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Barbara Terrisse : le blog d’une Réunionnaise au Québec


Arrivée il y a six ans, elle est tombée amoureuse de la Belle Province et s’apprête à faire sa demande de résidence permanente. Entre la ville de Québec et Montréal, parcours d’une Réunionnaise qui tient un véritable journal de bord : conseils, découvertes, idées et pensées d’expatriées !


Pouvez-vous vous présenter ?

Barbara, 24 ans. Je suis née et j’ai grandi dans le sud de La Réunion où j’avais deux lieux de vie issus d’une garde alternée : la Ravine des Cabris et l’Étang Salé. J’ai eu la chance depuis toute petite de partir en voyage avec mes parents, mon collège puis mon lycée. Découvrir tant d’horizons nouveaux m’a donné la bougeotte… J’ai quitté l’île à 18 ans. Direction l’Australie avec un Permis Vacances Travail (PVT) dans le but de me perfectionner en anglais pendant un an.

Et ensuite ?

L’année suivante, j’ai eu la chance d’être admise à l’Université Laval de la Ville de Québec pour y suivre, durant quatre ans, des études supérieures. J’ai commencé par un Baccalauréat en Études internationales et Langues modernes (un baccalauréat au Québec est l’équivalent d’une licence en France)... mais, certaines épreuves de la vie et du temps qui passe m’ont poussé à oser faire ce que j’aime ! « Dire non à ce qui nous déplaît, c’est apprendre à dire oui à ce qui nous plaît ! »…

Qu’avez-vous fait ?

Je me suis inscrite en Baccalauréat Théâtre à l’Université Laval. Mes études ont consisté à apprendre tout ce qui concerne le Théâtre, de la scène à l’arrière-scène avec ses métiers touche-à-tout : conception d’éclairage, conception sonore, etc. Aujourd’hui, j’ai déménagé et vis à Montréal afin d’y obtenir, à l’Université de Montréal, un Certificat en Communication appliquée. J’ai parallèlement à mes études deux petits emplois dans des théâtres de Montréal. Et depuis un an, je tiens un blog qui me permet de partager mon amour du Québec grâce à des anecdotes, des découvertes et des voyages !

Avez-vous des anecdotes à partager ici ?

J’ai beaucoup d’anecdotes en tant que « fille des îles » qui découvre le Québec, son hiver, ses habitants, sa langue... Je vous cite trois de mes premiers pas.

Je me remémore sans cesse ma première soirée à Québec qui se déroulait dans un bar, lors de ma semaine d’initiation à l’Université. Je parlais avec quelques personnes lorsque l’une d’entre elles m’a dit : « Tires-toi une bûche ! » J’ai tourné la tête, cherché partout d’un regard anxieux le tas de bois où je pouvais trouver une bûche. Sans résultat. En fait, « se tirer une bûche » veut dire s’asseoir.

Lors de ma première semaine, je suis partie à Matane, à l’entrée de la Gaspésie. J’ai découvert avec fascination ces grands espaces qui s’étirent à l’infini et cette autoroute qui filait sans cesse tout droit jusqu’à l’horizon qui n’arrivait jamais. Magique, inimaginable !

Et ma première vraie tempête de neige vécue à Québec, avec un ami venu me retrouver à la maison pour faire une balade... Comme une enfant , je ne pus m’empêcher de rire et de me rouler dans la neige.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion ?

Il y a l’avantage parfois de l’anonymat, l’inconvénient de l’indifférence aussi. En tant que femme, je dirai que notre intégration semble plus facile au début, le mystère par rapport à notre île jouant peut-être. Mais cela s’estompe si nos comportements ne vont pas dans le sens de l’adaptation aux règles et savoir-vivre du pays. Ce qui semble normal du reste, quel que soit le lieu sur terre… Trois chiffres à vous donner le tournis vont vous permettre de comprendre que je me suis sentie comme une petite fourmi dans l’une des plus grandes universités du Canada : perdue parmi 43 000 étudiants, dont plus de 6 600 étrangers, et plus de 1 600 professeurs. Nous n’étions pas à l’école d’Ilet à Bourse !

Quel est votre regard sur le Québec ?

J’ai adoré étudier dans la ville de Québec. C’était la ville parfaite ! J’ai aimé à la folie ses petites rues, les habitudes que l’on peut y prendre malgré le froid, grâce à une ambiance sereine et respectueuse. Mais aussi grâce à ses habitants courtois et chaleureux. L’Université Laval et ses infrastructures m’ont beaucoup aidé à tisser des liens et créer de belles amitiés.

Et Montréal ?

Même s’il m’a fallu un certain temps d’adaptation à Montréal, j’apprends doucement à découvrir et aimer cette ville unique par sa diversité, très cosmopolite, contrastée, dynamique. Diversité au niveau de l’urbanisme (gratte-ciels, quartiers intimistes, Mont-Royal, parcs, le Fleuve...), diversité culinaire (pour tous les goûts, pour tous les budgets), diversité ethno culturelle... Il me semble impossible de s’y ennuyer tellement il y a de choses à faire. Alors oui, j’aime vraiment la qualité de vie que l’on peut avoir au Québec !

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

La mobilité m’a appris à vivre loin de chez moi et loin de mes proches, me considérant très chanceuse d’avoir des parents et une famille à la fois compréhensive et qui me soutient dans mes projets. Mais l’expérience de la mobilité m’a aussi appris à me découvrir. Cet hiver 2019 est mon sixième au Québec et je vous avoue qu’il m’a paru plus long, difficile et périlleux que les précédents. J’ai ressenti, pour la première fois, le manque de ma maison familiale et de mes ancrages. Il a fallu que je me repositionne par rapport à certains aspects de ma vie : oui, mon île me manque plus que tout au monde, mais je dois accepter de ne pas pouvoir y revenir tout de suite. C’est là, à un tournant délicat de ma vie, que j’ai réellement pris conscience de l’importance des personnes qui vous entourent et à quel point les amis que l’on a choisis peuvent vraiment devenir notre deuxième famille de cœur.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Euh... je dirai les miens en premier, mais en "second-premier" pour une gourmande qui ne s’en cache pas : la nourriture ! Je crois qu’il n’y a rien de meilleur qu’un bon rougail saucisse, un boucané, des sarcives, un macatia, des brèdes, des letchis, etc. Lorsque ma mère vient en vacances au Québec, sa valise se transforme en hotte du Père Noël : piment, limonade COT, achards, etc. Et je l’adore... sa valise. 

Quels objets de la Réunion avez-vous apportés dans vos valises ?

Honnêtement, vu que je suis venue au Québec avec une seule valise, je n’ai pas pu y amener beaucoup d’objets... La deuxième année, ma mère m’a offert une marmite à riz qui n’a, hélas, pas survécu à mes nombreux déménagements. Il y a trois ans, j’ai reçu un colis avec des produits réunionnais parmi lesquels un lambe drapeau de la Réunion... qui, depuis, trône toujours en belle place auprès de moi.

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

En premier lieu, je souhaite finir mon Certificat en communication (encore un petit mois !) puis, dès ce printemps, faire ma demande de Permis Post-Diplôme : un visa qui me permettra de rester travailler au Québec au moins pendant un an. Ensuite, je ferai ma demande de Résidence permanente ! Côté professionnel, j’aimerais me trouver un stage ou, mieux encore, un emploi dans le milieu culturel à Montréal. Côté blog, je vais continuer à me nourrir de tout l’amour que je porte au Québec, bien au chaud dans mon petit cœur, afin d’arriver à motiver les personnes qui hésitent à venir ici ou partir ailleurs (Réunionnais, Antillais, Guyanais, et tous autres horizons)... Un mot magique : OSER ! J’aimerais vraiment réussir à toucher, grâce à mon blog, beaucoup plus de Réunionnais et de Réunionnaises. 

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Petite visite au restaurant réunionnais Marmite sul’ feu à Montréal

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Naturellement, mes contacts premiers avec la Réunion restent ceux de ma famille créole ainsi que ceux de belles amitiés d’enfance, collège et lycée qui perdurent par delà l’espace-temps. Certain(e)s de mes ami(e)s étudient en France et d’autres au Québec. Nous nous voyons de temps à autre. Il m’est arrivé ici de rencontrer par hasard des « gens de mon pays », lors de sorties au restaurant ou de concerts que viennent donner des groupes réunionnais. L’une de mes fiertés : une photo prise avec Gilbert Pounia et ses Musiciens de Ziskakan au restaurant où je travaillais en juillet 2017.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Un regard d’espérance quand je vois le message d’harmonie tout de même que notre Île offre au monde dans la beauté de son métissage et de sa tolérance dans l’acceptation de la différence… Mais aussi un regard de crainte et de tristesse quand on observe notre économie insulaire si fragile, dépendante de l’extérieur pour l’essentiel et incapable d’assurer à elle seule la survie de ses habitants. Les bons choix ont-ils été faits par le passé pour lui permettre d’avancer la tête haute aujourd’hui ? La jeunesse d’une population est richesse dans tous les pays du monde, alors je reste optimiste pour cela, et notre Île doit simplement faire confiance et porter avec fierté ses jeunes vers leur avenir. 

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Il me semble exister trois catégories de personnes, tout du moins dans les cercles que j’ai pu côtoyer y compris à l’Université : ceux qui connaissent exactement la situation géographique voire l’histoire de notre Île, et cela me surprend toujours, ceux qui ignorent totalement son existence et enfin ceux qui en savent peu, mais avec plein de préjugés. Ce qui m’étonne encore le plus lorsque je dis que je viens de La Réunion, Île tropicale de l’Océan Indien, c’est que l’on me réponde souvent surpris : « Ah oui, mais pourtant t’es blanche ? » ou encore « Mais tu n’as pas l’accent antillais ! ». Avec du recul, ces situations délicates me font sourire, car elles sont souvent liées à une simple méconnaissance non avouée, mais j’ai toujours beaucoup de plaisir, de fierté à dire et expliquer d’où je viens.

Découvrir le blog https://terrissedepoche.com / www.facebook.com/terrissedepoche / Le profil de Barbara Terrisse / www.reunionnaisdumonde.com/r/1/Amerique-du-Nord

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