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Accueil > Journal > Articles membres > Rencontre au sommet à Dharamsala - 2e partie

Rencontre au sommet à Dharamsala - 2e partie


Extrait du N°5 du magazine Bat’Carré - Quelque part à 1700 mètres d’altitude, une vieille porte en bois aux contours ocre et or, ornée de complexes et hypnotiques tantras s’impose, presque iréelle, dans l’immensité du paysage. La douce et intime mélodie d’un silence total me sépare encore, pour quelques secondes maintenant, du maître.


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Rencontre au sommet à Dharamsala
Photo : Sylvain Brajeul

Lire la 1ère partie : Rencontre au sommet à Dharamsala, par Rodolphe et Nirina


« J’attends ce moment depuis si longtemps ! ».
Pourtant, j’hésite encore, tiraillé par une folle impulsion
qui me pousse à rebrousser chemin. La
peur de réussir, peut-être, cette lointaine quête ?
En réalité, je fais un pas en avant et franchis le
seuil sacré quand, tout à coup, déchirant le temps
et l’espace, un moine apparaît.

Un jeune samanera se tient debout devant moi.
25 ans environ, dont 20 passés à étudier les
écritures sacrées et libératrices du Bodhisattva.
Le teint est clair, les yeux sont doux, soutenus par
un sourire équanime et une présence sereine.

« Tashi delek ! », m’offre le bouddhiste solaire,
avec une sincérité toute désarmante. J’ai l’impression
d’être unique sur cette Terre.

D’un pas vif, nous nous enfonçons dans un couloir
sombre puis arrivons dans une immense pièce.
Une autre dimension : des volutes d’encens paraissent
dessiner des mantras au plafond. En face,
une large estrade claire, surmontée de ce qu’il
me semble être un trône. À droite, une fenêtre
tout en longueur s’ouvre sur l’Himalaya.

À gauche, une fresque sans fin relate le chemin
de la maîtrise de l’esprit. Je m’assois sur un zafu
jaune et confortable, emporté par la magie du
lieu.

« Le Maître arrive », me confie l’ami spirituel.

Nous, occidentaux, ne sommes définitivement pas
à l’aise avec la notion de « Maître », appelé « Guru »
dans cette partie orientale et élevée du monde.
Ce sont des termes par trop sectaires, péjoratifs
même. Pourtant, dans cette tradition séculaire, le
Maître est le garant des nobles Enseignements,
ceux qui libèrent des sept types de souffrance
et du « Samsara » - l’Illusion.

J’ai de longue date préparé 10 000 questions,
mais je ne peux en poser qu’une seule. Je sors mes
feuillets et, la main tremblante, essaye de me
concentrer sur le crayon que Sangye m’a donné.
À l’autre bout de la pièce, charismatique et
puissant, le Vénérable s’approche du trône et
s’assoit en un parfait lotus.

Avant même qu’il ne prononce un mot, je fonds
en larme…

Il n’y a pas d’auréole de lumière immaculée, ni
de manifestations de célestes devas. Pourtant, la
pièce s’est remplie d’un amour incommensurable.
Ce ne sont pas des larmes de tristesse - et
encore moins de joie. C’est plutôt le sentiment
d’un bonheur durable, comme lorsqu’on rentre à
la maison après une longue absence, ou encore
lorsque l’enfant retrouve sa mère.

Je respire profondément, décolle du coussin,
m’approche et… Il y a dans ces yeux bleus tant
de compassion ! D’un geste enfantin, le Maître
pose sa main sur mon catogan et, rieur, s’écrie :
« Bouddha ! Bouddha ! ».

L’interprète éclate de rire, le novice aussi.
J’esquisse un petit sourire timide mais sincère, et
regagne ma place parmi les mortels. L’interprète
- une jeune américaine qui manie avec dextérité
le tibétain et le sanskrit - m’encourage à prendre
la parole et à poser ma question.

« Quel est mon Chemin ? Quelle est ma voie ? »

Enveloppé dans sa longue robe, le Maître me fixe
interminablement, puis m’offre doucement cette
réponse :

« Vous devez être indépendant. »

Immédiatement, le singe de mon esprit saute sur
les branches d’une forêt d’idées - quelque part
entre passé et futur : « Indépendant de quoi,
de qui ? » « Indépendant matériellement ?
Spirituellement ? »

Comme s’il entendait cet interminable dialogue
intérieur et fou, le Guru sourit, pour m’inviter à
lâcher prise. La graine a été semée.
Personne dans la pièce n’a prononcé une
parole. J’aurais pourtant juré de toute mon âme
avoir entendu cet échange.


Lire l’intégralité du N°5 de Bat Carré sur le site batcarre.com

En savoir plus sur le voyage de Rodolphe et Nirina

Contacter Rodolphe et Nirina : [email protected]

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