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Le jour où… Nous avons conduit un scooter à Saigon


Aventuriers réunionnais de la mobilité, Nirina et Rodolphe font le tour du monde depuis quatre ans sans réel budget. Ils nous racontent leur voyage dans une série d’articles. Episode 5 : Le jour où… Nous avons conduit un scooter à Ho Chi Minh City (et que la police nous a encore arrêté !)


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copyright : Rodolphe Sinimalé
Saigon en scooter !

Journal des aventuriers - Mai 2010 :

« Ho Chi Minh City (HCMC), que tout le monde continue d’appeler Saigon sauf une poignée de fonctionnaires vietnamiens zélés, ne dort plus depuis longtemps. Le boucan des mobylettes et autres scooters antédiluviens a à jamais remplacé le délicat glissement des vélos sur l’asphalte. Nombreux sont les deux roues importés du grand frère russe ; ils sont certes de conception archaïque mais c’est cette même simplicité qui les rend quasi-indestructibles. La méga cité compte aujourd’hui plus de 10 millions de bécanes !

Aussi, pour l’émotion, oubliez les promenades historiques sur les bords du Mékong et autres visites guidées de mausolées vietminh : essayez « juste » de traverser la rue ! « Juste », car l’expérience est tout bonnement irréelle et le flot ininterrompu. Une image ? Vous conduisez tranquillement votre voiture pour rentrer à la maison et, soudainement, le temps se couvre. Les nuages, chargés et gris comme un ciel de Paris en octobre, s’accumulent, fusionnent et le ciel jadis si léger disparaît à jamais. Une goutte, puis deux, viennent s’écraser nonchalamment sur votre pare-brise, puis c’est l’hécatombe immédiate et tropicale. On n’y voit plus rien, si ce n’est ces milliers de perles menaçantes qui se dirigent droit vers vous. Vous voyez ce que je veux dire, n’est-ce pas ?

Ainsi en est-il de cette horde de motos qui déferle tout droit partout, sur la route et sur les trottoirs. Quant à vous, simple piéton impuissant mais volontaire, vous vous avancez d’un pas prudent. Le secret réside dans ce que j’appelle la « Loi des contraires » : ce que vous pensez être normal chez vous peut tout simplement être irrationnel ailleurs. Alors vous foncez droit devant, (presque) sans regarder. Et n’essayez surtout pas d’éviter l’armée de pignons en folie : c’est eux qui vous évitent ! À peu près sain et sauf, vous ralliez enfin cette autre rive qui, l’espace de quelques secondes interminables, vous a paru si lointaine. Derrière, le flot semble s’être tu, mais ce n’est en réalité qu’une courte trêve avant le nouvel assaut…

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copyright : Rodolphe Sinimalé
Ho Chi Minh City

L’ambassade de France à HCMC stipule : « Suite aux très nombreux accidents de la circulation à HCMC, il est formellement interdit aux touristes de louer des deux roues ». Peine perdue, de petits commerces dispatchés aux quatre coins de la ville – mais surtout concentrés à Pham Ngu Lao, le « Khao San Road vietnamien » – ont éclos bien avant un quelconque printemps juridique et proposent, sur une même enseigne tapageuse : visites guidées, nems, soupes Pho sales, T-shirts saïgonnais et… motos à louer !

Lorsque vous voyagez ici ou ailleurs, vous vivez certainement des moments forts, intensifs, inoubliables. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ce qui vous manque le plus durant ces sublimes instants, ce sont ceux qui sont restés à la maison et que vous aimez tendrement. Qu’ils soient là, à vos cotés, partageant cette expérience magique, pourrait bien être votre unique souhait. C’est aussi pour cela que nous avons toujours encouragé nos amis, de La Réunion et d’ailleurs, à venir nous rejoindre et vivre, l’espace de quelques jours ou de quelques semaines, une autre vie et découvrir nouveaux horizons. Expérimenter l’aventure « with no plan as a plan ». Je prends, je l’avoue, un très grand plaisir à observer les yeux de mes compagnons de voyages s’écarquiller à n’en plus finir lorsque le spectacle se fait grandiose…

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copyright : Rodolphe Sinimalé
Motos alignées à Ho Chi Minh City.

Et le Vietnam regorge de miracles.

Saigon accueille, en cette fin de mois de mai, un invité d’honneur : Thierry Pota, un ami au grand cœur, marmaille de la cité Cow Boy que je connais depuis ce qui semble être l’éternité. Aussi, après des années de rudes pourparlers, lorsqu’enfin il s’est décidé à faire ses premiers pas asiatiques, Nirina et moi ne pouvions que nous réjouir sincèrement !

Nous voilà donc trois Réunionnais en vadrouille, arpentant les infinis et secrètes ruelles du poumon économique du pays, ancien siège du vietminh. A l’extravagance des lieux se surajoute la subtile magie des parfums de la cuisine vietnamienne. Le pays, affirme-t-on ici avec le sourire, recèle plus de 4000 spécialités culinaires ! Autant vous dire que, même si la cuisine est légère et les rations mesurées, ce n’est pas la qu’il faut venir pour débuter un régime ! Les nems, ces petites crêpes de riz frites ou crues, remplies à foison de crudités et autres tofus, émerveillent constamment le palais. Et les succulentes soupes, brulantes ou glacées, à apprécier à toutes heures de la nuit et de la journée, sont le parfait antidote à la déshydratation qui guette le touriste inhabitué : il fait ici plus de 40 degrés et le taux d’humidité avoisine les 90 % !

Puisque nous n’avons ensemble que quelques jours à partager, nous restons à Saigon, histoire de rencontrer des gens et de parfaire notre savoir culinaire (Nirina et moi-même avons coutume de dire que notre quête spirituelle se transforme, lentement mais surement, en échange culturel gastronomique). Mais les températures intenables nous empêchent toute exploration en bonne et due forme et, pour une fois, nous ne pouvons marcher plus de quelques kilomètres par jours. Nous trouvons alors un moyen alternatif des plus alléchants : le scooter ! L’aventure et le frisson pour 8 euros par jours avec, en prime, la sensation d’ôter notre habit de touriste et de se fondre dans la masse. Qui plus est, notre charmante et locale guide du jour, Jenny, est une excellente amie qui connaît comme sa poche la mégalopole et qui semble être née avec un guidon dans les mains. Malgré les réticences de notre ami Thierry, peu enclin à braver les interdits en pays lointain, nous nous mettons en quête du graal.

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copyright : Rodolphe Sinimalé
Trois réunionnais à Saigon, bien accompagnés par des Vietnamiennes.

A une centaine de mètres de notre guest house, nous trouvons enfin chaussure à notre pied, guidon à notre budget. Notre interlocuteur n’est pas étonné de nous voir ici et nous surprenons même, non loin du comptoir, quelques étrangers à motos se faufiler entre les traditionnels pousse-pousse et autres rutilantes Mercedes Classe S. Rassurés, nous prenons les clés et fonçons tout droit vers le Ben Thanh Market pour une prise en main hésitante. J’ai beaucoup de mal à suivre notre convoi – Nirina et Jenny ont disparu depuis longtemps devant, et j’ai grand peine à garder la distance avec Hoa, pilotant une deuxième moto. Finalement, je retrouve rapidement mes réflexes de motard, mais n’oublie cependant pas la Loi des contraires suscitée. Arrivés entier – nous sommes toutes et tous sous l’effet euphorique de notre virée - pour une pause rafraichissante méritée (eau de coco et jus de corossols frais), je décide Thierry pour la ballade de sa vie. Nous sautons de nouveau sur notre cheval d’acier et embarquons pour une traversée épique à la recherche d’une pâtisserie réputée.

Nous roulerons à peine 500 mètres.

Déjà, un policier autoritaire nous fait sévèrement stopper. A peine redescendu sur terre de notre rêve éveillé, deux hommes sortis de je-ne-sais-ou s’affairent à nous extorquer quelques billets en échange de notre liberté. Que nenni ! Je ne suis pas d’humeur à payer et, de toute façon, n’en ai pas le budget (plus de 25 euros, soit presque la moitie d’un salaire ici). Même si mon cœur bat au moins à 100 à l’heure, je feins l’assurance pour que Thierry garde un semblant de sourire. En réalité, je n’en mène pas large ! J’ai malheureusement l’habitude de ces situations. Voyager dans ces contrées ou la corruption gangrène littéralement la société vous expose, tôt ou tard, à ce genre de négociation forcée. Il nous faudra plus de trois heures acharnées (!) pour trouver une issue à la situation.

Mais nous n’échapperons pas, cette fois, au paiement d’un bakchich en bonne et due forme. Le motif ? Dépassement de la ligne blanche… ».

A suivre…

Lire aussi :
- Aventuriers réunionnais de la mobilité : ils font le tour du monde…
- Episode 1 : Le jour où... Nous avons traversé le Japon sans un rond
- Episode 2 : Le jour où… Nous avons fêté l’Independance Day à Chicago
- Episode 3 : Le jour où… J’ai fait une retraite dans un monastère bouddhiste thaïlandais
- Episode 4 : Le jour où… Nirina a fêté son anniversaire au Mont Cook en Nouvelle Zélande
- Episode 6 : Le jour où… Nous avons appris à faire des pizzas en Italie
- Episode 7 : Le jour où… Nous avons partagé des gâteaux dans la rue à Barcelone
- Episode 8 : Le jour où… J’ai dormi chez un chauffeur de taxi en Inde
- Episode 9 : Le jour où… Nous avons rencontré un couple de Réunionnais en Australie
- Episode 10 : Le jour où… Nous nous sommes faits arrêter par une fausse milice à Madagascar
- Episode 11 : Le jour où… Nous nous sommes faits arrêter par une fausse milice à Madagascar 2/2
- Episode 12 : Le jour où… J’ai rencontré ma famille mondiale (1ère partie)
- Episode 13 : Le jour où… J’ai rencontré ma famille mondiale (2e partie)
- Episode 14 : Le jour où… Nirina partagea un moment lyrique
- Episode 15 : Le jour où... j’ai rencontré le maître de méditation américain Alan Wallace
- Episode 16 : Le jour où… J’ai visité le PIA Mind Centre en Thaïlande
- Episode 17 : Le jour où... j’ai rencontré Matthieu Ricard, moine bouddhiste et écrivain
- Episode 18 : Rodolphe et Nirina : plaidoyer pour le sourire
- Episode 19 : Le jour où... J’ai fait goûter le gâteau patate partout dans le monde
- Episode 20 : Le jour où… J’ai pris le temps de vivre à Madagascar
- Aventuriers réunionnais de la mobilité : l’heure du retour
- Les secrets du voyageur : sourires, réseaux et partage
- Rodolphe et Nirina, l’interview

Joindre Rodolphe et Nirina : [email protected]


Rodolphe Sinimale is a traveler, meditation teacher and writer.
In 2006, he left his position and sold out every little thing to focus entirely on the spiritual path. His search has led him all over the world - from Madagascar to Vietnam, from New-Zealand to Japan, from USA to Thailand – in order to learn, to give and to share.

Rodolphe Sinimale holds a M.B.A in Human Resources Management, from the Paris Graduate School of Management, France.

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copyright : Rodolphe Sinimalé
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