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Spécial Retour : Laurence Françoise, présentatrice du JT d’Antenne Réunion


Comment rentrer travailler à la Réunion après une période de mobilité ? Quelles sont les difficultés rencontrées sur le marché de l’emploi local ? Après des études en journalisme à l’ESJ et six ans passés entre Nancy et Paris, Laurence a murement préparé son retour à la Réunion avec mari et enfants. Ajourd’hui après plusieurs expériences en tant que pigiste, elle a décroché un poste de fixe de présentatrice du JT d’Antenne Réunion le week-end.


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Laurence Françoise, présentatrice du JT d’Antenne Réunion
Crédit photo : Pierre Marchal pour Antenne Réunion.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots svp ?

Laurence Françoise, présentatrice des JT du week end sur Antenne réunion depuis octobre 2010. , j’ai quitté la réunion en août 2000 pour suivre une formation en école de Journalisme à Paris. J’y suis restée six ans. Je suis partie parce que je voulais faire une école de journalisme et parce que la formation info-com de l’époque n’était pas aussi journalistique qu’elle ne l’est maintenant.

D’où êtes-vous à la Réunion ?

J’ai grandi dans l’ouest et fait toute ma scolarité à Saint Gilles les Hauts. Je viens d’un milieu d’enseignants où on est enseignant de père en fils…Je me destinais à une carrière de professeur d’anglais car la profession de journaliste n’était à l’époque pas accessible ici (1995). C’est devenu un projet réalisable pour moi lorsque j’ai eu l’opportunité de « sauter la mer » pour me former . Mes sœurs et moi avons innové dans la famille. L’une est dans le milieu de l’aérien et l’autre dans le mannequinat.

Quel a été votre parcours de mobilité ?

J’ai profité d’une mutation de mon mari pour me former. Je suis restée six ans en métropole, entre Nancy et Paris. Après une fac d’anglais et une fac de lettres, j’ai fait une école de journalisme, l’ESJ. Puis, j’ai fait mes premières armes en presse écrite pendant quelques années. Revenue en 2006 à la Réunion, j’ai travaillé quelques temps en radio où je présentais les journaux du week end et quelques années en Télé. J’ai commencé les remplacements sur les journaux en janvier 2010 : journaux du week end, journaux en créoles, etc. Depuis octobre, j’ai rejoint Antenne Réunion pour présenter les JT du week end.

Avez-vous préparé votre retour d’une façon spécifique ?

Je suis rentrée car mon mari a été muté ici. Je l’ai suivi. J’ai fait le choix de l’amour en quelque sorte. Après avoir passé six années en métropole, nous nous étions préparés à rentrer car notre retour faisait l’objet d’une mutation. C’est un biais qui permet de se préparer psychologiquement et d’organiser son départ dans le temps. Je crois qu’en tant que réunionnais, nous sommes génétiquement programmés pour rentrer. Alors nous avons misé sur la qualité de vie pour nos enfants. Deux d’entre eux sont nés en métropole et n’ont pas connu cette qualité de vie que nous avions lorsque nous vivions ici.

Décrivez nous votre état d’esprit à l’atterrissage à Gillot.

C’était le choc thermique, si on peut dire, comme à notre arrivée à Nancy six ans plus tôt d’ailleurs ! On est passé de températures négatives à une chaleur pesante. Ce qui surprend ce sont les premières images de la côte nord avant l’atterrissage à gillot, c’est magnifique et dépaysant à la fois. Totalement différent de Paris, de ce halo de polllution qu’on voit depuis les airs, de cette hyper construction typique de la capitale…Choc thermique, choc visuel, particularité des odeurs aussi… On est de retour chez soi..

Avez-vous eu des difficultés (professionnelles ou autres) à vous réinstaller ?

Nous n’avons pas eu de difficultés matérielles d’installation puisque notre retour était préparé. Ayant des enfants, on se devait de tout régler dans les moindres détails : inscriptions scolaires, emménagement, etc. Maintenant, il faut s’attendre à des difficultés professionnelles avec plus de 50% de chômage chez les jeunes, et à ce que la mayonnaise ne prenne pas tout de suite. En ce qui me concerne, j’ai eu de la chance. Arrivée en août ici, j’ai envoyé des candidatures en septembre et j’ai eu les premières réponses un mois après. Ma formation et mes diplômes étaient précis, alors ma demande était aussi précise. Je n’ai pas perdu de temps dans ma recherche d’emploi...

Dans quel état avez-vous trouvé le marché du travail en rentrant ?

Les formations ont changé, il y a bien plus de choix qu’il y a 10 ans. Mais malheureusement cela ne veut pas dire qu’il y a plus d’offres d’emploi. Lorsque j’étais à la fac, il n’y avait pas de fac de médecine, pas de prépa lettres, etc. Par ailleurs, je n’ai pas ressenti d’avantage ou de facilité à cause de mes origines et grâce à la mobilité que j’avais suivie. On ne vous déroule pas le tapis rouge sous prétexte que vous êtes allée vous former.

Plus généralement, qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

Sans hésiter : le coût de la vie ! J’ai été surprise par le nombre de constructions sur l’île et par le prix de l’immobilier. Il y a cinq ans, être propriétaire était du domaine du possible ; maintenant, c’est devenu compliqué. On ne fait plus un « choix de cœur » (habiter près de sa famille, là où on a grandi), on fait un choix économique. De même, lorsqu’on achète à Paris du chocolat à 1,70 euros et qu’ici on le paye 3,80 euro, cela est à la limite de l’acceptable.

Qu’est ce qui vous surprend le plus par rapport à l’endroit où vous viviez en mobilité ?

Je vivais en pleine forêt en métropole, au milieu des sangliers, des biches, des hiboux et j’avais le côté stressant de la vie parisienne lorsque je travaillais. Ici, j’ai trouvé que le rythme s’était accéléré avec des klaxons, des difficultés à se garer, des gens pressés qui conduisent vite. Tout le stress du travail s’est reporté sur le rythme de vie. Par endroits, la Réunion est devenue une France miniature.

Quels sont les points de satisfaction / déception de votre retour ?

Là bas, c’est la politique du Grand : les surfaces sont grandes, les trajets sont longs. Depuis mon retour, j’ai pris plaisir à retrouver un peu de « petitesse » et de chaleur. S’arrêter dans une petite boutique, acheter une baguette et échanger avec le commerçant sur le temps, l’actualité du jour, cela est précieux. J’ai vu aussi qu’on commence ici à proposer du grand : de grands axes, de grandes zones commerciales… les petits commerces se font rares..

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Je suis partie avec un objectif bien précis : me former. Je suis revenue avec un objectif aussi précis : travailler comme journaliste et vivre de mon métier. Ce n’était pas gagné étant donné le peu d’offres dans le milieu ici. Je pense avoir tiré les leçons de ma mobilité et un bilan positif. Si j’avais exercé un autre métier par défaut, j’aurais dis le contraire. La mobilité peut être également à double tranchant : difficultés à se réadapter, marché du travail étriqué, manque de choix parfois, il faut s’attendre parfois à être déçu. Mais dans tous les cas, avec du recul et mes expériences, revenir formée, avec une crédibilité et ne rien devoir à personne, cela reste un enrichissement personnel et un avantage professionnel, que ce soit tout au long d’une carrière, sur son CV et au quotidien dans son activité professionnelle.

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

Quand on est pigiste, on est forcé de multiplier les expériences et les postes. Aujourd’hui, l’offre d’Antenne Réunion m’a permis de me stabiliser. C’est ce qu’on attend après cinq ans de métier. J’ai accepté cette offre de présentation sur les week end et c’est une mission que je prends plaisir à remplir. C’est déjà un défi !

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

La mobilité n’est pas quelque chose d’anodin. Je pense qu’il faut savoir précisément pourquoi on part et pourquoi on revient. On se doit d’être sincère dans son projet de départ et de retour. Je dis oui à une mobilité volontaire et réfléchie. Dans ce cadre, elle ne peut être qu’enrichissante humainement et professionnellement : ouverture d’esprit, multiplication des expériences, capacité d’adaptation. Je dis non à une mobilité subie ou non préparée. Le quotidien et le retour seront d’autant plus difficiles.

Lire aussi : Laurence Françoise Techer, 28 ans, journaliste free lance à Paris (itw de 2005)

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