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A la porte des étoiles, par Guy Pignolet


En rangeant des papiers vieux de 33 ans, j’ai retrouvé, tout juste un peu jaunis, cinq exemplaires du Journal de l’île de la Réunion, datés d’avril 1978 ! Ces documents me tiennent particulièrement à coeur, car il sont à la base d’une évolution majeure de ma vie personnelle. A mon retour d’une conférence américaine sur l’avenir du spatial, le JiR avait eu l’extraordinaire gentillesse de me confier la moitié de sa dernière page pendant toute une semaine pour une série de douze articles "out of this world"...


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Guy Pignolet
Guy Pignolet, au musée de l’Espace à Huntsville

Guy Pignolet : ... J’avais envoyé ces articles à des anciens camarades d’école qui travaillaient au CNES, suite à quoi ils m’avaient invité à faire une communication "exotique" sur le remorquage d’astéroïdes au Congrès International d’Astronautique, qui se tenait cette année là à Munich au moment de la célèbre Oktober Fest.

A la soirée de gala du congrès, c’est au troisième litre de bière qu’ils m’ont proposé de poser ma candidature pour devenir cosmonaute. J’ai raté la sélection, mais à titre de compensation, le CNES m’a engagé pour une carrière nationale qui a duré près de 25 ans, et qui m’a propulsé dans les plus hautes sphères de la communauté spatiale mondiale avant une descente en douceur vers ma case de "Pluton" Sainte-Rose et les "Cafés Martiens"... Tout cela est parti des articles du JIR. En voici le 1er épisode.

Extrait du Journal de l’Ile de la Réunion - vendredi 14 avril 1978

A la porte des étoiles...

En 1970, un vendredi soir, je sortais de mon premier séminaire de dynamique
de groupe, à Paris, avec un Secrétaire d’Etat, deux directeurs de grandes
entreprises et le chef de cabinet d’un archevêque. Après le choc des idées
échangées pendant cinq jours autour d’une table, mon crâne semblait prêt à
éclater. Je roulais en voiture ce soir-là sur la longue ligne droite entre Lisieux et
Caen, en Normandie, quand fa Lune s’est levée devant moi, en plein dans l’axe
de la route. Tout en roulant, pendant de longues minutes, j’ai pu la contempler.
Ce soir-là, la Lune est entrée dans ma vie.

Quelques mois après la première mission Apollo, je réalisais pour la première
fois, qu’avec ma formation et mon expérience technique, les chances que j’avais
de participer un jour à l’aventure spatiale étaient très faibles sans doute, mais
qu’elles existaient. Alors que je passais en revue dans ma tête les aspects
variés de futures bases lunaires, les difficultés envisagées devenaient
simplement un travail à accomplir, des questions de temps et d’organisation.

Pour la première fois, la Lune n’était
plus une aventure « fantastique », une
idée « fabuleuse », réservée au corps
d’élite des sortes de « demi-dieux »
que nous présentaient la Presse et la
télévision Ce n’était plus seulement
l’affaire de quelques « auréolés » d’un
brouillard prestigieux. Le brouillard
était tombé. La Lune était devenue
« mon affaire ». Elle est entrée ce soirlà
dans les objets de ma vie de tous
les jours.

Pendant cinq ans, elle est restée
tranquillement à sa place d’objet
familier... et quand même lointain. Les
missions se succédaient, mais
beaucoup de gens avaient du mal, et ont encore du mal, à croire que ce qu’ils voyaient
sur leur petit écran se passait bien réellement « là-haut », sur cette Lune toute blanche
qu’ils apercevaient au milieu des nuages. Au même moment, sur un ciel sans nuages et
sans atmosphère, trois hommes regardaient une boule bleue, en cherchant à y
percevoir l’endroit d’où ils étaient partis, la tête pleine de multiples pensées.

En 1975, à la Réunion, au cours d’une petite soirée tranquille, je parfais avec un ami
industriel réunionnais, et nous évoquions les sujets de conversation à la mode : la
pollution, la crise de l’énergie, l’origine et la répartition des richesses, la prochaine
mission concertée « Apollo-Soyouz ». Et tout naturellement, nous avons pensé que la
fragile surface de la Terre ne devrait plus être que le « séjour », le salon, le lieu de
repos et de détente de l’humanité, et que la « cuisine », les ateliers devraient être
repoussés à l’extérieur et installés en orbite. Nous imaginions cette installation comme
une possibilité, une probabilité même, mais pour les décennies, ou !e siècle à venir,
dans un futur encore vague. Quelques mois plus tard, par l’intermédiaire de
« coévolution », une publication américaine qui à elle seule est déjà un événement
social considérable, je faisais connaissance avec la L-5 Society. Et je découvrais, sans
étonnement d’ailleurs, que nous n’étions pas les seuls à penser mettre la cuisine et
l’atelier en orbite. Mais à la L-5 Society, on imaginait de mettre aussi le salon et !a
chambre à coucher en orbite, et ceci pour des milliers, voire éventuellement des millions
de personnes.

Pendant deux ans, j’ai suivi le développement de cette idée de « Colonisation de
l’Espace » au fil des lettres et des revues. Et puis, il y a trois mois, alors que je m’apprêtais
à faire un séjour aux États-Unis pour retrouver quelques amis que j’ai gardés làbas,
j’ai appris qu’une grande conférence sur le thème de la colonisation de l’espace
devait se tenir à Huntsville à la fin du mois de janvier, et j’ai décidé que cette conférence
serait !’activité centrale de mon séjour américain. Ce que j’ai entendu, vu et touché en
deux semaines m’a fait comprendre que la Migration Spatiale n’est plus du domaine des
spéculations et des rëves, mais que c’est une réalité naissante, excitante aussi. Que de
1978 à la cité des étoiles il y a un escalier dont les marches sont visibles, peu
nombreuses, et que j’ai fermement posé le pied sur la première marche.

C’est cette conférence « historique » de Huntsville que je vais essayer de retracer ici.

La suite : Episode 2 - La colonisation de l’espace

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