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Stéphane Hoarau, 27 ans, étudiant en Doctorat de Lettres et artiste à Paris



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Stéphane Hoarau
Un Noël à Paris pour Stéphane et Véronique : "Après avoir fait du théâtre et travaillé avec Sham’s, nous avons désoté la mèr. Venir d’un caillou perdu au milieu de l’océan qui a pendant longtemps été oublié des atlas, permet, je crois, de porter un regard différent sur le monde".

D’où êtes vous à la Réunion ?

"Je ne peux pas dire d’où je viens sans d’abord préciser d’où viennent mes parents : ils sont originaires de Saint-Louis : l’odeur de l’usine du Gol, la couleur des champs d’cannes et des montagnes, et les remparts, au loin, la poussière du Ouaki, etc. ont bercé mon enfance entre le Nord et le Sud… Je suis né au Moufia, à Saint-Denis, mais ce sont les paysages des Makes et de ses alentours qui me restent en mémoire. Je me sens de toute l’île".

Dans quelles conditions avez-vous été amené à quitter l’île ?

"J’ai été amené à quitter l’île en 2000 pour poursuivre mes études. Le cursus que j’ai choisi existe à La Réunion, mais j’avais envie de découvrir ce qu’il y avait ailleurs dans le monde : Lyon à été ma première étape, et je réside maintenant à Paris… Je dis bien « résider », puisque le seul endroit que j’habite véritablement est toujours… mon île !"

Quel a été votre parcours ?

"Après avoir fait du théâtre et travaillé avec Sham’s, Véronique & moi (comment vous parler de moi sans, aussi, vous parler d’elle !) avons désoté la mèr pour aller nous installer à Lyon. Nous y sommes restés deux ans, et une fois ses fameux « bouchons » testés, nous avons décidé d’aller nous installer à Paris. La vie y est plus rythmée, plus mouvementée, et surtout, il y a là la plupart de nos amis d’enfance ! Nous nous sommes donc installés dans le 13ème, à proximité du quartier chinois et, sans le savoir, à proximité de commerces où l’on peut trouver des tamarins, des brèdes péï, des sarcives, etc. Il est toujours bon de retrouver le goût péï quand on est loin de sa famille ! "

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"Autant il me manque des choses de mon île, autant « l’expérience de mobilité » est riche. Elle m’apporte une ouverture sur le monde, une perception autre de ceux qui m’entourent… une plus grande tolérance aussi ! De l’autre côté de la mer, aussi, on peut tous les jours faire des rencontres merveilleuses, échanger avec d’autres cultures… C’est une richesse supplémentaire que de pouvoir voyager, et je remercie tous les jours ceux qui m’ont permis de le faire : Papa & Maman".

Que faîtes-vous actuellement ?

"Je suis pour quelques temps encore étudiant en Doctorat de Lettres Modernes. Mon travail de Thèse porte sur le thème de l’exil dans l’oeuvre d’auteurs francophones originaires du Maghreb et des îles india-océanes : Nabile Farès, Jean-Marie G. Le Clézio, Monique Agénor et Jean Lods. Je me passionne aussi pour quelques activités artistiques, comme le cinéma et la peinture".

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Stéphane Hoarau
Lo Kèr Danyel Waro - 2005 - Acrylique et fusain sur toile, 55x46cm

Quels sont vos projets ?

"Un peu flou… je ne sais pas pour le moment ni où je voudrais être (à La Réunion, en Métropole ou ailleurs), ni ce que je voudrais précisément faire : l’idéal serait pour moi de pouvoir concilier mes activités artistiques et professionnelles : l’enseignement, la recherche, la peinture et le cinéma. Deux conditions à cela : être avec ma moitié, et toujours œuvrer pour mon île, sa langue, sa mémoire, sa culture, ses identités, etc".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"La liste risque d’être longue… mais le fait qu’il me manque « des choses » de La Réunion, ne veut heureusement pas dire que je vive aujourd’hui dans la frustration ! Je m’épanouis, ailleurs, mais en gardant toujours en mémoire ma famille, ma musique, mes carrys, mes paysages : Papa, Maman, Manu, Jess, Angélique, mon Pic Adam, le Cap Méchant, le Maïdo, l’odeur la pli, la coulèr lo sièl, le gou lo sèl si la po, la mizik Waro, lo fonnkèr Pouniat, la kuizin Madam Dérand, etc".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"Nul n’est parfait… et je dois reconnaître que mon île, bien que je la porte haut dans mon cœur, n’est pas exempte de défauts. Ce que je regrette le plus c’est qu’il y ait, malgré une histoire construite à partir d’une multitude de rencontres et d’échanges entre des humanités diverses, une intolérance galopante (à l’égard notamment des habitants des îles avoisinantes…). Il est dommage, avec notre passé, de se laisser contaminer par des intolérances et des racismes propres aux espaces clos ayant des frontières trop hermétiques… des espaces qui ne nous ressemblent pas : nous sommes ouverts, restons-le !"

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

"Venir d’un caillou perdu au milieu de l’océan qui a pendant longtemps été oublié des cartes mondiales et des atlas, permet, je crois, de porter un regard différent sur le monde : il ne s’arrête pas au bout du nez ou de la terre, mais il est infini. Je suis né sur une île, au milieu des eaux, mon paysage n’est pas la terre, mais l’océan, avec ses vagues, son écume, et cette sensation qu’il y a toujours quelque chose à découvrir, à faire, au bout de la ligne d’horizon. C’est pour moi un avantage : je ne veux pas m’arrêter aux frontières d’un bout de terre, mais je veux voir plus loin, toujours… Ce paysage est un moteur qui invite à chaque reflux à aller plus en avant. Il forge le caractère, et impose une rigueur : si on s’immobilise au milieu de l’océan, on se noie".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"Oui, bien sûr ! Des contacts principalement amicaux (qui n’empêchent pas de concilier des « activités professionnelles »). Participer à des journées thématiques ou à des événements culturels ayant pour thème La Réunion ou l’Outre-mer permet de rencontrer beaucoup de Réunionnais ! Et ils sont nombreux sur Paris à œuvrer pour notre culture. Je pense à mes amis Christophe et Laurent de TCA, à Françoise Rivière d’Amarres, à André Robèr des éditions K’A, aux équipes de l’ARCC et de l’AERP, etc. qui sont autant de personnes avec qui j’ai plaisir à travailler et qui étaient déjà, pour certains d’entre eux, et le sont devenus pour d’autres, des ami(e)s ! "

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Stéphane Hoarau
Vernissage à Paris (2005)

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"Il y a beaucoup de préjugés, des regards condescendants ou « exotiques » ; ils sont pour la plupart du temps dus à une méconnaissance de l’île, de son environnement, de son histoire, de sa diversité. Mais pas de fatalisme ! Nous ne devons pas attendre que l’ailleurs change de regard sur nous, mais davantage, tenter de changer ce regard. Notre culture, comme toute autre, a ses richesses… montrons-la, faisons-la connaître, valorisons-la ! "

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

"Je le redis, nul n’est parfait ! Il y a du bon et du mauvais partout. Personnellement, j’essaie de mettre le mauvais de côté, et de garder le meilleur. Je suis donc heureux ici, tout comme je le serais partout ailleurs : sur chaque parcelle de terre qui compose cette planète, il y a des choses merveilleuses à découvrir ; je profite donc de mon voyage outre-océan pour les découvrir, toujours avec beaucoup de bonheur !"

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

"J’aime beaucoup ce site parce qu’il me permet de voir la diversité de nos parcours, de nos choix, de nos points de vue sur les « mobilités », etc. Par ailleurs, en parallèle à mes études, je me passionne pour quelques activités artistiques… Je vous invite donc à surfer sur le web et à vous rendre sur quelques autres pages pour les découvrir :
- peinture : une exposition temporaire est en ligne sur : www.aerp.fr (rubrique « cultures »)
- cinéma : au sein d’une association fondée par Christophe Damour et Laurent Minatchy, et qui se nomme TCA (Troupe Cinématographique & Audiovisuelle) : www.tca-films.org "

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