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Mort de Nelson Mandela : une Réunionnaise d’Afrique du Sud témoigne


Saint-Pauloise installée à Johannesburg depuis trois ans, Aurélie Ferrere s’est recueillie vendredi soir sur le lieu de la dernière résidence de Nelson Mandela, parmi la foule des Sud-Africains. Entre pleurs et chants traditionnels, elle témoigne de l’émotion qui s’est emparée de la rue, des espoirs et des incertitudes sur l’avenir de la nation arc-en-ciel.


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Aurélie Ferrere

Dans quelles circonstances avez-vous été amenée à vous installer en Afrique du Sud ?

J’ai quitté la Réunion à 19 ans. Après des études en école supérieure de commerce et plusieurs postes à Paris et Londres, l’ambiance en Europe commençait à m’ennuyer. Avec mon ami, nous avons décidé de nous installer dans un pays anglo-saxon qui répondrait aux critères suivants : économie développée, météo ensoleillée, grands espaces à visiter... L’ Afrique du Sud de par sa position géographique apparaissait comme le meilleur choix possible. Trois ans plus tard, nous sommes toujours aussi satisfaits de cette décision.

Décrivez-nous l’état d’esprit qui règne dans le pays suite au décès de Madiba.

L’Afrique du Sud s’est réveillée choquée vendredi matin. La plupart des Sud-Africains ont appris la nouvelle au petit matin en écoutant la radio, dans les taxis communs ou par les réseaux sociaux en allumant leur téléphone. Certes, nous savions que cela devait arriver un jour mais bizarrement, je pense que certains le voyaient comme immortel. La réalité de sa disparition suscite des réactions très diverses. Si certains pleurent un héros, la plupart des gens qui se recueillent devant les lieux de rassemblement chantent et dansent sur « shosholoza » et sur l’incontournable « Noks Sitelle’ afrikans », l’hymne national post apartheid qui a la particularité d’être en cinq langues et connu de tous.

Personnellement, comment avez-vous vécu ces derniers jours ?

Sur mon lieu de travail à Johannesburg, nous avons chanté l’hymne puis fait une minute de silence ; l’émotion de tous était palpable et les larmes abondantes. Des lieux ont été ouverts au recueillement où l’on peut déposer des fleurs, des bougies et « être ensemble ». Vendredi soir à minuit, nous sommes allés devant la dernière résidence de Mandela à Houghton ; ils étaient nombreux à se recueillir et célébrer son héritage. Les gens sont unis, humbles, tolérants et patriotiques. Mais le plus impressionnant je pense, c’est la ferveur, la spontanéité et le nombre des hommages partout. Radios et télés ont bousculé leurs programmes. Les gens veulent faire partie de l’histoire. Il y le sentiment qu’il faut arrêter de parler (de ce que Mandela voulait pour l’Afrique du Sud) et commencer à le vivre.

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Aurélie Ferrere

Que représente Nelson Mandela pour le peuple sud-africain ?

Nelson Mandela est souvent appelé le père de la nation. Il est considéré comme l’artisan principal de l’Afrique du Sud égalitaire et de la réconciliation nationale. Sans lui, il y aurait pu avoir de très violentes représailles, voire une guerre civile à la fin de l’apartheid. Il était retiré de la vie politique depuis longtemps, donc sa disparition n’effraie pas vraiment comme on a pu l’entendre parfois. Les gens sont tout simplement tristes. C’est pour eux aussi l’occasion de raviver son message.

Comment voyez-vous l’avenir du pays dans les prochaines années ?

Il y a quelque chose d’impressionnant ici : c’est la volonté d’unité qui règne entre les différents peuples qui constituent l’Afrique Du Sud, la volonté de construire une nation. Mais il est difficile de prédire l’avenir. L’Afrique du Sud est capable du pire et du meilleur et se trouve à une période charnière. La vision du pays de Mandela ne s’est pas encore concrétisée dans toutes les couches de la population et les inégalités restent extrêmes, intolérables. La défiance qui règne envers le gouvernement doit changer pour que le pays continue d’avancer. Pour moi, l’éducation reste la clé de la réussite de ce pays et les efforts à fournir sont considérables.

En tant que Réunionnaise, quelles sont les grandes ressemblances / différences qui vous frappent avec notre île ?

Il me semble que la « nation arc-en-ciel » existe bel et bien, sauf que les couleurs de cet arc-en-ciel ne se mélangent pas encore tout à fait. Mais peut-on reprocher cela à un pays qui a 20 ans à peine de démocratie ? A la Réunion, on est en quelque sorte tous créoles avant tout ; les spécificités communautaires passent après. La langue, la cuisine, les loisirs et le mode de vie insulaire nous réunissent. Ici c’est différent. Les blancs, les noirs, les indiens ont tous leur langue, leur cuisine, leur sport et seule une génération a été à l’école mixte. Il n’est pas rare de voir des tables de blancs au restaurant, des groupes de noirs au cinéma, des étudiants indiens entre eux à l’université ou au travail… Mais les images que j’ai en tête depuis hier me laissent espérer que ce n’est qu’une question de temps avant que ne se crée une culture commune.

Article paru dans Le Quotidien du 8 décembre 2013


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