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Incendie d’une usine chimique à Rouen : une Réunionnaise témoigne


Une semaine après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, Maryse Leperlier, Réunionnaise habitant à une quinzaine de minutes du site, attend toujours de savoir quelle est la dangerosité des fumées et des suies qui ont envahi la ville. Elle dénonce surtout la mauvaise communication et la gestion de la crise. Pour elle, «  à La Réunion, nous, on sait tout arrêter pour mettre les gens à l’abri  ».

Un article de Hervé Chossat paru dans Le Quotidien du 04/10/2019


Une semaine après l’incendie de l’usine Lubrizol, de nombreux habitants de Rouen sont toujours sous le choc, parfois rongés par l’inquiétude, en tout cas attendant des réponses qu’ils n’ont toujours pas. Parmi eux des Réunionnais comme Maryse Leperlier.

La jeune femme, originaire de Mont-Vert les Bas, habite sur les hauteurs de la ville à une quinzaine de minutes à peine du site qui a pris feu. Ce soir-là, vers quatre heures du matin, elle a entendu une explosion. «  Comme j’habite dans un quartier chaud où il y a régulièrement des problèmes j’ai pensé à une voiture qui brûlait. Je n’y ai pas prêté attention  », raconte-t-elle.

Mais le lendemain matin au réveil, avec une vue imprenable sur la ville, elle comprend rapidement. «  Toutes les routes étaient bouchées avec des embouteillages. Il y avait une fumée impressionnante avec une odeur qui sentait le pétrole et le plastique brûlé, c’était très embêtant. Je n’ai pas pu aller travailler et je suis restée à la maison avec ma fille de quatre ans à attendre et à essayer de savoir ce qu’il se passait réellement.  »

Mais comme nombre d’habitants de la ville, elle dénonce en ces premières heures «  une absence totale de communication. On n’a rien su, puis on nous a dit que l’on pouvait boire l’eau du robinet mais qu’il fallait éviter les légumes. C’est tout  ».

Pour la Réunionnaise, cette communication est difficile à comprendre  : «  Chez nous, on a l’habitude des cyclones. On sait arrêter toute activité économique s’il le faut pour que les gens se mettent à l’abri avec des consignes claires, puis une fois le danger écarté, on sait aussi redémarrer très rapidement. Là, j’ai du mal à comprendre. On s’attendait à une communication claire, à des consignes, à une mise en sécurité. Et puis, rien ou presque. C’est inadmissible. Il n’y a même pas eu de sirène d’alerte pour indiquer le danger. C’est seulement lorsque j’ai pu aller travailler que la société qui m’emploie m’a, elle, donné des consignes claires, a minima, comme de fermer toutes les aérations extérieures et de boire de l’eau en bouteille.   »

Que donnent ces produits en brûlant ?

Elle a aussi beaucoup de mal à comprendre comment de telles défaillances de communication d’urgence peuvent être possibles alors que la même usine a déjà connu un incident, il y a quelques années.

Et elle admet encore moins les polémiques naissantes pour déterminer les responsables de ce sinistre industriel  : «  Pour l’instant, savoir ce qu’il s’est passé et qui doit endosser la responsabilité et payer les dommages, ce n’est pas mon problème. L’école de ma fille est vraiment très proche du site, elle a quatre ans et je veux d’abord savoir si les produits qui se sont disséminés dans l’air, dans la ville, sur les sols, sont dangereux et ce qu’ils peuvent provoquer. C’est ça l’urgence et on ne sait pratiquement rien.  »

Il est vrai que si les 5 000 tonnes de produits chimiques détruits dans l’usine Lubrizol sont connues, leur dangerosité pour la santé pose encore question comme l’a reconnu la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mercredi  : «  Aujourd’hui, personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu’ils brûlent […]. L’État aujourd’hui ne peut répondre à cette question.  »

Si Maryse attend avec impatience que les experts et l’enquête en cours apportent rapidement une réponse, tous les chimistes le savent bien  : la combustion avec autant de produits chimiques entraîne une production de dioxines probable.

C’est pour cela que Maryse ne décolère pas  : «  Nous sommes grands. Nous ne sommes pas des gamins et l’on peut comprendre les choses. Dès les premières heures, face à ce risque non négligeable, on aurait dû alerter, donner des consignes de sécurité claires et fortes. C’est inacceptable.   »

Une semaine après l’incendie, l’odeur a baissé mais elle est toujours là, tenace, indique la Réunionnaise qui se désole, avec humour, des conséquences du sinistre  : «  J’avais décidé cette année de me faire un petit potager sur mon balcon. Pour la première fois, j’avais de belles tomates qui poussaient dans les jardinières. Elles sont toujours là mais avec la suie et les poussières qui ont volé dans toute la ville, c’est sûr que je vais être prudente et, tant pis, je ne les mangerais pas. Et de conclure  : Il faut maintenant trouver des solutions et surtout rassurer la population. Mais il faut aussi faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Ici, c’est un grand pays avec des sous, ça doit être possible.   »


Texte : Hervé CHOSSAT - Le Quotidien de la Réunion / Photos : Rouen dans la rue

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