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Alain Miranville, professeur de Mathématiques à l’Université de Poitiers


Il a quitté l’île à l’époque où celle-ci n’avait pas de classe prépa, pour passer l’agrégation, étudier jusqu’au doctorat et faire carrière dans le monde universitaire. Alain Miranville développe aujourd’hui des projets internationaux avec la Chine, les Etats-Unis, le Congo, Haïti...


Pouvez-vous vous présenter ?

Alain Miranville, 50 ans, originaire de Saint-Gilles les Hauts. Mes parents étaient enseignants : au primaire pour ma mère, au collège pour mon père. J’ai fait mes études secondaires à la Réunion et après le BAC, je suis allé en classes préparatoires au Lycée Henri IV à Paris. A l’époque, il n’y avait pas de classe prépa à La Réunion et la mobilité était nécessaire pour suivre un tel cursus. Les choses ont bien changé, puisque La Réunion compte maintenant plusieurs prépas de bon niveau. Un collègue de l’ENS Rennes me disait récemment qu’il avait plusieurs bons élèves en provenance de La Réunion !

Qu’avez-vous fait ensuite ?

J’ai intégré l’ENS Cachan (maintenant ENS Paris-Saclay). L’avantage d’une ENS, c’est que outre les cursus universitaires classiques, on bénéficie de cours supplémentaires de très haut niveau. J’y ai passé l’Agrégation de Mathématiques, le DEA et ai débuté ma thèse, thèse de doctorat que j’ai continuée entre l’Université Paris Sud - Orsay et Bloomington, Indiana. Je suis resté aux Etats-Unis un an et demi pour mon service national au titre de la coopération. J’ai pu rencontrer dans ces deux universités des mathématiciens remarquables. Je pense à mon directeur de thèse, Roger Temam, l’un des tous meilleurs mathématiciens appliqués au monde. Je pense aussi au regretté Mark I. Vishik, immense mathématicien russe qui a été un de mes mentors et à Jerry Bona, maintenant un ami, mon premier contact avec un mathématicien américain. Il faut dire que les collègues américains sont beaucoup plus décontractés que nous ! On s’appelle par nos prénoms, on se tutoie dès le début. C’est impressionnant au début pour un étudiant français... J’ai été nommé Maître de conférences en 1996 à Poitiers, puis Professeur dans cette même université en 1998, poste que j’occupe toujours.

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

La mobilité m’a clairement apporté un épanouissement personnel et professionnel. Je n’aurais pas pu faire toutes les rencontres que j’ai faites, et que je continue à faire, si j’étais resté à La Réunion. A vrai dire, j’ai eu beaucoup de chance dans mon cursus et ma carrière : j’ai eu des enseignants remarquables, au collège, au lycée, en classes préparatoires, à l’université. Et depuis que je suis mathématicien professionnel, j’ai rencontré des collègues remarquables. Je dois avouer que je n’ai vu ni avantage ni inconvénient de venir de La Réunion dans mon parcours. L’Université Française est une université ouverte sur le monde, universelle, tolérante. J’espère que cela ne changera pas : je pense aux projets d’augmentation des frais d’inscription pour (dans un premier temps ?) les étudiants étrangers hors Union Européenne...

Quels sont vos projets ?

Je développe actuellement des collaborations avec mes collègues chinois. La Chine est un pays fascinant que j’aime beaucoup : sa civilisation, sa culture, sa (en fait ses) cuisine(s)… Je suis également très impliqué dans des coopérations avec la République du Congo Brazzaville et Haïti, deux pays francophones un peu oubliés par la France me semble-t’il… J’y rencontre des étudiants très bons, motivés, attachants, mais malheureusement isolés, qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Je souhaite m’impliquer encore plus dans ces coopérations, notamment dans des (co-)encadrements doctoraux, et bien sûr continuer à faire des mathématiques le plus longtemps possible…

Quel est votre regard sur l’université de La Réunion ?

Je suis heureux de voir qu’il s’y fait de belles choses. Je pense, si on se limite à ma discipline, à l’épistémologie / histoire des mathématiques avec notamment un enseignant-chercheur de tout premier plan. Il y a également d’autres pépites mais aussi des choses assez navrantes, même si elles ne sont pas l’apanage de La Réunion. Il est assez navrant de voir que les travers observés chez les politiques (coups bas, trahisons, petits arrangements entre amis…) se retrouvent à l’Université. Je le redis, ce n’est pas spécifique à l’Université de La Réunion qui fort heureusement a eu / a de très bons dirigeants à tous les niveaux. Je mentionnerai par exemple Frédéric Cadet, dont j’ai pu apprécier les grandes qualités humaines et scientifiques lorsqu’il était Recteur de l’Académie de Poitiers (j’étais alors membre du CA de l’IUFM, maintenant ESPE et rattachée à l’Université de Poitiers).

Qu’est-ce qui pourrait vous convaincre de revenir habiter à la Réunion ?

Ca n’est pas du tout d’actualité… J’ai déjà candidaté par le passé, sans succès, en tant que Maître de Conférences et Professeur à l’Université de La Réunion. Avec le recul, je me rends compte que ça a été une chance que de ne pas être retenu. Je n’aurais pas pu avoir la même carrière, contacts, collaborations, voyages… Bien sûr, personne ne peut dire de quoi l’avenir sera fait !

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Poitiers est une ville à taille humaine que j’aime beaucoup. Elle fait partie des villes les plus appréciées des étudiants et je les comprends : ouverte, tolérante, tranquille, pleine d’histoire. La région Poitou-Charentes est également très belle !

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Des souvenirs, des images, des odeurs, des saveurs, plutôt que des objets. Je garde bien sûr contact avec ma famille à La Réunion. J’y retourne via les congés bonifiés ou lors d’évènements familiaux exceptionnels.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La cuisine (de ma mère notamment), la chaleur (des habitants), une certaine joie de vivre malgré les difficultés. J’ai pu apprécier cela enfant, dans ma famille, du côté de mes deux parents. Ceux-ci étaient et sont très modestes ; je pense aussi à mes oncles et tantes, tous d’une immense générosité.


Voir aussi : www.reunionnaisdumonde.com/t/8/Service-Public (6925 inscrits)

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