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Séverine Nativel, 22 ans, étudiante en master de théâtre à la Sorbonne


Passionnée de danse et de théâtre depuis son enfance, Séverine a quitté l’île il y a trois ans pour commencer des études en arts du spectacle à Paris III Sorbonne Nouvelle. Elle a fait ses premiers pas en tant que comédienne et metteur en scène avec la pièce « Vers D’autres Horizons ».


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Séverine Nativel
Séverine et Cyrielle, le soir de la première représentation de leur pièce « Vers D’autres Horizons » le 25 juin à Paris.

D’où êtes vous à la Réunion ?

"J’ai beaucoup déménagé dans toute l’île, surtout dans le Sud. Mon père vit actuellement à L’Etang Salé, donc quand je rentre c’est là bas. J’ai eu une enfance merveilleuse malgré le divorce de mes parents puis plus tard une période assez difficile. Dès l’âge de 14 ans, j’ai vécu avec mon père grâce à qui je n’ai jamais manqué de rien. Il met toutes les chances de mon côté pour me pousser à réussir là où j’en ai envie".

Dans quelles conditions avez-vous quitté l’île ?

"Après mon bac L, je ne me sentais pas prête à partir pour l’aventure parisienne à 17 ans. J’ai donc passé un an à l’université de Moufia, en lettres modernes. J’ai réfléchi à l’avenir, beaucoup fait la fête et un soir de février 2003, j’ai eu une vision de moi continuant en lettres modernes et passant les concours : j’ai su que ça ne serait pas ça ma vie. J’ai toujours fait de la danse, de l’art plastique et plus tard du théâtre avec Thierry Bertil. Il a éveillé en moi l’envie de faire du théâtre un métier. J’ai fait un dossier pour la Sorbonne et je suis partie tout de suite, en deux ou trois semaines. Juste le temps de déménager et de dire au revoir à tout le monde".

Vous avez trouvé un logement ?

"Mon père est venu avant moi pour trouver un appartement ; il a eu quelques difficultés. J’avais déjà pris contact avec des agences immobilières depuis la Réunion, très accueillantes avec moi. Elles le furent moins avec mon père et son bel accent créole. Il visita quelques studios, surpris par leur taille, leur manque de propreté et surtout leur prix. Puis il rencontra cet agent immobilier, dont le fils avait vécu à la Réunion, qui fit passer notre dossier de façon prioritaire par rapport aux autres".

Comment s’est passée votre arrivée ?

"Moi je suis arrivée à Paris en août 2003, en pleine canicule. On a passé deux jours à Paris le temps de voir la studette, le fonctionnement du métro et que mon père m’emmène sur la tour Montparnasse où je me sentis défier Paris. Puis direction Toulouse, pour mon premier vrai job d’été avant la rentrée : un travail dans une usine de fruits ! Si vous avez un enfant qui ne veut pas travailler à l’école, faites lui faire ça un mois et il sera premier de la classe ! La nuit, je rêvais de fruits géants et de caisses de prunes où je me noyais. Mais j’ai eu mon premier vrai salaire et ma première fiche de paye et c’est tout de même une petite fierté. Puis je suis rentrée seule à Paris. Je n’ai pas eu le temps de me poser des questions, il y avait toute la paperasse à régler, mon studio à finir d’aménager et la rentrée universitaire. Depuis, la vie suit son court avec ses déceptions et ses joies, son quotidien et ses surprises, comme pour tout le monde je crois".

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

"Je viens de finir ma licence en arts du spectacle et je vais continuer en master l’an prochain, en me spécialisant dans le droit, la diffusion et la production... C’est un nouveau master professionnel qui vise à former des cadres pour travailler en Europe à l’interface de l’administratif et de l’artistique".

Et au niveau de la création ?

"Je viens de monter mon premier spectacle en tant que metteur en scène et interprète : Vers d’autres Horizons. C’est un voyage sensoriel qui part du coeur de la Réunion pour s’étendre et s’arrêter sur d’autres cultures. Nous avons pu faire trois dates à L’ARCC (Association Réunionnaise Culture et Communication) à Paris, qui nous a vraiment soutenues et aidé à le présenter au public. Le public semble avoir été séduit par le concept : le fait de vivre le spectacle répond aux interrogations posées au début de la représentation. Ce spectacle est né dans un atelier de l’université. D’autres projets se profilent de mon côté, je vais travailler sur Les Effracteurs de José Pliya, un auteur de théâtre africain. Pour le reste le théâtre est fait de beaucoup de travail et de rencontres, donc l’avenir est mon allié principal".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"Ma famille et surtout mon père, mais j’ai la chance de rentrer une fois par an et mon père vient aussi me voit. Le plus dur, c’est certains matins d’hiver où le soleil ne se lève que pour quelques heures et où le froid nous fait penser qu’on serait mieux sur une plage à griller au soleil, à manger des mangues vertes avec du piment".

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"Cette expérience m’aide à me construire et à vivre autre chose. La diversité artistique qui existe à Paris m’a ouvert les yeux sur des mondes insoupçonnés. J’ai envie de partager ça plus tard, en montant des projets à la Réunion. J’ai pu également me confronter à d’autres cultures, rencontrer des gens du monde entier et faire découvrir la richesse de ma propre culture. J’apprends que quand on se bat pour ses rêves -aussi fous qu’ils puissent être- on peut y arriver. En plus d’ici, on peut voyager facilement dans d’autres pays avec des prix accessibles".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

"Je suis très optimiste sur la situation de la Réunion. Je pense que les jeunes sont de plus en plus ouverts sur le monde et qu’ils ont envie de faire des choses concrètes pour leur île. La seule chose qui me dérange, c’est toutes ces routes qui transforment et détruisent l’île, et toutes ces voitures dont le nombre ne cesse d’augmenter. Je mettrais aussi un bémol sur les conséquences de la mondialisation : les gens veulent beaucoup trop de choses matérielles, ce qui entraîne une montée de la violence, mais c’est une chose malheureusement vraie partout".

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

"Je ne sais pas si c’est un avantage ou un inconvénient, mais les gens nous voient parfois comme « quelque chose d’exotique ». Il faut savoir en jouer sans tomber d’un côté ou de l’autre. Et puis il y a beaucoup de stéréotypes dont il faut se défendre. Dans mon parcours, ma ferveur à défendre mes racines et à faire découvrir d’où je viens n’a toujours eu que des répercussions positives. Mon spectacle est né de cette envie. J’ai travaillé avec une autre étudiante devenue une amie très proche sur ce projet, et elle s’est naturellement prise d’envie d’apprendre la langue, l’histoire et la culture réunionnaise. Ainsi le public a pu voyager avec nous et a pu apprécier certains aspects de notre île".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"J’ai travaillé depuis décembre 2005 avec Florence Latappy une chorégraphe réunionnaise qui montait son spectacle Femmes Créoles où derrière la carte postale (elle rentre travailler et installer sa compagnie Maloya’metiss à partir du mois d’août de cette année). Sur ce spectacle, nous étions trois avec Caroline Maillot qui termine ses études de journaliste. Nous avons d’ailleurs participé à la commémoration du 10 mai avec Gilles Gauvin à Rouen. J’ai pu également rencontrer Corinne Tui-tu, une chanteuse avec un talent énorme. J’ai également travaillé avec l’ARCC avec qui j’ai de très bons rapports. J’ai aussi quelques amis éparpillés en France notamment sur Montpellier et de la famille".

Que pensez-vous du site reunionnaisdumonde.com ?

"Je pense que c’est intéressant de voir grâce à ce site des parcours de Réunionnais qui bougent, sont ouverts et ont beaucoup d’ambition".

En savoir plus sur le spectacle « Vers d’autres horizons ».

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