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Référendum sur l’indépendance : un Réunionnais d’Écosse témoigne


Originaire d’une famille de Saint-Joseph, Lionel Saliou est installé à Édimbourg depuis 12 ans, où il travaille en tant que consultant en sécurité informatique. Il revient sur les remous suscités en Écosse par l’annonce d’un référendum sur l’indépendance fixé en 2014.

Interview du 24 avril 2013 publiée dans Le Quotidien.


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Lionel Saliou
Lionel et sa mère Marie en voyage en Ecosse.

Comment a été accueillie par les Écossais l’annonce d’un vote prochain sur l’indépendance ?

L’annonce de la date du vote a fait beaucoup de vagues le jour même. Mais depuis, elle est éclipsée par le flot de l’actualité. Le référendum sur l’indépendance est une promesse du Premier ministre écossais Alex Salmond, mais elle suscite des réactions contradictoires dans le pays. Il est souvent aisé pour les hommes politiques de mettre les choses qui vont mal sur le dos d’une entité éloignée, et de prendre le crédit de tout ce qui va bien. Cela vaut pour toutes les régions et territoires...

Le territoire écossais dispose-t-il déjà d’une forme d’autonomie ?

« L’union » en Grande-Bretagne date d’il y a plus de 300 ans. Cependant, chaque pays a son régime spécifique. Par exemple, les lois écossaises et anglaises sur l’emploi sont différentes. Même chose pour l’éducation et la santé. Je présume qu’il y a quelque chose de similaire au Pays de Galle. Si l’Écosse est capable de gérer ses lois, son système scolaire et le secteur de la santé, alors pourquoi pas le reste ? Pourquoi le pays ne peut-il pas gérer ses taxes par exemple ? La formation d’un parlement écossais par Tony Blair montre bien que l’Écosse peut se gérer elle-même. C’est l’un des arguments principaux du mouvement indépendantiste.

Qu’est ce qui motive le désir d’indépendance des Écossais ?

C’est une question que je posais souvent à mes camarades pendant mon doctorat. Au-delà du « syndrome Braveheart » (héros et symbole de l’indépendance écossaise incarné à l’écran par Mel Gibson), d’autres signes ont régulièrement tendance à montrer les frictions entre Anglais et Écossais : la "Poll Tax" mise en place par Margaret Thatcher dans les années 80 uniquement en Écosse, par exemple, a fait beaucoup de mal. Et puis les médias n’aident pas toujours les choses. L’an dernier, le rédacteur en chef de l’Observer a déclaré sur la BCC qu’Andy Murray ne méritait pas de gagner Wimbledon, parce qu’il n’est pas Anglais...

Quels seraient les conséquences pour vous d’une indépendance de l’Écosse ?

Il va sans dire que cela ferait des vagues dans le secteur industriel pour les organisations qui, comme la mienne, opèrent dans tous les pays du Royaume Uni. Les PME ressentiraient le plus de difficultés selon moi. En cas d’indépendance, il y aurait sûrement une période de transition fiscale et réglementaire qui compliquerait les opérations de ces entreprises, au détriment des employés et des clients. Le risque pour l’Angleterre est qu’en cas d’indépendance de l’Écosse, le Pays de Galle suive juste après. Même si les Anglais n’aiment pas l’admettre, le pays perdrait aussi son rang dans l’Union Européenne.

Selon vous, quel sera le résultat du référendum ?

Il est très indécis, mais le camp de M. Salmond et de l’indépendance tiennent de bonnes cartes en main. Son gouvernement et lui se sont relativement bien débrouillés depuis qu’ils sont au pouvoir. Qui plus est, ils sont en train de faire passer un amendement autorisant le vote des jeunes de 16 et 17 ans. Or les statistiques montrent que les jeunes Écossais sont en majorité en faveur de l’indépendance. M. Salmond est un fin stratège. La campagne pour le "Oui" se focalisera sur les points positifs de la séparation avec les Anglais, tels que le contrôle des revenus du pétrole de la Mer du Nord, mettant de côté les questions sensibles, comme celle de la gestion des armées.

Difficile de comparer deux territoires si lointains, mais qu’est ce qui en tant que Réunionnais vous paraît proche et au contraire éloigné en Écosse ?

Le paysage écossais est aussi rugueux et tout aussi vert que celui de la Réunion, surtout dans les Highlands. A mes yeux, c’est la plus grande similarité. Autour des grands lacs comme le Loch Mess et Loch Salomon, il y a des communautés de fervents marcheurs, mais bien plus couverts que les marcheurs de nos trois cirques ! Enfin, les Écossais sont connus pour leurs traditions. Beaucoup d’hommes portent le kilt pour les grandes occasions, comme les mariages. Impossible de visiter les grandes villes d’Écosse sans tomber sur un joueur de cornemuse en costume traditionnel !

Article paru dans Le Quotidien du 23 avril 2013


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