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Le projet des « Fondamentaux pour l’île de La Réunion »


Partant de ce que nous avons fait depuis 1665, quels principes doivent guider nos actions ?

Extrait du Journal de Paul Hoarau (juillet 2019) / Lire aussi : Trois planètes sur un caillou - Analyse


« Les fondamentaux » qui vous sont présentés, sont une nécessité. La plus grande confusion sur notre identité, nos appartenances et les pouvoirs dont nous disposons, règne dans les esprits des dirigeants, des acteurs et des citoyens. Cette confusion a causé de graves dégâts.
Sont sorties de cette confusion des politiques dont les résultats ne sont pas à la mesure des moyens investis ; des politiques précaires qui ne répondent ni aux réalités, ni aux attentes du pays.
Certes, « la crise » explique en partie les difficultés à remédier aux problèmes ; mais la crise n’explique pas tout et, ici, elle n’est pas la principale cause de ces difficultés. Les mauvaises bases - les mauvais « fondamentaux » - de la politique à La Réunion sont, de loin, la cause la plus déterminante de cette sorte de paralysie qui pénalise notre développement pour un mieux-être individuel et collectif des Réunionnais.

Une clarification est nécessaire. « Les fondamentaux » qui vous sont présentés, ne sont pas « le manifeste » d’une organisation quelconque, et encore moins d’un parti politique. Ils s’adressent à toutes les catégories de personnes, d’organisations et de corps constitués. Ils doivent, en effet, imprégner l’ensemble du corps social réunionnais pour donner unité et cohérence aux actions de ses diverses composantes.

Pas d’auteurs pour « les fondamentaux », pas de copyright. Un bien réunionnais collectif, et un bien propre à chaque Réunionnais.

Les fondamentaux qui vous sont présentés comprennent trois parties :
I. L’identité et les appartenances réunionnaises et leurs conséquences ;
II. Les pouvoirs dont disposent les Réunionnais pour imaginer, formuler et conduire le développement de leur pays ;
III. Quelques principes d’action.

I - IDENTITÉ ET APPARTENANCE

L’identité est liée à plusieurs facteurs qui la constituent et qui évoluent. Pour être bien dans sa peau et agir de façon féconde, il faut avoir une conscience claire et chevillée au corps, de tous ces facteurs.
L’identité réunionnaise spécifique est liée aux facteurs suivants : les origines des femmes et des hommes qui peuplent l’île depuis le commencement jusqu’à nos jours ; le métissage ; l’enracinement dans la terre du pays ; l’identité nationale française ; les appartenances à la République française et à l’Union européenne, à l’Indianocéanie, l’attachement aux continents des origines (Afrique, Asie, Europe) ; l’appartenance au monde ; la langue nationale française et la langue créole ; le vivre ensemble ; la créolité ; la laïcité.

Les hommes et les femmes qui ont peuplé l’île :

Les femmes et les hommes qui ont peuplé l’île viennent d’Afrique, d’Asie, d’Europe, depuis les origines, et cela continue de nos jours. Ils apportent avec eux des cultures différentes.

Le métissage

Dans une île petite et isolée, le métissage s’est pratiqué dès les origines, d’une façon générale malgré les lois et souvent contre les lois. Ce métissage se poursuit et se développe encore de nos jours. Le métissage est une forme de notre « vivre ensemble » et il préfigure le nouveau monde de demain.

L’enracinement dans la terre du pays :

Devant la difficulté de sortir de l’île (autrefois plus encore qu’aujourd’hui), esclaves, engagés, colons et immigrés divers s’y sont enracinés et se la sont appropriée. La terre de BOURBON puis de LA REUNION, est devenue pour tous, la terre de LEUR pays commun. Les ORIGINES sont multiples, mais LES RACINES sont ici. Les champacs du bas de la route des Plaines, sont d’origine indienne, mais enracinés à La Réunion ; de même, les platanes des hauts de la route des Plaines sont d’origine française, mais enracinés, également, à La Réunion. Cet enracinement en terre réunionnaise nourrit l’unité de notre peuple.

L’identité nationale française

Notre identité nationale française est le résultat de « la politique et de l’Histoire », mais elle a changé de nature. Expression de la domination de la France, uniformisatrice et centralisatrice jusqu’en 1982, elle exprime aujourd’hui l’adhésion de notre peuple à la République et à la Nation françaises. La Réunion est un pays et les Réunionnais sont un peuple, parmi les autres pays et les autres peuples français.

Nos appartenances française et européenne, indianocéanienne et mondiale

Nous appartenons, à un certain nombre « d’ensembles » qui sont aussi, constitutifs de notre identité :

a) L’appartenance française et européenne : nous ne sommes pas la propriété de la France ; nous faisons partie de la Nation et de la République au même titre et à égalité avec les autres Régions françaises, en raison de notre STATUT de Français.
L’appartenance européenne découle de notre appartenance française.

b) L’appartenance indianocéanienne : L’appartenance indianocéanienne découle de notre réalité historique, géographique et culturelle. Nous ne sommes pas en France, nous ne sommes pas en Europe, nous ne sommes pas en Afrique, nous ne sommes pas en Asie, nous sommes au milieu des îles du sud-ouest de l’Océan Indien. Ces îles ont des histoires communes : celle de leur peuplement, celle de l’époque coloniale ; leurs peuples sont cousins, et les échanges familiaux, économiques, culturels et sportifs sont quotidiens et intenses. Ces îles partagent entre elles une vie commune très active. Les politiques du passé colonial les ont voulues séparées ; la politique nouvelle de l’Indianocéanie sera de les rassembler pour une coopération communautaire. Il faut donner un nom à cet ensemble pour que les peuples retrouvent leur identité commune, tronquée dans le passé par des séparations artificielles et arbitraires. Ces îles sont l’INDIANOCEANIE. Leurs relations avec les continents des origines (Afrique, Asie, Europe) sont très étroites et très fortes.

c) L’appartenance mondiale : Nous appartenons, identifiés et reconnus, à la communauté des peuples du monde, avec lesquels nous pouvons ouvrir des relations directes.

Notre langue nationale française et notre langue créole

Le français, que nous nous sommes approprié, est constitutif de notre identité réunionnaise, mais aussi l’expression de notre appartenance française.– Le créole, notre langue, la langue que nous avons forgée nous-mêmes, ici, est l’expression de notre métissage - L’une et l’autre sont l’expression de notre créolité .

Notre vivre ensemble

La rencontre de civilisations différentes sur l’espace restreint de notre île, n’a pas provoqué de « choc », mais généré un vivre ensemble sur fond de métissage et de respect de l’autre.

La créolité

La diversité des origines, leur métissage, l’appropriation de la langue française et la création de la langue créole, ont engendré une culture nouvelle, notre culture créole réunionnaise.

La Laïcité

Le vivre ensemble de la diversité des origines et de la créolité ont instauré à La Réunion une pratique naturelle de la laïcité, bien avant que le sujet fasse, en France, l’objet de débats et de lois. Même à l’époque où la religion catholique avait le statut de religion d’Etat, ce dernier a dû reconnaître l’exercice des autres religions introduites dans l’île par nos compatriotes d’origines indienne, chinoise, malgache ou africaine. Dans les varangues, les cours et les marronnages, la séparation des religions et de l’Etat était un fait allant de soi dans la conscience des gens. Cela, malgré les lois.

« Chacun des constituants de notre identité a déterminé « la manière réunionnaise », que nous devrons mettre en œuvre, sans complexe, pour notre développement »

II – POUVOIRS ET RESPONSABILITÉ

Jusqu’en 1982.

Au temps de la colonie et avant 1982 :
- La Réunion était une possession française, une propriété de la France.
- Les gouverneurs, puis les préfets, exerçaient sur les collectivités locales la tutelle de l’Etat.
- Les budgets qu’elles votaient, pour être exécutés, devaient être approuvés par le gouverneur au temps de la colonie, puis par le préfet après la départementalisation.

La situation nouvelle depuis 1982.

Depuis la décentralisation en 1982, selon l’esprit de la loi :
- La Réunion n’est plus une possession, une propriété de la France.
- Les Réunionnais sont un peuple parmi les peuples qui forment la Nation française ; l’unité de la République s’enracine dans la diversité des pays qui la constituent.
- La politique de développement de La Réunion peut être de la responsabilité d’un pouvoir politique local, en concertation avec les forces vives du pays. C’est à ce niveau que peut et devra être établi un « projet réunionnais ».
- « Le projet réunionnais » sera l’exploration de toute la réalité locale pour la mise en oeuvre d’un modèle original.
- « Le projet réunionnais » s’établira dans le cadre des lois et règlements nationaux, européens, indianocéaniens, adaptés aux réalités locales. Des expérimentations sont possibles.
- Ainsi les élus locaux seront responsables et dans l’obligation de travailler sans pouvoir se défausser totalement sur « l’Etat ».

III – QUELQUES PRINCIPES

Subsidiarité et solidarité

Au commencement du développement de notre pays, il y a nous, et c’est la subsidiarité.
Comment envisageons-nous ce développement ? Quelles sont nos ressources, quels sont nos moyens, nos projets ? Que faisons-nous ? La subsidiarité, c’est réfléchir d’abord nous-mêmes, à la mise en œuvre de ces ressources et de ces moyens. La subsidiarité, c’est le traitement des problèmes locaux, d’abord au niveau local : ce que nous pouvons faire par nous-mêmes.
Dans un deuxième temps, il y a ceux qui peuvent nous aider, et c’est la solidarité. Qui peut, à l’extérieur, nous permettre de réaliser notre projet (moyens humains, moyens techniques, moyens financiers) : la République française, l’Union européenne, l’Indianocéanie, les pays des origines, d’Afrique, d’Asie et d’Europe, et les autres.

Liberté et responsabilité

Nous sommes libres d’imaginer, de diriger et de développer notre île de façon autonome. Ce qui signifie que nous serons responsables de ce que nous aurons fait. Il est évident que cette liberté s’exercera dans le cadre des règles propres aux ensembles auxquels nous appartenons : la République française, l’Union européenne, l’Indianocéanie, etc.

Egalités, droits, mérite

Humains, nous sommes tous égaux. C’est l’égalité de notre nature humaine. Nous avons des droits imprescriptibles. Si pour des raisons diverses, une personne ne bénéficie pas de ces droits, ses proches ou la société ont le devoir de les lui assurer. A côté de ces droits, nous avons des devoirs. Enfin, certains droits s’acquièrent par le mérite.

Partenariat et dialogue

La société contemporaine tend vers moins de hiérarchie et plus de partenariat. La résolution des problèmes se fait moins dans l’affrontement et davantage par le dialogue. Moins d’avancement sur ordre, plus de progrès par l’échange, le dialogue, la négociation, nous gagnerons davantage.

Le corps électoral, premier corps de l’État

Le premier « corps constitué de l’Etat », c’est le corps électoral qui est le plus important de tous, de par le nombre d’une part, et de par sa fonction d’autre part. Les électeurs sont, à travers « le corps électoral », l’expression institutionnelle de la souveraineté du peuple. La souveraineté du peuple s’exprime démocratiquement, de façon permanente et normale, à travers les organisations et les citoyens divers et variés en dehors des élections politiques. Si la démocratie électorale ne fonctionne plus, si « le corps électoral » ne peut plus exercer correctement sa fonction, le peuple souverain peut s’exprimer et agir directement par différentes formes de manifestations. Il y a crise.

La classe politique et les électeurs eux-mêmes ont oublié cela. Les hommes politiques se conduisent en patrons des électeurs, alors qu’ils en sont les serviteurs. Ce sont les électeurs en « corps constitué », à l’occasion des élections, qui nomment ou révoquent, personnellement, les hommes politiques.
Les électeurs – même s’ils appartiennent à un parti – doivent pouvoir se placer au-dessus des partis, pour juger et jauger personnellement ceux et celles qui sont candidats pour les servir, et ceux qui auront été élus.

Unité de la diversité

L’unité n’est pas l’uniformité. L’unité de la République Française est faite de la diversité des pays et des peuples qui la constituent. L’unité ne se fait pas par le clonage d’un modèle dominant, mais par le vivre ensemble de la diversité, par la libre expression des diversités, le dialogue, la négociation, les accords, le partenariat, dans le cadre de règles librement consenties.

Démocratie

La démocratie découle de la souveraineté du peuple. Les élus majoritaires conduisent la politique du pays. Mais les élus minoritaires ont le droit de s’exprimer et doivent participer à la conduite de la politique du pays, soit en s’opposant aux décisions de la majorité, soit en les amendant, soit en les adoptant. Les élus minoritaires ne doivent pas se contenter de critiquer ceux qui sont aux affaires, encore moins de les critiquer systématiquement. Si ces comportements contribuent à contrecarrer le développement du pays, ils en porteront la responsabilité. Ils ne sont pas en charge de conduire des affaires, mais ils font partie du pouvoir.

Les citoyens ont le droit de s’exprimer librement par des prises de parole, des écrits, des manifestations publiques. Les électeurs doivent pouvoir être consultés directement par référendum sur des sujets d’intérêt national ou sur des sujets d’intérêt local, dans des conditions bien déterminées.
Les votes blancs doivent être comptabilisés comme « suffrages exprimés » dans les résultats des élections.


Lire le Journal de Paul Hoarau sur http://reelr974.eklablog.com / www.facebook.com/lejournaldepaulhoarau / Contact : [email protected]

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