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La mobilité vue par les étudiants réunionnais de Paris


Franck Hoarau, vice-président de l’association des étudiants réunionnais de Paris 2011, fait le tour des questions liées à la mobilité : aides, réformes, prix des billets d’avion, logement, retour, difficultés et opportunités.


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Franck Hoarau
Le 16 juin 2011 devant le Conseil Economique Social et Environnemental(Trocadéro, Paris), dans le cadre de notre entretien privé avec la Délégation de L’outre-mer.

Le 16 juin 2011, dans le cadre d’une saisine gouvernementale sur la mobilité des jeunes, l’Association des Étudiants Réunionnais de Paris (AERP) a été reçue par la délégation de l’Outre-mer du Conseil Économique Social et Environnemental afin d’aborder les thématiques spécifiques de la mobilité des jeunes ultramarins. Cet entretien privé a été l’occasion de dresser un état des lieux des aides mises en places, des réformes, et des obstacles rencontrés par les Réunionnais expatriés.

Chaque année, toute filière confondue -scientifique, économique, sociale, littéraire, ou professionnelle- ce sont des centaines de jeunes réunionnais qui font le pari de la mobilité afin de trouver ailleurs que sur le territoire l’opportunité de se former, et trouver un emploi. Sur une île où l’offre de formation reste limitée, et le taux de chômage avoisinant les 53% chez les jeunes, la mobilité apparaît comme une issue de secours, sinon la seule, à cette situation saturée.

L’époque des premiers pionniers de la mobilité, qui remonte à plus de cinquante ans, paraît déjà loin. Il ne s’agit plus de l’historique service militaire. Aujourd’hui, « sauter la mer » est entré dans les moeurs. Pour toute ou partie des études, dans le cadre de stages, de formations, également pour trouver un emploi, la métropole est devenu un passage obligatoire pour de nombreux Réunionnais. Obligatoire, le mot est consciemment choisi. Car la réalité est celle-ci : pour fuir le chômage ou des situations précaires, pour suivre des formations qui n’existent pas sur le département, les nous nous retrouvons dans la contrainte de devoir quitter notre beau pays, notre terre d’origine, notre foyer, tout ce qui fait notre vie. Au profit de quoi ?

J’ai quitté la Réunion à vingt ans et comme pour tous mes « dalons », il s’agissait de mon premier départ. Quitter chez « papa maman », devenir indépendant, devoir se débrouiller seul, quitter le cocon familial et se retrouver projeter dans la réalité d’un monde nouveau, dont on ne prend conscience qu’une fois qu’on y est soumis. Tout est différent et se déroule d’une autre manière, les repères changent, les mentalités, le climat, les dimensions et les relations aussi. Vite fé nout ti péi i mank a nou... Le choc, la chute, la consternation, l’abandon, la peur ; et par dessus tout, le regret profond et sincère d’être parti, l’envie sincère et profonde de toute laisser tomber pour rentrer au pays. Longtemps je me suis senti seul, et puis j’ai découvert que nous étions plusieurs à partager ce même sentiment. Car chaque « réunionnais du monde » porte en lui un manque et une blessure ouverte. A la base une faiblesse, qui devient une force motrice lorsqu’elle réunit et fédère tous les créoles expatriés autour d’un même thème, d’un même projet, d’une même ambition : tirer profit d’une situation non souhaitée.

Car effectivement, qu’elle soit voulue ou subie, la mobilité n’en demeure pas moins une formidable opportunité d’ouverture sur le monde, d’apprentissage, l’occasion d’acquérir des compétences et des connaissances nouvelles, la chance de mieux se connaître, la possibilité de vivre des expériences uniques, ces choses que l’on n’aurait jamais pu voir, entendre et vivre en restant à la Réunion. Surtout dans une ville cosmopolite comme Paris ! Mais cette vision des choses est rarement la première qui saute aux yeux. On a plus aisément tendance à se placer dans un état d’esprit de « souf-France ». Percevoir du positif dans une situation infligée demande des efforts, de l’aide et beaucoup de volonté.

J’ai rejoint l’AERP en début d’année 2011. Cette association m’est apparue comme le meilleur moyen de faire de mon séjour forcé sur la capitale une expérience inédite, riche et bouillonnante, et de pouvoir puiser dans ma propre expérience de « créole dans la galère » l’énergie et l’envie de contribuer -à mon échelle- à faire en sorte que ceux et celles qui me suivront connaîtront une mobilité plus facile, moins contraignante, moins douloureuse.

Une mobilité positive ! C’est dans cette optique qu’avec mon équipe, nous avons recensé toutes les difficultés liées à la mobilité et réfléchi à des premières pistes de solution, sinon d’amélioration, que nous avons eu la chance de pouvoir exposer devant deux membres de la Délégation à l’Outre-mer du CESE, lors d’un entretien privé, le 16 juin dernier.

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association des étudiants réunionnais de Paris

De cette concertation, il en est ressorti trois points noirs de la mobilité : le manque d’informations, les problèmes liés au logement, et les difficultés de retour sur l’île.

Le manque d’informations

Le manque d’informations concerne deux aspects de la mobilité. Le premier est une visibilité pas assez développée de toutes les aides qui existent, qu’elles proviennent d’organismes publics, d’État ou des collectivités, de centres privés, ou de structures moins officielles, comme les associations. Il nous semble anormal que ce soit à l’étudiant d’aller à la recherche de ce qui existe. Nous estimons que le jeune doit avoir à sa disposition une présentation exhaustive de l’ensemble des aides auxquelles il peut prétendre. Nous avons donc proposé la création d’un portail interactif facile d’accès qui regrouperait l’ensemble des acteurs, économiques et sociaux, et les aides et actions mises à disposition. Entre la multiplicité des organismes, et leurs réformes, les changements d’appellation, il semble difficile de s’orienter correctement. Nous proposons la mise en place d’un outil intuitif, clairement expliqué et simple d’utilisation où l’étudiant trouverait toutes les réponses, même à celles dont il ne se pose pas forcément la question.

Parallèlement, il serait également opportun de développer une campagne de communication concernant la réalité de la vie en métropole. Nous sommes trop peu préparés à affronter ce changement radical et bouleversant. Repères géographiques, climatiques, environnementaux, économiques, sociaux : tout change ! Comment ne pas se sentir désorienté, isolé et perdu ? Nous pensons qu’il serait judicieux de développer les retours d’expérience de réunionnais en exil, où la mobilité serait abordée d’un point de vue plus personnel et émotionnel, et que les stages comme ceux organisés par le CNARM faisant état de la vie en métropole et de ses spécificités soit d’une part plus approfondis, et d’autre part, offerts à tous.

Le logement

Le second point noir de la mobilité est sans hésitation, le logement. Quel parcours du combattant ! Entre les recherches à distance, les propriétaires qui n’acceptent pas les chèques de la Réunion, ni que le garant du logement soit situé hors du territoire... la liste des obstacles est longue. A celle-ci vient bien sûr s’ajouter le prix exorbitant des loyers. Nous recevons souvent des messages de la part de Réunionnais insouciants qui n’ont pas conscience des prix des loyers, ou d’autres désabusés qui n’imaginent pas comment pouvoir vivre quand l’ensemble des aides et de l’argent versé par leurs parents est à peine suffisant pour se loger dans une chambre de quinze mètres carrés.

L’ensemble de ces problèmes a été abordé lors de cet entretien, et nous avons été contents de voir que de nouvelles prescriptions interdiront bientôt aux banques de refuser les chèques de la Réunion. Content, mais pas satisfaits, car cette mesure semble amoindrir les conséquences sans réellement s’attaquer aux causes du problème.

Nous encourageons la Région Réunion à poursuivre ses efforts en matière de logement sur Paris et la France. Réserver des places en foyer, des logements temporaires afin que les Réunionnais « fraîchement débarqués » puissent avoir le temps de trouver un logement décent, en accord avec leurs ressources et leurs besoins. Car la recherche à distance et l’urgence sont deux facteurs de mauvais choix, ou de mauvaises surprises. L’étroitesse des logements, mêlée à leur potentielle insalubrité ou inaccessibilité, sont autant d’ingrédients participant au mal-être de nous autres Réunionnais.

Le retour

La récente réforme du passeport mobilité études, aide offerte par LADOM, souligne un troisième point noir : la difficulté de rentrer. L’apparition nouvelle de conditions de ressources dictant l’attribution, ou non, du passeport mobilité semble nuire à beaucoup de réunionnais. A ce titre, si vous êtes concernés, nous vous invitons à vous rapprocher de nous afin de nous faire part de votre problème. Nous souhaitons établir un état des lieux des répercussions de cette réforme. Beaucoup de nos membres sur Facebook (AERP) se retrouvent privés de cette aide, et donc du billet d’avion aller-retour qui est censé les ramener au pays pour se ressourcer, après de longs mois d’expatriation pour les études. N’hésitez pas à nous contacter : [email protected]

Dans le cadre d’un partenariat, nous avons pu dernièrement faire profiter à nos adhérents d’une offre promotionnelle sur des billets d’avion aller/retour à moins de 900 euros pour la Réunion, dans la période juillet/août. Les retours sur la publication de cette offre ont été très nombreux. Cet engouement, cette chasse aux prix bas, quelque part, nous désole, car elle est le reflet d’une triste réalité : beaucoup de réunionnais et réunionnaises restent bloqués en métropole face à l’absence de fonds nécessaires.

Car rentrer pour les vacances requiert un réel budget. Beaucoup de jeunes couples avec enfant ne peuvent tout simplement pas se le permettre, et restent ainsi bloqués. De tels tarifs étonnent, surtout lorsque l’on compare, par exemple, ces prix à ceux des billets pour les Antilles. A distance similaire, leur aller-retour ne suffit parfois pas à financer un simple aller pour nous ! Manque de concurrence ? Offre inadaptée ?

Quelle qu’en soit la raison, le prix des billets d’avion n’en demeure pas moins une plaie pour tous les réunionnais livrés à eux-même. Et la mise en commun des deux facteurs que sont l’importante présence des expatriés en métropole et leur besoin presque vital de rentrer se ressourcer font de ce marché, un marché florissant où la demande est et sera toujours à la fois forte et croissante. Nous espérons néanmoins que l’ensemble des actions menées par divers organismes finira par porter ses fruits, pour aboutir à une réduction significative des prix des billets pour la Réunion.

Informations, aides, présence : l’AERP lé la !

Puisque pointer du doigt un problème ne suffit en rien à le régler, l’Association des Étudiants Réunionnais de Paris a fait de ces combats sa ligne directrice. Notre champ d’action est multiple mais notre objectif final est unique : faire de la mobilité une réussite pour tous ! Ces points noirs, s’ils sont la porte ouvert à de nombreuses contraintes, ne devraient pas prendre le dessus sur le reste. Ces difficultés ne devraient pas nous empêcher de profiter au maximum de nos années d’étude, de découverte et de liberté ! Réunionnais, Réunionnaises : vous n’êtes pas seuls !

Pour ceux qui ne nous connaîtraient pas encore, je vous invite à venir nous rendre visite sur notre site web www.aerp.fr, et nous rejoindre sur facebook, groupe « AERP ». N’hésitez pas à nous contacter !

Félicitations et encouragements à tous les Réunionnais du Monde qui passeront par là !

Pour l’AERP,
Franck HOARAU | Vice-Président

Agé de 22 ans, Franck HOARAU habite Paris depuis un an, et a intégré l’AERP en janvier 2011 : "Je puise ma motivation dans cet espoir de faire de la mobilité une expérience riche, positive et unique pour tous les Réunionnais qui quittent leur île".

Association des Etudiants Réunionnais de Paris | www.aerp.fr
[email protected]

Lire aussi : Les meilleurs prix sur les billets d’avion Réunion et océan Indien

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