je m’adresse à beaucoup de gens que je cherche à émouvoir ou à faire voyager, pour leur offrir un beau moment de lecture. Ils m’accompagnent d’une certaine façon dans tout le processus de création littéraire. Sinon je suis auteure et publiée depuis très peu de temps, donc je ne sais pas encore si le fait d’être une femme dans ce métier présente ou non des avantages ou des inconvénients. Une chose est sûre, il m’est bien plus aisé aujourd’hui d’assurer l’équilibre entre mes aspirations personnelles et ma vie de femme et de mère.

Quelles sont les valeurs qui vous définissent en tant que femme active ?

Que ce soit dans le cadre professionnel ou privé, les valeurs qui m’animent sont la persévérance, la passion, la confiance en soi et l’harmonie entre famille et travail. Elles sont toutes interdépendantes, indissociables et indispensables pour parvenir à aller au bout des projets qui nous tiennent à cœur et traverser sereinement les mois, voir les années d’attente avant de les voir aboutir.

Que vous apporte votre culture réunionnaise dans votre profession ?

Grandir dans une culture métissée est une immense richesse et une grande source de fierté pour moi. Il est évident que c’est ce qui a inspiré mon premier roman, une love story aux accents bollywoodiens, traitant de la différence culturelle et son impact dans une relation amoureuse.

L’Inde est omniprésente dans la culture réunionnaise, dans ses célébrations, sa tradition culinaire, ses danses, etc. Très tôt on m’a parlé de mes ancêtres réunionnais et de leurs origines indiennes. C’est une part de mon héritage qui me fascine réellement et qui continuera sans nul doute de nourrir mon imaginaire dans mes prochains romans.

Que représente pour vous la journée de la femme ?

La journée de la femme a été officialisée par l’ONU en 1977, année de ma naissance. J’ai donc grandi avec la certitude que l’égalité homme-femme est un objectif majeur. Cette journée est l’occasion de faire un point chaque année sur ce qui s’améliore et sur tout ce qu’il reste à faire à travers le monde pour que naître femme devienne un heureux hasard et non plus un coup du sort. On voit ces derniers temps que les prises de conscience n’attendent heureusement pas un jour par an pour se manifester et c’est très encourageant.

Quelle femme vous inspire ou vous a inspirée ?

Il n’y en pas qu’une, toutes les femmes de ma vie sont une source d’inspiration pour moi. Mes arrières grand-mères et mes grands-mères ont traversé des époques vraiment difficiles, à la Réunion, à Madagascar ou en France. Elles ont eu des parcours de vie atypiques et sont restées fortes pour leurs enfants, avec un caractère bien trempé.

Ma Maman, qui est pour moi l’image du courage, de la détermination, du dévouement total aux siens et à ceux qui en ont besoin et de l’amour inconditionnel. Ma petite mère, c’est ma Wonderwoman à moi, la « femme couteau suisse » que rien n’effraie et qui fonce droit devant.

Mes sœurs ont aussi toute mon admiration car ce sont de vraies dures à cuire à la volonté d’acier. Ma cadette a su montrer à tous ceux qui ne croyaient pas en elle lorsqu’elle était plus jeune, qu’elle pouvait surmonter les obstacles, notamment sa dyslexie qui l’a handicapée tout au long de sa scolarité. Elle n’a jamais rien lâché et, pas à pas, s’est réalisée brillamment dans sa vie professionnelle. Sa volonté m’a toujours impressionnée. Quant à ma plus jeune sœur, mon bout de chou timide et filiforme, elle a relevé tous les défis pour suivre son rêve et devenir une jeune architecte à la poigne de fer. Elle a été au bout de son rêve et a su trouver le courage et la force de s’imposer dans un univers assez masculin, sans rien renier de sa glamoureuse féminité.

Et bien sur ma fille, ma princesse, ma blondinette aux yeux noisette et charmeurs, qui d’un regard sait me faire fondre. Elle est courageuse et sa maturité me laisse sans voix. Il n’est pas facile de trouver sa place dans une famille ou l’un des enfants est porteur d’un lourd handicap, de comprendre que nous l’aimons autant que son frère mais que ses difficultés nous imposent d’être plus présents auprès de lui. Elle est La femme de ma vie.

Quel conseil donneriez-vous à la nouvelle génération de femmes réunionnaises ?

Être à l’écoute de ses envies et croire en ses rêves n’est pas de l’égoïsme. À la Réunion comme ailleurs, nous pouvons toutes être maîtresses de nos destins, à condition de ne pas oublier que pour réaliser l’impossible il faut déjà croire en soi. Cela semble évident mais c’est le plus dur des défis.

Un seul mot pour définir la femme réunionnaise ?

La femme réunionnaise est un caméléon. Elle naît et grandit dans un mélange de cultures et de couleurs qu’elle s’approprie et fait coexister. Elle s’invente une vie entre terre et mer. Où qu’elle aille, son île est dans son cœur et son cœur appartient à son île.

+ d’infos sur le Voisin indien et commander / www.facebook.com/Ida.Richer

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