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Charles-Henri Piffarelly, cadre de réserve de la Marine Nationale


Capitaine de Vaisseau (cadre de réserve), Charles-Henri Piffarelly se distingue par sa carrière ascendante dans la Marine Nationale et ses nombreuses activités associatives. Résidant dans le Nord Cotentin, il garde un fort attachement à la Réunion, qui l’a vu naître il y a 60 ans à la lumière d’une bougie.


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Charles-Henri Piffarelly

D’où êtes-vous originaire ?

"Je suis né à la Chaloupe Saint-Leu. Mon père était agriculteur (colon), ma mère était monitrice communale (elle « a fait l’école »). Je suis d’un milieu modeste, avec tout e que cela comportait à ce moment-là : « charroye de l’eau, rôde manger lapin, rôde de bois », sans compter les travaux dans les « carreaux d’cannes » et le « carreau d’géranium » ; marche pied-nus et met’souliers le dimanche po aller la messse, éclaire avec bougies ou lampe pétrole…"

Comment s’est déroulée votre carrière ?

"Engagé volontaire dans la Marine nationale en 1964, première partie de ma carrière militaire dans le rang (1964-1978), seconde partie dans le corps des officiers spécialisés de la Marine (1979-1996), troisième partie dans la réserve opérationnelle de la Marine (1996 et continue). Actuellement je préside diverses associations (anciens officiers, aumônerie catholique militaire…) et je suis responsable général de la revue « Actualités Notre Temps » (presse paroissiale catholique) pour quatre départements : Manche, Orne, Calvados, Ille et Vilaine".

Vous avez quitté la Réunion dans les années 60. Dans quelles conditions ?

"En 1963, mes études scolaires sont stoppées : je redouble ma seconde et mes parents ne pouvaient pas continuer à m’entretenir à Saint-Denis. Après quelques mois à vaquer aux occupations habituelles à la case, j’ai capté une annonce du « Journal de l’Ile de la Réunion », qui informait d’un recrutement dans la Marine nationale.

Recruté par la Marine, je quitte l’île le 1er janvier 1964 par le « Jean Laborde ». Escale à Maurice, à Tamatave, puis arrivée à Diégo-Suarez, où les instances de la Marine nous attendaient (nous étions une vingtaine de Réunionnais). Formation initiale de deux mois, puis départ pour la Métropole où, chacun suivant la spécialité qui lui avait été attribuée, va suivre une seconde période de formation, à Toulon ou à Brest. Moi ce fut Cherbourg, pour une formation de fourrier : administration financière du personnel".

Et ensuite ?

"A l’issue du cours, affectation à Brest dans un service à terre, puis après quelques mois, mutation en Martinique. Retour en Métropole en 1967, à Rochefort-sur-mer (17) pour une nouvelle formation dans ma spécialité. Affectation à la base aéronavale de St-Raphaël (83) puis embarquement sur l’escorteur d’escadre « TARTU » à Toulon. Les périodes de navigation se sont succédées durant deux ans et demi (Iles Britanniques, Irlande, Norvège, Pays-Bas, Maroc). Retour à Rocherfort-sur-mer fin 1970 pour le cours de qualification supérieure de ma spécialité puis affectation à Cherbourg jusqu’en 1978".

C’est alors que vous devenez officier...

"Par concours, j’accède au corps des officiers en janvier 1979, formation à l’école militaire de la Flotte à Lanvéoc-Poulmic (29), puis à l’école d’administration de la Marine et affectation à Paris. Je suis de nouveau muté en 1982 à Cherbourg, en 1986 à Colombes, à la Réunion en 1989, à Cherbourg en 1991. La Marine me confie alors le commandement du Centre d’instruction des Réserves de Cherbourg en 1996. Quelques mois après je quitte le service actif mais je continue à assurer mon commandement en tant que réserviste sous contrat, jusqu’en 2000. Depuis 2000, j’effectue des périodes d’entraînement au sein de la Marine".

Que vous a apporté la mobilité ?

"Cette mobilité qui a marqué ma carrière est une richesse inestimable. Elle m’a permis de sortir de « ma coquille » de petit Réunionnais, que l’histoire a modelé en être qui se croit inférieur, timide et peureux des autres. J’ai acquis cette ouverture de l’esprit et du regard qui forgent la personnalité et conditionnent la capacité de relation de tout être humain".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"La Réunion pourrait être mieux. Il y a de l’argent public, il y a des fortunes locales, il y a des gens qui sont volontaires pour travailler, d’autres ont des places bien chaudes pour des salaires exorbitants…c’est dommage que ces moyens ne soient pas employés pour la prospérité de l’île. A tous mes séjours j’ai rencontré beaucoup d’assistés, qui ne sont pas incapables de travailler, mais qui profitent du système. Il faudrait remettre les gens au travail et cesser de répéter à des périodes bien choisies, que la France veut supprimer ceci…qu’un tel veut arrêter une activité… Cela existait déjà il y a cinquante ans, comme le fameux décollage économique de la Réunion, sempiternel refrain que fredonnent les responsables pour rester en place".

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"Dans le Nord-Cotentin dans l’ensemble La Réunion est très appréciée. En effet, beaucoup des gens d’ici y séjournent pour la découvrir et en reviennent enchantés. Les marins connaissent notre île car beaucoup y ont servi ou ont fait escale. Cela aide à faire connaître cette terre française du grand sud. Mais de façon générale, l’île est inexistante dans les médias. A France O on l’aperçoit de temps en temps ou bien sur France 5… et c’est tout. Beaucoup de nos compatriotes métropolitains ignorent notre culture, notre musique, nos écrivains et poètes. C’est toujours les Caraïbes qui mènent le bal, sans doute parce que nous sommes trop timides.

J’ai envie de dire aux jeunes Réunionnais : travaillez bien vos études puis partez à l’extérieur pour agrandir vos compétences et découvrir la vie dans les autres parties du monde. N’ayez pas peur, nous n’avons aucun complexe à avoir envers qui que ce soit. Nous avons autant de qualité que n’importe quel être humain. Ayez un peu d’ambition, un peu « d’huile de coude » et un peu de volonté, vous verrez que cela en vaut la peine".

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