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Patricia Acadine – portrait spécial retour (animation / sport)


Pas facile de se faire une place après 10 ans en métropole. Diplômée d’un Brevet d’État, du DEJEPS, d’un concours d’animation territoriale, Patricia ne manque pas d’idées et de projets dans son secteur d’activité : le sport et le volley-ball en particulier. Portrait.


Pouvez-vous vous présenter ?

Patricia Acadine, 41 ans. Saint-Pauloise pure souche, mes deux familles viennent de Tan Rouge et de la Saline les Hauts. Célibataire sans enfants, je vis à Saint Joseph. Je suis actuellement Assistante d’Éducation au collège de la Ligne des Bambous, et je prépare le concours d’animateur territorial (catégorie B). Je suis également entraîneur de volley au club du Tampon Gecko Volley et de la sélection régionale M12 filles.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai eu mon Bac en 1998, puis des études en STAPS m’ont amené à faire de l’entraînement sportif, notamment dans le volley-ball, mon sport de prédilection. Je suis entrée dans la vie active en 2000, en faisant de l’animation sportive pour les jeunes placés en foyer auprès de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Puis j’ai passée et réussi le concours d’entrée pour devenir Éducateur Spécialisé.Après une 1ère et unique année compliquée, j’ai préféré arrêté et faire un bilan de compétences...

Et ensuite ?

Ce bilan de compétences m’a amené à repartir vers de nouvelles études : le DUT Carrière Sanitaires et Sociales - Option Animation sociale et socio-culturelle, donc partir vers la métropole. En mai 2006, je suis partie afin de présenter mon dossier et passer l’entretien d’entrée, à Rennes puis à Figeac. J’ai réussi les deux entretiens, mais ça n’a pas pu se concrétiser car les démarches de financement que j’avais entamées avant mon départ (avec l’ANT et la Région), n’ont pu se faire. Pourquoi, je ne le sais toujours pas vraiment…

Qu’avez-vous fait ?

Je suis tout de même restée en métropole, à Bordeaux où j’avais de la famille, notamment chez mon cousin Patris qui m’a gentiment hébergée pendant un an (merci à lui et à Pauline !). J’ai travaillé comme surveillante d’internat. Malgré la présence de la famille en Métropole, les premiers mois ont été durs : la déception des études, le flou sur mon avenir professionnel et surtout le premier hiver.

Puis je suis partie à Plaisance du Touch près de Toulouse, où j’ai travaillé pour le club de volley-ball et joué en Nationale 3. J’ai été royalement accueillie par les gens du club et surtout par le Président Gilles COULONGEON et sa famille. J’y ai retrouvé des amies réunionnaises précieuses… J’ai finalisé mon Brevet d’État d’Éducateur Sportif de Volley. J’ai eu la chance d’avoir comme « cobaye » sur mon épreuve pratique les actuels pontes de l’Équipe de France, qui à l’époque étaient au Centre de Formation à Montpellier : une super expérience d’encadrer sur un moment des futurs professionnels. Ce fut le début de mon aventure toulousaine, qui a duré 10 ans !

J’ai travaillé dans l’animation périscolaire et dans le volley-ball en tant qu’agent de développement pour le Comité Départemental :j’ai amené deux fois la sélection M13 de Haute Garonne à la compétition nationale, tout en décrochant un titre départemental et un titre régional. Je travaillais avec la Mairie de Toulouse comme Éducatrice Sportive pendant les périodes de vacances et dans des clubs en tant qu’entraîneur : des jeunes aux seniors, du niveau départemental au niveau national. Entre temps en tant que joueuse, je décrochai deux titres de championnes de France avec la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail - fédération omnisports), en salle niveau honneur et en Beach, titre national avec Gaby et Angie. En 2017, j’ai obtenu le concours d’adjoint animateur (fonction publique territoriale)

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

Des raisons personnelles : la découverte d’une maladie, l’endométriose, a bouleversé mon quotidien et mon activité professionnelle, mais aussi l’envie de retrouver les miens. Je me suis décidée un an avant et j’ai profité pleinement de cette dernière année auprès de mon petit cocon d’amis à Toulouse. Je n’ai pas fait de démarches spécifiques, ni d’emploi ni autre. Je voulais me soigner et me ressourcer en priorité. Contrairement à ce que je pensais, ce fut difficile de partir et de laisser tout ce que j’avais construit pendant 10 ans.

Avez-vous eu des difficultés professionnelles à vous réinstaller ?

Oui et c’est toujours le cas. J’ai eu la chance de trouver rapidement un emploi dans le volley-ball puis j’ai connu une période de chômage d’un an. Il est difficile d’accéder au marché du travail à la Réunion et encore plus dans mon domaine : l’animation et le sport. Pourtant, j’ai un BEES, un DEJEPS, un concours dans l’animation et de nombreuses années d’expériences. Le plus dur je crois est de candidater et de n’avoir aucun retour. J’ai envoyé de nombreux CV, répondu à des offres, sollicité mon réseau personnel et professionnel... sans succès. En métropole on regarde le CV, les compétences et l’expérience, ici je ne sais pas quels sont les critères. Pour plus de 40 CV envoyés en un an, j’ai obtenu deux réponses et deux entretiens !

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

J’ai grandi à l’époque des carrys feu de bois, des repas de famille le dimanche avec les cousin(e)s à écouter les histoires et anecdotes des anciens ou pou joué quine, des vacances la kaz Mémé à jouer dans fond la ravine ! Aujourd’hui j’ai l’impression que notre spécificité régionale est moins présente et moins mise en avant. On suit la mode, ou ce qu’on pense être à la mode. On n’a plus la transmission, notamment de notre culture envers les plus jeunes… La consommation a envahi tous les niveaux.

Quels sont les points de satisfaction / déception de votre retour ?

La déception : Les gens me cantonnent souvent « à celle qui connaît tout » du fait que j’ai vécu en métropole. Je n’ai plus ce coté discret ou un peu effacé, voire complexé qu’on a souvent à la Réunion. Vivre en métropole m’a permis de prendre de l’assurance et de m’affirmer ! Comme là-bas c’est du chacun pour soi, il faut apprendre à se faire une place.
Les prix exorbitants à la Réunion.
La satisfaction : la gentillesse, i fé plaisir domoun i dit a ou bonjour dan chemin ! Les gens sont vraiment accueillants et chaleureux. Le métissage. Le cadre de vie : le soleil quasi permanent et les marchés forains pour les fruits et légumes.

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Ce fut une belle aventure avec des hauts et des bas. J’ai été confrontée aux préjugés, aux clichés et un peu au racisme sous-jacent. Mais je suis ravie d’avoir vécu là-bas et d’avoir pu connaître diverses régions, diverses personnes. La richesse et le mélange de la ville de Toulouse m’a permis d’avoir des amis précieux qui sont d’origine Martiniquaise, Ariégeoise, Niçoise, Marseillaise et bien d’autres ! J’ai également rajouté quelques belles lignes sur mon CV et affirmé ma personnalité.

Quels sont vos projets ?

Participer aux Jeux Mondiaux de la FSGT qui se déroulent début juillet 2019 en Espagne. En tant que coach de l’Équipe de France de Beach-volley. A ce propos je cherche des aides et des partenaires afin de boucler mon budget déplacement. J’ai trouvé un premier partenaire avec Nicolas Conradi qui produit du beachwear et surfwear aux couleurs du drapeau réunionnais. Ensuite pouvoir m’installer complètement, m’épanouir personnellement et professionnellement, notamment en apportant mon expérience à une association ou une collectivité dans le domaine du sport et de l’animation. Enfin, contribuer à développer le volley réunionnais.

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

Vien a zot ! Venez amener du sang neuf, de nouvelles idées et surtout de la création et des initiatives. C’est super d’aller voir ailleurs mais la Réunion a besoin aussi de ses natifs qui ramènent leurs compétences dans l’île. Egalement que les Réunionnais en place soit prêts à les accueillir et à leur donner de la place. On mise beaucoup sur la mobilité, on devrait aussi penser au retour !


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