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Hommage pédagogique aux Femmes


Les Femmes : objets d’études dans les champs d’investigation de la recherche historique et littéraire.


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1) « La grande marche vers l’égalité : une histoire inséparable de celle des hommes dans une société inégalitaire »

a) Le rapport initial : commandement/soumission

Dans l’Histoire de l’humanité qu’elle soit temporelle ou spirituelle, antique, médiévale, moderne, contemporaine ou immédiate, les rapports des hommes et des femmes souvent été des rapports de domination des premiers sur les secondes. On ne reconnaît pas vraiment de société, de civilisation qui ait dans le passé reconnu aux femmes des droits égaux à ceux des hommes.

La Femme a toujours été considérée comme un être de « sexe faible ». En Europe, la tradition considère la femme comme un être mystérieux, imprévisible, capable de maléfices. Si l’on se place dans un angle de vue plutôt judéo-chrétien, on sait que dans la Bible, Eve a poussé Adam à désobéir à Dieu, précipitant l’humanité dans le péché éternel. Et pourtant paradoxalement, dans la Bible, de nombreuses femmes apparaissent. Pour les Grecs, dans l’Antiquité, la première femme Pandore a ouvert une jarre interdite qui contenait toutes les malédictions et a répandu le malheur dans le monde.

Qu’elle ait comme nom Eve, Pandore ou Circé, ou encore Calypso, ou Aphrodite, Héra ou Athéna, l’image à la fois attirante et suspecte de la femme a justifié la domination des hommes et souvent leur cruauté. Souvenons-nous des procès de sorcières cités par Jean Delumeau dans son livre la Peur en Occident XVème-XVIIIème siècles. Par ailleurs, dans les autres civilisations, les femmes n’ont pas non plus échappé aux préjugés et aux massacres : en Chine par exemple, on tuait les petites filles à leur naissance ; en Inde, les rites religieux obligent encore l’épouse à se sacrifier sur le bûcher du défunt mari ; au Pakistan et dans le vieux monde arabe les femmes adultères sont enterrées vivantes et n’ont pas le droit de divorce. Aux Comores et à Mayotte, la polygamie est toujours tolérée, malgré des tentatives de dissuasion.

Lorsqu’on lit des témoignages de la guerre, comme celui d’un moine chroniqueur intitulé Journal d’un Bourgeois de Paris (1405-1449), on se rend compte de la brutalité des hommes dont a souffert la femme durant la guerre de Cent ans, à travers les viols, les massacres et les humiliations. Dans le monde, le stéréotype qui circulait et qui alimentait le sentiment de supériorité de l’homme sur la femme, est symbolisé par les mots commandement et soumission.

b) Dans la vie, des activités distinctes et déterminées depuis des siècles

Depuis toujours les activités des hommes et des femmes ont été distinguées et séparées comme on peut le voir et lire dans le Mesnagier de Paris, livre écrit par un vieux bourgeois parisien pour sa jeune épouse de quinze ans, et daté de 1393 :

-  aux hommes, ce qui touche à la vie de société et aux responsabilités publiques.
-  aux femmes, la maternité, l’allaitement, la nourriture et l’élevage des enfants en bas âge.

Voici pour illustrer le propos, un extrait de Sermon écrit dialogué de Bernardin de Sienne, daté du XVème siècle :
« - Oui. Fais-la lui balayer. Y a t il à relever les écuelles ? Fais- les lui relaver. Y a t-il à tamiser ? (...) y a-t-il à faire la lessive ? Fais-la lui faire.
-  Mais il y a la servante !
-  Laisse faire ton épouse, non pas par besoin que ce soit elle qui le fasse, mais pour lui donner de l’exercice. Fais-lui garder les enfants, laver les langes et tout. Ne lui laisse pas ses aises, je te dis. Tant que tu la maintiendras en haleine, elle ne restera pas à la fenêtre, et il ne lui passera pas par la tête tantôt une chose, tantôt une autre. »

En conséquence, les femmes sont écartées de la vie politique et cantonnées dans l’espace de la maison ou de ses abords. A Athènes comme à Rome, les femmes sont exclues des assemblées et privées du droit de voter. La coutume de France (la loi Salique), les écarte de la succession au trône. Si l’on fait exception des régentes comme Marie de Médicis, Catherine de Médicis ou encore Blanche de Castille, et des femmes d’influence comme Madame de Maintenon, les femmes -en tout cas celles du peuple -ont toujours vécu et travaillé à l’ombre et sous la tutelle du mari. Il est remarquable que la Déclaration des Droits de L’Homme et du Citoyen, en 1789, ait ignoré la condition féminine.

Voilà ce que dit Talleyrand-Périgord, dans son Rapport sur l’Instruction publique du 10-19 septembre 1791 :
« II nous semble incontestable que le bonheur commun, surtout celui des femmes, demande qu’elles n’aspirent point à l’exercice des droits et des fonctions politiques. Qu’on cherche ici leur intérêt dans le vœu de la nature. N’est-il pas sensible que leur constitution délicate, leurs inclinations paisibles, les devoirs nombreux de la maternité éloignent constamment des devoirs pénibles et les appellent à des occupations douces, à des soins intérieurs ? Le titre de mère est une jouissance solitaire dont les soins publics pourraient distraire. »

c) La remise en question en question et la prise de conscience de la mise en tutelle

Depuis des siècles, certaines femmes se sont élevées contre la situation d’infériorité qui leur était imposée. Leur but était, et est encore, de faire reconnaître l’égalité de leurs droits à l’éducation, au travail, à la politique, sans pour autant renoncer à leurs différences et, notamment, à la maternité. En effet, on assiste dès le XVIIIème siècle à la naissance et au développement d’un mouvement féministe. Au XVIIIème siècle, on constate le rôle des femmes dans le cercle littéraire ; elles tiennent salon et sont inspiratrices des philosophes.

Avec la Révolution française, les femmes jouent un rôle plus marqué dans certains grands événements, comme le retour du Roi Louis XVI à Paris en 1791, après sa fuite et son arrestation à Varennes par le maître de poste Drouet. Des personnages comme Olympe de Gouges (1748-1793), Charlotte Corday ou Théroigne de Méricourt occupent une place importante dans le déroulement des journées révolutionnaires. C’est par exemple Olympe de Gouges qui est à l’origine de la première proclamation des Droits de la Femme. Elle meurt guillotinée dans la violence de la Révolution Française. Au milieu du XIXème siècle, derrière Flora Tristan et George Sand, se constitue un véritable mouvement féministe qui vise à libérer les femmes, en faisant reconnaître en particulier le divorce. En liaison avec la naissance du courant socialiste, les associations de femmes se multiplient en France et dans le monde, et revendiquent des droits politiques et des responsabilités publiques.

Grande figure de la Commune, Louise Michel est l’un des personnages les plus emblématiques de ce courant. Au début du XXème siècle, l’Angleterre est troublée du combat des suffragettes qui, après les femmes Scandinaves, sont les premières à obtenir la reconnaissance, en 1918, de l’égalité politique avec les hommes.

d) La reconnaissance tardive de la qualité de citoyenne

Par leurs luttes, les Françaises obtiennent d’abord la reconnaissance d’un certain nombre de droits civils et sociaux. Ce n’est qu’en 1944 qu’elles obtiennent la reconnaissance de leurs droits politiques, ce que confirme le Préambule de la Constitution de 1946. Dans le domaine international, c’est en 1967 seulement que l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.) établit une déclaration qui vise à éliminer toute discrimination à l’égard des femmes. En fait, les deux guerres mondiales ont bien favorisé la montée en puissance du mouvement féministe. Les femmes ont pu démontrer qu’elles étaient aussi capables que les hommes, pendant que ces derniers étaient en front.

e) Une législation favorable durant ces six dernières décennies

En 1974 est créé un secrétariat d’état à la Condition féminine auprès du Premier Ministre. Il prend, en 1981, la dénomination de ministère des Droits de la Femme et, depuis 1985, de délégation à la Condition féminine. Durant ces cinq dernières décennies, les femmes ont bénéficié d’une législation favorable. En effet, les pouvoirs publics ont pris en compte une série de questions touchant à la condition féminine et à la reconnaissance de la dignité des femmes, facilitant ainsi leur intégration dans la société française. En 1967, la loi Neuwirth légalise la contraception, puis la loi du 17 janvier 1975, autorise l’interruption volontaire de grossesse (I.V.G).

Le secrétariat d’état à la Condition féminine fait voter l’interdiction de licencier une femme enceinte et le ministère des Droits de la Femme obtient en 1982 le remboursement de l’I.V.G. Par ailleurs, les violences dont les femmes peuvent être victimes sont sanctionnées : en 1979, le viol est jugé en Cour d’assises, comme un crime ; des refuges sont créés pour accueillir les femmes battues et leurs enfants. Malgré l’égalité de principe dans le travail, reconnue en 1946, il faut encore la loi de 1975 pour que soient redites et précisées l’interdiction de toute discrimination de traitement entre hommes et femmes dans la fonction publique, et l’interdiction de la discrimination à l’embauche en raison du sexe, sauf motifs légitimes. Le sexisme est considéré comme une forme de racisme.

Cependant, malgré des progrès législatifs importants, les femmes n’ont pas toujours dans les faits les mêmes droits que les hommes. La force des habitudes, les clichés véhiculés par les médias et surtout la publicité, maintiennent toujours les hommes et les femmes dans des rôles distincts. Si elles ont le droit de voter et d’être éligibles, les femmes sont encore peu nombreuses dans la vie politique.

Les filles qui sont sur les bancs des grandes écoles et les femmes qui exercent un métier habituellement réservé aux hommes demeurent l’exception. Elles sont peu orientées vers les sciences et la technologie, et travaillent souvent dans des emplois sans grande qualification ou plutôt dans le secteur tertiaire. Nombre d’activités professionnelles des femmes ne sont pas encore reconnues au féminin et, si une commission a permis que l’on dise : « Madame la Ministre », « Madame la Présidente », la première femme à entrer à l’Académie, Marguerite Yourcenar, demeure toujours « académicien ». Des pages de l’histoire des femmes restent encore à écrire pour les générations futures d’historiens car il s’agit d’une histoire riche, émouvante, passionnante, passionnée et mouvementée. Les femmes ont aussi à reconquérir leur image malgré le développement de la pornographie, des publicités sexistes, de la prostitution, et du sida.

En France, les socialistes ont présenté une femme, la présidente de la Région Poitou-Charentes, Madame Ségolène Royal face au candidat UMP de droite Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de mai 2007. Elle n’a peut-être pas gagné mais elle est arrivé quand même au 2ème tour et a obtenu 47 pour 100 des suffrages exprimés.

2) « Epistémologie et historiographie : les femmes, objet de l’Histoire, des écrits historiques sur les femmes »

En ce qui concerne l’histoire de l’histoire des femmes (au pluriel), elle-même, de nombreux livres ont été publiés, le plus souvent écrits par des femmes. Il s’agit d’une histoire qui a trouvé sa place dans l’histoire des mentalités ou La Nouvelle Histoire chère aux historiens comme Georges Duby ou Jacques Le Goff, Robert Delors et dans la continuité de l’Ecole des Annales de Marc Bloch, Lucien Febvre ou de Fernand Braudel, ou Ernest Labrousse, une histoire de la vie quotidienne, de la vie privée de l’individu et touchant aux aspects psychologiques, psychanalytique de l’être humain mais aussi une histoire héritière des thématiques économique et sociales. Son champ d’investigation fait même appel aux autres sciences humaines, telles la sociologie, la psychologie et l’anthropologie, l’ethnologie, le droit mais aussi les sciences politiques.

On n’est plus exclusivement dans les dates, la chronologie propre à l’Histoire événementielle positiviste mais dans une ou des perspectives plutôt thématiques. On étudie l’évolution des mentalités et ses impacts sur la société. Je ne vais pas dans ce paragraphe faire l’inventaire de tous les ouvrages qui ont été écrits sur le thème de la femme ; je prie le lecteur de se référer aux pistes de lecture données dans la bibliographie. Cependant, quatre ouvrages ont particulièrement retenu notre attention :

1) Le premier livre est l’Histoire des Femmes en Occident publié chez l’édition Plon en 1992. Les cinq volumes qui composent cet ouvrage-clé ayant eu un succès éditorial en France, mais aussi à l’étranger sur l’histoire des femmes, sont le fruit d’une grande collaboration entre des différentes historiennes occidentales. Il s’agit d’un état de savoirs sur la marche vers l’égalité et les relations entre les sexes qui a été traduit en dix langues. Tout le travail qui a été dirigé par Georges Duby et Michelle Perrot, retrace chronologiquement l’histoire des femmes depuis l’Antiquité jusqu’au vingtième siècle (1992).

Le livre qui a retenu mon attention est le cinquième tome de cette édition publié sous la direction de Françoise Thébaud intitulé le XXème siècle. Par son ambition encyclopédique, ce livre a le mérite de ne rien laisser dans l’ombre sur l’histoire des femmes européennes et américaines. Mais l’histoire des femmes asiatiques, africaines, européennes de l’Est, indiennes, afghanes ou australiennes reste encore à écrire. Par ailleurs, le volume cinq semble dépassé ou incomplet sur certains points, car il ne prend pas en compte les femmes de « l’Europe de l’Est ». Ces femmes sont désormais européennes depuis l’effondrement de l’URSS et l’effort et le souhait de certains pays de l’Est à vouloir intégrer l’Union européenne ne fait que confirmer cet état d’esprit.

Les bouleversements de l’histoire elle-même, nous montrent que l’histoire des femmes s’inscrit dans l’histoire du temps présent voire dans l’histoire immédiate et à multiples facettes, c’est-à-dire une histoire mouvementée, partielle et partiale, sous surveillance, et à sources multiples : sources écrites (historiques, textes de lois, décrets et littéraires), mais aussi l’iconographie (l’image, la photographie, les cartes postales, la peinture, la sculpture, l’architecture, les timbres), le cinéma, les médias (l’audiovisuel), la publicité, la télévision (notamment sur les débats politiques au sein de l’assemblée nationale) mais aussi les enquêtes orales et interviews. Le livre met en relief la femme dans sa vie professionnelle, familiale, et publique.

Cependant, sur le cas français, de nombreuses avancées de la marche féminine vers les chemins de l’égalité « on parle de révolution inachevée ou encore de révolution qui s’accomplit », font que ce livre mérite d’être complété voire mis à jour. Le livre a été publié en 1992 et on est ne 2009. En France, on assiste à une multitude de cas sur le thème de la femme. Malgré la tertiarisation de la société s’accompagnant d’une féminisation, les femmes restent touchées par le chômage et la précarité. Elles sont moins bien rémunérées malgré une meilleure réussite scolaire des filles et l’adoption des lois d’égalité professionnelle (9 mai 2001). Naît alors une véritable dualisation des destins féminins : si les mieux dotées scolairement peuvent faire carrière et vivre dans des bonnes conditions, d’autres doivent accepter des emplois sous-qualifiés aux horaires flexibles et faire face aux nombreuses difficultés de la vie quotidienne.

En ce qui concerne la famille et la maternité, ce sont des valeurs partagées par les générations actuelles, car elles sont le lieu de construction de l’identité et le berceau du futur bonheur. De nouvelles lois ont marqué l’histoire familiale. Je peux citer l’exemple de l’égalité hommes/femmes dans la transmission du nom, ou encore celui lié aux améliorations des droits successoraux du conjoint survivant. En ce qui concerne la société française actuelle, voici les chiffres récents donnés par Françoise Thébaud dans l’introduction de la réédition du livre Histoire des Femmes en Occident :

« Si le nombre annuel des mariages tend à se stabiliser autour de 300 000, les cohabitations restent très nombreuses (un couple sur six), les naissances hors mariage atteignent 40 % à la fin des années 1990, où on compte 38 divorces pour 100 mariages, 9% de familles recomposées et 16 % de foyers monoparentaux. (...) la monoparentalité, pour l’essentiel féminine, rime souvent avec pauvreté (on reconnaît aujourd’hui une féminisation de la pauvreté), la solitude sous toutes ses formes apparaît autant choisie que subie ».

Le XXème siècle est le siècle de l’émancipation des femmes. Au XXIème siècle, l’histoire des femmes continue son chemin vers l’égalité politique, professionnelle, juridique, familial et social. Enfin, de nos jours le thème qui préoccupe les politiciens et les historiens concerne la femme dans la vie politique et publique (la notion de parité). Pour conclure sur ma réflexion portant sur ce premier livre, je dirai comme Georges Duby et Michelle Perrot l’ont si bien dit à propos des cinq volumes qu’ils ont dirigés : « Bilan provisoire, instrument de travail, plaisir de l’Histoire, lieu de mémoire, telle sera, nous l’espérons, cette Histoire des femmes en Occident ».

2) Le deuxième ouvrage qui a retenu notre attention, est la revue l’Histoire, le numéro spécial sur les Femmes (245 du juillet-août 2000) porte comme titre les Femmes, 5000 ans pour l’égalité de Pénélope à Hillary Clinton. Il s’agit d’un numéro qui tout en respectant la chronologie, met aussi en avant suivant des axes d’études thématiques (le matriarcat, le mythe des Amazones, la polygamie, et la polyandrie, les reines, les canons de la beauté, le couvent, le code civil, la misogynie, la guerre), toute l’épopée féminine. L’ouvrage suit la chronologie et retrace l’histoire des femmes depuis les femmes d’Athènes jusqu’au temps d’Elisabeth Guigou ou de Michelle Alliot-Marie (Ministre de la Défense en 2002), faisant l’épopée de la lente progression des femmes du monde mais surtout françaises vers l’égalité des sexes et vers des postes-clés à pouvoirs.

Les différentes phases de l’évolution de l’émancipation et de la reconnaissance de la femme, sont mises en exergue à travers la mise en avant des signes prémonitoires présents dans toute l’Histoire de l’Humanité : (politique : le rôle joué par les reines et les régentes auprès des rois, culturels et littéraires : les salons du XVIIIème siècle, spirituels : le pouvoir des abbesses dans les couvents, et enfin privé : le pouvoir que détenaient les mères de famille au sein de la cellule familiale).

3) Le troisième ouvrage qui nous semble incontournable sur la femme française cette fois-ci est celui de Christine Bard intitulé les Femmes dans la société française au XXème siècle, publié chez Armand Colin en mai 2001. Ce livre a le mérite de prendre comme champs de recherches, exclusivement les femmes françaises. Par ailleurs, ce livre actualise l’état des connaissances sur le sujet concerné. A travers dix chapitres répartis en deux parties qui respectent l’approche d’un plan chronologique (1914-1945 et 1945-2001), Christine Bard nous montre l’évolution de la condition féminine en France en explorant tous les domaines : la vie au foyer, le monde du travail, la vie politique et les aspects culturels. L’auteur place la femme française au cœur des évolutions de la société française.

Le livre cherche à montrer les deux volets de l’histoire des femmes : 1) la mère de famille, la femme soumise, discriminée, minorisée, marginalisée dont le rôle historique d’épouse a été négligé ou déformé par les préjugés masculins et 2) la femme émancipée, conquérant ses droits, et savourant ses nouvelles libertés. Utilisant des sources variées telles les archives, les enquêtes orales, les discours, les sondages, les films, les affiches publicitaires, les romans, les mémoires, les entretiens, l’auteur a voulu mettre l’accent sur les changements intervenus au cours de ce XXème siècle dans l’histoire des Femmes (au pluriel), et les contextes idéologiques, démographiques, économiques, et culturels qui ont influencé cette histoire inséparable de celle des hommes.

Si l’histoire des Femmes était négligée par l’histoire politique et militaire, l’histoire nationale de l’école positiviste, mais aussi par l’histoire économique et sociale développée par l’école des Annales, Christine Bard remet la pendule à l’heure en privilégiant la problématique de l’émancipation, de la promotion, de la libération, du combat féministe pour l’égalité des sexes et de la conquête des droits par les Femmes. Tout son travail repose sur le passage d’une société sexiste et misogyne à une société plus ou moins égalitaire.

4) Le quatrième livre que j’ai beaucoup apprécié, moi qui suis un grand bibliophile, est celui de l’Historienne italienne Benedetta Craveri intitulé Reines et Favorites : le pouvoir des Femmes édité chez France Loisir en février 2008. L’auteur est professeur d’université en Italie, spécialiste de la civilisation française des XVIIème-XVIIIème siècle. Elle est passionnante à lire. De Diane de Poitiers à Marie Antoinette, elle nous replonge dans une histoire féminine rayonnante qui s’est déroulée dans les coulisses des châteaux de la Renaissance et celui, incontournable de Versailles.

L’auteur qui a publié en 2008 ce livre, nous retrace une histoire de France exceptionnelle écrite et relue sous le regard et les destinées des femmes sans lesquelles, la Grande Histoire De France n’aurait jamais été celle que l’on connaît dans les livres scolaires depuis l’école primaire. Ce livre que j’ai dévoré avec passion et impatience, est magnifique et reste un grand hommage rendu aux femmes qui ont marqué les anecdotes de l’Histoire indispensables à la compréhension de l’ensemble. Benedetta Craveri rend hommage à toutes celles qui ont donné naissance aux Rois de France et européens et qui ont été des mères, des sœurs, des épouses et évidemment la partie croustillante, des maîtresses de la monarchie française aux XVIème, XVIIème, et XVIIIème siècles. Sans elles, il n’y aurait eu, ni Louis XIII, ni Louis XIV, ni Louis XV, ni Louis XVI et évidemment ni Louis XVII et le mystère du Temple.

L’écriture de l’Histoire et l’étude de la généalogie ont durant longtemps oublié que ces rois de France avaient aussi eu une mère, des maîtresses, des épouses et des sœurs qui ont donné d’ailleurs naissance par les alliances matrimoniales qui concluaient les traités des fins de guerres, d’autres rois et reines en occurrence en Angleterre, en Autriche et en Espagne. Sans elles, de nombreux mythes et anecdotes historiques comme celle de des Amours interdits de Mazarin, le mariage de Henri de Navarre avec la Reine Margot, symbole de la lutte de pouvoirs entre protestants et catholiques, les poisons et les talismans de Catherine de Médicis, la légende de l’Homme au Masque de Fer sensé être le frère jumeaux de Louis XIV, la mort mystérieuse de louis XVII dans la prison du Temple, ne seraient peut-être pas nés. Sans elles, toutes l’Histoire de France aurait été écrite différemment. Il ne faut pas oublier les rôles joués par les Régentes aux XVIème et XVIIème siècle. Les Femmes ont bel et bien leurs places bien méritées dans l’Histoire et il faut en parler.

Article écrit le 17 décembre 2011 par Tamim KARIMBHAY, auteur de la monographie historique et culturelle, Nosy-Bé : Âme malgache, Cœur français et du roman d’anticipation et d’initiation autobiographique, Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire.

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