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Premières mesures du gouvernement en faveur des « Réunionnais de la Creuse »


Financement d’un billet d’avion pour revenir sur leur terre d’origine, accès à leur dossier… Des premières mesures concrètes et une réévaluation à la baisse du rôle de Michel Debré dans l’exil sans retour des 2150 enfants et adolescents réunionnais de 1963 à 1982.


La ministre des Outre-Mer Ericka Bareigts a dressé lors d’une conférence de presse le 16 février 2017 un premier bilan des travaux de la commission gouvernementale d’experts sur les Réunionnais de la Creuse. Elle a annoncé plusieurs mesures en faveur des victimes de cet exil forcé. Les cinq experts – tous bénévoles - de la commission d’information et de recherche historique, créée le 18 février 2016, ont fait un « point d’étape », présenté par son président, le sociologue Philippe Vitale.

Les premières conclusions de la commission : les faits établis

- Le dépouillement quasi exhaustif des documents administratifs par la commission a d’abord permis de confirmer le nombre d’enfants concernés : au moins 2 150 mineurs réunionnais furent envoyés de 1963 à 1982 par l’État (DASS) vers l’Hexagone dans le but de repeupler des départements sujets à un important exode rural. Placés dans des foyers, des fermes ou des familles d’accueil ces enfants furent appelés « les Réunionnais de la Creuse » bien qu’ils aient également été placés dans le Tarn, le Gers, la Lozère ou les Pyrénées-Orientales.

- Quelques-uns ont été bien acueillis. Beaucoup ont été maltraités. Tous ont été définitivement coupés de tout lien avec leurs racines et leur famille restée à la Réunion. La plupart souffrent encore des séquelles psychologiques de cette enfance brisée.

- Des transferts décidés avant Michel Debré. « Le dispositif ne naît pas avec Michel Debré », souligne Philippe Vitale, comme on l’a cru jusque-là. Même si celui qui a été député de La Réunion et membre du gouvernement de 1966 à 1973, lui a donné une « impulsion nouvelle ». Dès la IIIe République, les élus de La Réunion ont posé la question de son surpeuplement. En 1948, un rapport de l’inspecteur général Jean Finance stipule que « la seule solution, c’est l’exportation de la population ». Et la politique de transfert des mineurs est déjà présente dans un rapport du Bureau pour le développement agricole (BDPA) de 1962.

- Les faiblesses de la protection de l’enfance. Ce transfert d’enfants a impliqué de lourdes responsabilités à tous les niveaux : ministère des affaires sociales, élus, directeurs de Dass, travailleurs sociaux, institutions associatives et religieuses, à La Réunion comme dans l’Hexagone. Dès le départ, tous ces acteurs auraient eu connaissance de « grandes souffrances » de nombreux enfants, victimes de maltraitances et de racisme. Philippe Vitale souligne que ce dispositif agit ainsi comme « un révélateur des faiblesses de l’action publique en matière d’enfance en difficulté », qui va au-delà du sort particulièrement tragique de ces enfants réunionnais.

- Une réaction tardive de l’état. En février 2014 la députée de la Réunion, Ericka Bareigts, a fait adopter par l’Assemblée nationale une résolution mémorielle qui reconnaissait la responsabilité morale de l’état français dans le drame vécue par les "Réunionnais de la Creuse".

Aide financière et psychologique pour les victimes de l’exil forcé : les mesures concrètes

- Le gouvernement va financer 90% du coût du billet d’avion pour les victimes de l’exil forcé qui voudront retourner à la Réunion pour retrouver leur famille. Il financera également 95 % des frais d’hébergement sur place pendant les 3 premiers jours pour que ces "ex-enfants transplantés" puissent retourner sur leur lieu d’origine, que certains n’ont parfois jamais revu, "à raison d’une fois tous les trois ans", afin de "pouvoir interroger, se ressourcer, rencontrer leurs proches" et "reconstituer son histoire personnelle"

- Faciliter l’accès aux dossiers. La commission a demandé que les archives conservées par les associations soient rapatriées dans les départements. Pour que les intéressés puissent consulter plus librement leur dossier, les autorités départementales de La Réunion ont été « sensibilisées » et la possibilité d’une consultation en ligne a été étudiée.

- Les ex-pupilles transplantés qui le souhaiteront pourront bénéficier d’une aide psychologique que ce soit en métropole ou à La Réunion. Ils pourront bénéficier de l’aide de la Fédération Nationale de l’Aide aux Victimes et de Médiation (INAVEM).

- Pour favoriser le travail de mémoire, individuelle et collective, la réalisation de « lieux de mémoire » a été proposée, à Guéret, Paris ou Saint-Denis de La Réunion. La création d’un « musée virtuel », abrité par le site de l’Iconothèque historique de l’océan indien, devrait voir le jour. La demande faite par les associations que cet épisode de l’histoire de France figure dans les manuels scolaires pourrait elle aussi aboutir.

- Le déontologue de l’Assemblée Nationale, Ferdinand Mélin-Soucramanien, sera chargé de garantir juridiquement toutes les mesures issues des travaux de la commission d’experts.

La commission gouvernementale rendra ses travaux et ses propositions définitives en février 2018. D’ici là, une alternance politique pourrait-elle remettre en cause son travail et ses préconisations ?

Sources : www.francetvinfo.fr / Ministère des Outre-Mer


Plus d’informations / portraits d’"enfants de la Creuse"

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