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Regard sur l’actualité – Rahim Mamodhoussen en Norvège


Le 22 juillet 2011, un jeune Norvégien de 32 ans revêtu d’un uniforme de policier, Anders Behring Breivik, abattait à l’arme automatique 77 personnes à Oslo. En échange universitaire dans cette ville, le Saint-Paulois Rahim Mamodhoussen témoigne six mois plus tard du traumatisme subi par les Norvégiens et de la façon dont ce peuple calme et organisé surmonte le drame.


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Rahim Mamodhoussen

Pouvez-vous vous présenter svp ?

J’ai 23 ans. J’ai grandi entre Paris et Saint Paul à la Réunion, où j’ai habité pendant plus de dix ans et effectué la plus grande partie de ma scolarité. Après le bac, je suis entré en classe préparatoire (math spé), d’abord au Lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis puis au Lycée Lavoisier à Paris, avant d’intégrer une grande école d’ingénieur : l’ISEP. C’est durant la troisième année de mon cursus ingénieur que j’ai eu l’occasion d’effectuer un semestre académique à Oslo. J’ai choisi la Norvège car je suis fasciné par les pays scandinaves, et qu’après un court séjour là-bas en 2010, je m’étais promis d’y retourner. De retour à Paris depuis une semaine, je vais débuter mon stage de fin d’étude dans une société spécialisée dans le développement d’applications pour smartphones.

Vous êtes arrivé en Norvège peu après le drame. Est-ce que les gens en parlaient autour de vous ?

Les Norvégiens parlent très peu de leur ressenti face à cet événement, et encore moins avec les étrangers. C’est un peuple qui intériorise beaucoup et qui se livre difficilement. Mais même s’ils restent discrets, des signes extérieurs montrent que les Norvégiens n’ont pas encore vraiment digéré ce qu’il s’est passé. Aucun d’entre eux n’aurait osé imaginer une telle violence dans leur petit pays heureux, encore moins venant d’un des leurs. Au lendemain des attaques, près du tiers de la population d’Oslo est sortie dans la rue pour manifester sa peine. C’est énorme, et cela montre à quel point les gens ont été touchés.

Quelle a été la réponse de la société norvégienne ?

Leur réponse à ces événements est claire : personne ne crie vengeance. Les gens veulent avant tout montrer que rien ne peut ébranler leurs valeurs et que personne ne pourra empêcher la Norvège d’être la Norvège. Cette phrase du ministre Jens Stoltenberg résume bien la pensée qui règne ici : “Nous devons montrer que notre société ouverte fait face à cette épreuve, que la réponse à la violence est encore plus de démocratie et plus d’humanité.” Aux États-Unis, le meurtrier serait sans doute condamné à la peine de mort, en France à la perpétuité. Mais les Norvégiens vivent ce genre de pratiques comme un échec, une non-solution. Il n’est pas complètement inconcevable de voir Breivik passer ses jours dans un centre psychiatrique.

Avec le recul, est-ce que ce drame est considéré comme un acte isolé ou le révélateur d’un malaise profond ?

Nul ne connaît vraiment les tenants et les aboutissants de cette histoire. On a parlé d’éventuelles cellules extrémistes suédoises qui seraient impliquées. Mais la stupéfaction des Norvégiens face à cet attentat, leur réponse démocratique, la volonté affichée de se rapprocher les uns des autres pour que personne ne dévie dans l’extrême à nouveau, me font penser qu’il s’agit bien d’un acte isolé. Je pense que c’est aussi ce que les Norvégiens ressentent.

On considère souvent les sociétés nordiques comme étant calmes et mesurées, est-ce que cela a été votre impression ?

Indéniablement, oui. La mesure norvégienne s’exprime de plusieurs façons : un calme et une placidité à toute épreuve, ainsi qu’un civisme éminemment prononcé. Ici, à défaut de s’apprécier, on se respecte, peu importe le rang social. L’égalitarisme est une des valeur clé de la société. La rigueur du climat n’y est à mon avis pas pour rien. Si aujourd’hui les équipements sont parfaitement adaptés, les rudes hivers que les Nordiques ont affrontés par le passé ont sûrement apporté une prudence et un sens de la mesure propres aux Scandinaves. Cela dit, il y a forcément moins de tensions dans un pays sans dette, avec énormément de richesses et peu d’habitants. Cela rend les choses plus faciles.

En tant que Réunionnais, qu’est-ce qui vous surprend le plus en Norvège ?

Le fait que les voitures s’arrêtent systématiquement aux passages piétons pour laisser les gens traverser ! Plus sérieusement, je suis impressionné par l’attachement des Norvégiens à la nature et le dévouement avec lequel ils essayent de construire leur habitat tout en la respectant. Même à Oslo la nature est omniprésente. Les conditions climatiques sont aussi très surprenantes quand on vient de la Réunion, où le climat est doux toute l’année. En Norvège, les températures chutent violemment à l’approche de l’hiver. Au Nord du pays, dans le cercle polaire, il existe des journées sans lumière et des journées où le soleil ne se couche pas. C’est fascinant d’observer comment les hommes se sont adaptés à de telles conditions. C’est d’ailleurs cette présumée rigueur hivernale qui fait que Réunionnais comme Métropolitains s’aventurent encore peu en Norvège. Mais dans un pays où les foyers sont si chaleureux, à quoi bon regarder le thermomètre ?

Article publié dans Le Quotidien du 8 janvier 2012

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